Aujourd’hui, ouverture du Congrès de l’UGTT : Des surprises en vue…





Les travaux du 21ème Congrès de la Centrale syndicale s’ouvrent aujourd’hui, à Monastir, dans un climat de suspense et d’incertitude à en revendre.

Tunis - Le Quotidien
L’enjeu électoral vole encore et toujours la vedette aux débats passionnés sur l’avenir de l’unique Centrale syndicale en Tunisie et son programme d’action pour les cinq prochaines années. Quoi de plus normal, disent les vieux briscards du syndicalisme tunisien, à pareille échéance, d’autant plus que l’avenir de l’organisation ouvrière dépendra, in fine, de la nouvelle direction qui tiendra en main ses destinées.
Jusqu’ici, même les observateurs les plus rompus aux subtilités des manœuvres électorales de la Place Mohamed Ali n’avancent des pronostics que sur la pointe des pieds. C’est que le nombre élevé de candidatures au Bureau exécutif (54 candidats) laisse les choses dans le flou. Ce fait, inédit tout au long des 60 années d’existence de l’organisation, laisse, selon certains, entrevoir des signes avant-coureurs d’un réveil syndical. D’autres observateurs estiment que la ruée vers le Bureau exécutif entre dans le cadre d’une tactique électorale adoptée par des candidats qui misent sur l’éparpillement des voix.

Romdhane cache son jeu
Les tractations, les manœuvres et les marchandages relatifs à la constitution des listes qui entreront en compétition continueront jusqu’à la dernière minute avant le passage aux urnes. Le secrétaire général sortant, Abdessalem Jrad, déploie des efforts titanesques dans l’espoir de constituer une liste consensuelle. Il s’attache cependant à la reconduction de onze membres du Bureau exécutif sortant afin d’assurer la continuité et de donner un nouvel élan au processus de redressement entamé après la «démission-éviction» de l’ancien secrétaire général, Ismaïl Sahbani. Les deux autres membres du Bureau exécutif sortant, Néji Messaoud et Abdennour Meddahi, pouvaient être remplacés par Saïd Youssef et Samir Cheffi, secrétaires généraux respectifs des Unions régionales de Monastir et de Sfax.
L’argument de Jrad ne semble pas trop convaincre son «dauphin», Ali Romdhane. Le secrétaire général adjoint chargé de la législation et des conflits campe toujours sur ses positions relatives au renouvellement de la moitié des membres du Bureau exécutif. La raison qu’il invoque puise sa force dans la décision de la commission administrative qui s’est tenue le 25 novembre dernier à Tunis: l’entérinement de la limitation des mandats des membres du Bureau exécutif à deux seulement, une décision prise lors du congrès extraordinaire de Djerba. Conséquence: Romdhane pourrait fort probablement conduire une liste qui entrera en compétition avec celle du secrétaire général dite «liste officielle».
La liste qui sera menée par celui que d’aucuns n’hésitent pas à désigner comme le véritable vainqueur du congrès de Djerba (Romdhane a été élu avec 27 voix seulement de moins que Jrad) pourrait regrouper certains de ses anciens compagnons de route tels Moncef Ben Romdhane, Kamel Saâd, Abdelmajid Sahraoui, Belgacem Ayari et Kacem Afya. Une troisième liste sera conduite par l’ancien secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs du Maghreb arabe, Habib Besbès, Elle pourrait réunir certaines figures de la «gauche syndicale» et de la sensibilité d’obédience nationaliste arabe.
Toujours est-il que la constitution d’une liste consensuelle demeure encore possible. Une chose est désormais sûre: les tractations de dernière minute seront déterminantes.

Walid KHEFIFI

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Le congrès en chiffres

• 468 délégués votants auront à élire les 13 membres du Bureau exécutif et les membres des deux commissions permanentes, en l’occurrence la commission du contrôle financier et la commission du règlement intérieur.
• Quelque 70 responsables syndicaux étrangers dont notamment Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale devraient assister aux travaux du congrès.
• Une vingtaine de représentants des médias nationaux et internationaux devrait, en principe, couvrir les travaux du 21ème congrès de l’organisation ouvrière.
• Au total, plus de 700 personnes participeront aux travaux du congrès qui se dérouleront dans un hôtel luxueux de la zone touristique de Monastir.
• Aucun parti d’opposition n’a été invité à participer au congrès par souci d’indépendance vis-à-vis de toutes les formations politiques.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com