Le chaos persiste en Irak : Une trentaine de morts dans de nouvelles attaques antichiîtes





Dix soldats et une quinzaine de personnes ont été tuées hier à Bagdad lors de nouvelles attaques antichiîtes au lendemain d'une attaque qui a fait 70 morts, alors que les tractations se poursuivent pour organiser samedi une conférence de réconciliation nationale irakienne.

Le Quotidien-Agences
Au moins dix personnes ont été tuées et 26 blessées dans l'explosion d'une voiture piégée à Kamaliyah, dans le nord-est de la capitale irakienne, dans une zone majoritairement chiîte, a-t-on appris de source sécuritaire.
L'explosion s'est produite tôt le matin sur un marché près de la mosquée chiîte Al-Kamiliyah, selon l'armée américaine.
Des corps inanimés était éparpillés sur la chaussée maculée de sang, a constaté un photographe. Plusieurs magasins ont été totalement détruits.
Plus tard dans la matinée, l'explosion de deux voitures piégées dans le quartier voisin de Nouveau Bagdad, également majoritairement chiîte, a tué cinq personnes et en a blessé une dizaine.
Ces attentats surviennent au lendemain d'un autre attentat antichiîte à Bagdad qui a fait 70 morts et plus de 200 blessés. L'explosion presque simultanée d'une voiture et d'une camionnette piégées avait eu lieu à Tayarane Square, une place très fréquentée, notamment par des travailleurs venus du quartier populeux chiîte de Sadr City pour trouver un emploi quotidien.
Il y a deux semaines, l'explosion de plusieurs voitures piégées avait tué plus de 200 personnes à Sadr City, lors de l'attentat le plus sanglant depuis l'invasion de 2003.
Ailleurs dans le pays, dix soldats irakiens ont été tués et neuf personnes blessées, à Riyadh (nord-est de l'Irak), dans une attaque au camion-suicide contre une base d'une unité de protection d'installations pétrolières, a-t-on appris de sources concordantes.
L'attaque visait les baraquements militaires, et aucune installation pétrolière n'a été endommagée. Nouvellement implantée, la base était encore peu protégée et ne disposait pas de bâtiment en dur.
Dans la même région, une femme a été tuée et trois personnes blessées dans l'explosion d'un engin piégé au passage d'une patrouille de police à Baiji.
Cinq personnes ont également été abattues par des hommes armés dans la région de Baaqouba, capitale de la province de Diyala ravagée par les violences confessionnelles.

Doutes
C'est dans ce contexte que doit se tenir samedi la conférence de réconciliation nationale promise par le Premier ministre Nouri Al-Maliki mais sur laquelle pèse des menaces de boycott.
"La conférence aura lieu comme prévu samedi", a assuré Omar Abdul-Sattar, du Parti islamique irakien (PII) principal parti sunnite dirigé par le vice-président irakien Tarek al-Hachemi. Celui-ci, en visite à Washington, s'est entretenu mardi avec le président américain George Bush.
Le Comité des oulémas musulmans, principale organisation religieuse sunnite, a annoncé qu'elle boycotterait la réunion samedi.
"Ce n'est pas surprenant", a estimé de son côté le député Mahmoud Othman, membre influent de la coalition kurde au parlement, qui a réaffirmé que la conférence "aura bien lieu".
Le "refus continuel (du comité des oulémas) de participer au processus politique fait qu'il n'est pas nécessaire de les inviter", a jugé Othman.
La présence d'anciens Baathistes est également un des points d'achoppement, certains sunnites étant favorables à leur participation, des chiîtes y étant hostiles.

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Jugant négative la gestion du conflit par l'administration Bush
Les Américains pour l'application des mesures du rapport Baker

Le Quotidien-Agences
Une majorité d'Américains souhaite l'application des principales recommandations de la commission Baker sur l'Irak et porte un jugement de plus en plus négatif sur la gestion du conflit par l'administration Bush, selon plusieurs sondages publiés hier.
D'après un sondage Washington Post-ABC News, 69% des Américains souhaitent le retrait de l'essentiel des troupes de combat d'ici à 2008 et six sur 10 sont favorables à des discussions directes avec l'Iran et la Syrie, deux mesures préconisées par la commission Baker. Par ailleurs, 74% sont favorables à une réduction de l'aide financière et militaire en l'absence de progrès au niveau de la sécurité.
Selon une enquête du quotidien USA Today, ils sont 74% à vouloir un retrait de troupes d'ici à mars 2008 et 71% à souhaiter un dialogue avec Damas et Téhéran. Quelque 76% estiment également que Washington doit aider à trouver une issue au conflit israélo-palestinien, une autre recommandation de la commission.
Un autre sondage pour le Centre Pew indique que 60% des personnes ayant entendu parler du rapport Baker se déclarent en gros d'accord avec ses recommandations. Environ 69% sont notamment pour un dialogue avec Téhéran et Damas mais 57% pensent que l'administration Bush ne suivra pas les principales recommandations de ce rapport.
D'après ces trois enquêtes, les Américains sont de plus en plus pessimistes sur l'Irak et font de moins en moins confiance à George W. Bush pour gérer la stratégie américaine dans ce pays.
Selon l'enquête Washington Post-ABC News, seulement 28% des Américains approuvent la gestion de la guerre en Irak par l'administration Bush, soit le score le plus bas depuis l'invasion de ce pays en mars 2003.
Dans l'enquête pour USA Today, moins d'un Américain sur cinq a une "grande" confiance dans le président Bush pour prendre les bonnes décisions sur l'Irak.
D'après le sondage Pew, les Américains sont 50% à penser que l'Irak est un nouveau Vietnam pour les Etats-Unis (41% lors d'un précédent sondage du Pew en avril). Ils sont seulement 23% à approuver la manière dont le président Bush gère le conflit, une chute de 9 points par rapport au mois d'août.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com