Yokohama : Le musée japonais du journal fait une bonne presse





A Yokohama, les Japonais ont créé leur musée du journal pour raconter, avec fierté, à la nouvelle génération l’évolution de ce secteur très respecté et influent.

* De notre envoyée spéciale au Japon: Imen Abderrahmani

Yokohama-Le Quotidien
Situé au cœur de Yokohama, le musée japonais du journal a ouvert le 12 octobre 2000 ses grands portails pour accueillir des visiteurs de différents âges venant découvrir l’histoire de la presse écrite au pays du Soleil Levant. Un domaine qui continue à faire rêver la nouvelle génération et surtout à influencer l’opinion publique. Six ans déjà depuis sa création, ce musée continue à drainer les curieux, les intéressés par la presse et surtout les élèves qui viennent dans le cadre de visites guidées savourer et de près quelques secrets d’un secteur qui fait l’objet d’une admiration et d’un respect sans limites.
Occupant quatre étages du Centre des médias et de la communication de Yokohama, ce musée a vu le jour dans la ville même qui a vu naître le premier quotidien national japonais le «Yokohama Mainichi Shimbun», considéré comme un modèle de la presse moderne. Un choix stratégique pour réserver une part de la mémoire collective japonaise. Sur 5200 mètres carrés, s’étale ce musée dans un joli building. Pour y accéder, il suffit de payer un ticket de 500 yens pour les adultes et les étudiants des collèges, de 300 yens ou 100 yens pour les élèves et les écoliers durant toute la semaine excepté le lundi. Quand au samedi, la direction de ce musée a opté pour l’accueil gratuit des écoliers qui fréquentent les écoles de base pour sensibiliser les bambins nippons à l’importance de ce secteur et pour développer cette sensation de fierté. Dès que vous mettez les pieds au deuxième étage -qui constitue la porte d’accès pour ce monument phare-, on vous accueille avec une série de caricatures dessinant avec humour et audace les relations entre le Japon, la Chine, les USA…à travers les portraits de l’ex-premier ministre japonais Junichiro Koizumi, du président américain et d’autres leaders politiques chinois et coréens. Les caricaturistes japonais ont présenté leurs propres visions des mutations politiques que connaît la région; un avant-goût avant de plonger dans le vif du sujet et découvrir la nette évolution qu’a connue et connaît la presse écrite au Japon.

Noblement, la presse écrite !
Grands consommateurs de journaux, les Japonais ne ratent pas les éditions du matin et du soir d’un bon nombre de journaux réputés pour leur professionnalisme et l’audace de leurs journalistes. C’est dans cet esprit que ce musée s’est développé et a rayonné relatant en détails l’histoire de la presse écrite sous les différentes dynasties qui ont régné sur le pays du Soleil Levant surtout celle de Edo et Meiji. On y trouve notamment des bulletins remontant au 16ème siècle comme celui de «Kawara», édité en 1615, des extraits de différents journaux de l’époque surtout ceux qui ont fait la couverture de plusieurs événements qui ont bouleversé le Japon comme les séismes, la guerre russo-japonaise, les deux guerres mondiales…des correspondances, des manuscrits des journalistes, des photos qui ont servi comme illustrations pour des articles, des appareils photographiques de différentes générations, des exemplaires de journaux de différents types et la lettre de l’empereur du Japon qui a été publiée annonçant la fin de la guerre après la défaite du Japon. On peut lire dans cette lettre écrite dans la langue japonaise, le souhait de l’empereur que son «fidèle» peuple soit coopératif, acceptant cette décision difficile de l’abdication après une longue réflexion sur la situation du pays et du peuple…En se baladant entre ces journaux et photos, le visiteur a l’impression de découvrir et de près l’histoire du Japon. Une ancienne rotative ou plutôt la première rotative dans l’histoire de la presse écrite occupe le centre de l’étage marquant le changement technologique dans ce secteur…des centaines de caractères japonais qui ont été utilisés dans les premières ères sont exposés au bonheur des journalistes de la nouvelle génération, ceux qui sont branchés sur les nouvelles technologies. Cette plongée dans l’histoire du journalisme s’achève avec une tournée instructive dans la galerie ou la librairie des journaux où on peut distinguer les grands quotidiens japonais comme «Asahi Shimbun», le «Mainichi Shimbun», le «Yomiuri Shimbun» dont le tirage est de 10 millions d’exemplaires pour l’édition du matin et 4 millions d’exemplaires pour l’édition du soir, le «Nihon Keizai Shimbun» et le «Sankei Shimbun». Et si le «Nihon Keizai Shimbun» est le plus grand journal économique japonais, «Yomiuri Shimbun» demeure la plus puissante entreprise de presse japonaise. D’autres journaux de différentes vocations et édités dans les régions offrent aux visiteurs un regard détaillé sur le paysage médiatique au pays du Soleil Levant. Un paysage en pleine mutation qui a su traduire les changements socio-politiques et dessiner l’image d’un pays qui a su trouver l’équation entre la modernité et l’authenticité. Pour les journalistes japonais, le musée japonais du journal est une source de fierté.

I.A.

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Noir sur blanc!

Pour comprendre les mécanismes de la presse écrite au Japon, le Foreign Press Center a publié un livre de 120 pages qui résument quelques grandes étapes de l’histoire de ce secteur, mettant en exergue le circuit de l’édition et la distribution surtout que la majorité des grands quotidiens livrent leur produit à domicile. La presse on line et les textes de lois qui structurent ce domaine occupent deux bons chapitres dans ce livre qui porte la signature d’un bon nombre d’universitaires et de journalistes japonais dont on cite: Akihiko Haruhara, Tetsuo Nambu, Hiroshi Fujita, Yoshihiro Oto, Tomohisa Hayakawa, Yashio Uemura, Atsuo Murata et Kenta Yamada. Notons que ce livre est édité dans la langue de Shakespeare.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com