Exposition Quand l’art et le commerce font bon ménage





Ils sont quelque dix-sept artistes de l’Union des artistes plasticiens (UAPT) ayant choisi d’investir le nouvel espace commercial «Le Claridge» sur l’Avenue Bourguiba. Ca mérite le détour.

Une belle idée que celle d’accrocher des œuvres sur les cimaises des murs immaculés et fades, d’un espace voué en principe du commerce. Encore plus méritoire est l’intérêt qu’accordent les particuliers aux arts plastiques.
Cette idée originale vient de voir le jour dans le nouvel espace Le Claridge. Pourvu que ça dure ! Car selon les dires de Maher Trabelsi, à qui on a confié la direction de la galerie «Cet espace ne sera pas réservé en entier aux artistes plasticiens. Il sera voué à une fin commerciale. Tout dépendra du bon vouloir de la personne qui le gérera par la suite», dit-il.
Peu importe, car l’essentiel est que jusqu’ici on peut méditer sur des tableaux d’art dans un prestigieux espace qui leur offre l’avantage de la proximité.
En effet, le visiteur venu découvrir pour la première fois «Le Claridge» passera éventuellement, par la galerie d’art. L’art dans ce cas de figure se transforme à son tour en un produit de consommation de masse. Cela est profitable pour l’artiste qui se fait connaître auprès d’un public non habitué des galeries. Le propriétaire de l’espace, lui, gagne en prestige. Pour revenir à l’exposition, disons tout d’abord qu’elle est sélective. On peut y voir à titre indicatif les dessins de Hédi Turki, des tableaux récents et moins récents datant des années 80.
Hamda Dniden nous fait découvrir la transparence de ses tableaux où il peint à la manière de «Botéro» des femmes bien en chair. L’art de la céramique de Maher Trabelsi demeure, par ailleurs, unique de par la possibilité qu’a l’artiste d’intégrer des matériaux qu’on peut difficilement marier à la céramique, comme le fer.
On ne peut passer, en fait, sans s’arrêter sur le professionnalisme de Mohamed Ben Meftah qu’on considère, aujourd’hui, comme le maître tunisien de la gravure. On adore notamment «le vol des cygnes», une œuvre surréaliste rappelant quelque peu la subtilité de l’art de Salvador Dali, mais converti en gravure, support difficile à manier.
La révélation de l’exposition est la jeune Hanan Souissi, qui peint une œuvre «Sans titre» où transparaît la finesse des couches de couleurs superposées qui rendent à son art toute sa lumière. A voir.

Mona BEN GAMRA




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com