Irak : Des sénateurs US veulent plus de troupes





Enlèvement massif à Bagdad

Plusieurs dizaines de personnes ont été enlevées hier lors d'une opération spectaculaire menée par des inconnus au cœur de Bagdad, où une délégation de sénateurs américains a réclamé le déploiement de plus de troupes pour endiguer la violence en Irak.

Le Quotidien-Agences
Des hommes armés portant des uniformes des commandos de la police ont fait irruption en milieu de matinée sur l'avenue Rachid, dans le quartier de Rusafa, le long des rives du Tigre qui traverse le centre-ville.
"Une vingtaine de véhicules 4X4 flambant neufs, similaires à ceux du gouvernement, sont arrivés. Il y avait une centaine d'hommes armés portant des uniformes militaires", selon un témoin.
"Au début, ils ont coupé les deux bouts de la rue et ont annoncé: +pas de panique. nous sommes en mission+. Mais, une fois qu'ils maîtrisaient bien la situation, ils ont commencé à prendre des gens au hasard: sunnites, chiîtes, Kurdes", a raconté ce témoin.
Le nombre exact des otages n'est pas encore connu. Entre 40 et 50 personnes ont été enlevées, selon une source au sein des services de sécurité, alors que des témoins faisaient état d'une cinquantaine de kidnappés.
Des coups de feu, notamment des rafales d'armes automatiques, ont été tirés mais il n'y a pas eu de victime sur place. La police est arrivée après le départ du convoi des ravisseurs.
Les enlèvements, purement crapuleux ou œuvres d'escadrons de la mort qui exécutent ensuite leurs victimes, sont monnaie courante en Irak.
Toujours dans la capitale, deux personnes, dont un militaire irakien, ont été tuées et neuf blessées jeudi dans une attaque-suicide contre un barrage de l'armée dans le quartier de al-Jamiyah (ouest).
Mercredi, deux démineurs irakiens avaient trouvé la mort alors qu'ils tentaient de neutraliser deux voitures piégées dans le quartier chiîte de Sadr City (nord-est).

Délégation
Parallèlement, une délégation parlementaire américaine, conduite par l'influent sénateur républicain John McCain, en visite depuis mercredi en Irak, a jugé la situation dans le pays "très, très préoccupante".
"Elle nécessite l'injection de troupes supplémentaires", a déclaré le sénateur McCain, au cours d'une conférence presse à Bagdad.
Le sénateur a évoqué le chiffre de "cinq à 10 brigades supplémentaires", soit entre 15.000 et 30.OOO hommes, alors que les forces américaines en Irak comptent actuellement 140.000 hommes environ.
"Tout le monde reconnaît désormais que nous n'avions pas assez de troupes depuis le début de la guerre", a-t-il expliqué, soulignant: si des renforts sont envoyés, "cela doit être en nombre suffisant".
"La situation se détériore progressivement. Nous devons faire quelque chose pour inverser la tendance", a reconnu McCain, qui était accompagné de quatre autres sénateurs, dont Joseph Lieberman (ancien candidat démocrate à la vice-présidence, aujourd'hui indépendant).
"Les forces de sécurité irakiennes ne sont pas capables de faire face seules à la situations. Un point c'est tout", a-t-il analysé.
McCain a également demandé des mesures à l'encontre du chef chiîte Moqtada Sadr: "nous aurions dû arrêter Moqtada al-Sadr il y a trois ans. Il continue à être un obstacle pour la paix, son influence dans la politique intérieure doit être éliminée".
Moqtada Sadr dispose aujourd'hui de 32 députés (sur 275) et six ministres au sein du gouvernement de coalition du Premier ministre Nouri al-Maliki.
Le président américain George W. Bush mène depuis plusieurs jours d'intenses consultations avec les responsables de son administration pour déterminer sa nouvelle stratégie en Irak. Il s'est aussi entretenu avec des leaders irakiens, dans le but de former un "bloc modéré" de chiîtes, de sunnites et de Kurdes soutenant le gouvernement de Maliki, et excluant Moqtada Sadr.

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Washington dénie un plan saoudien d'intervention en Irak

Le Quotidien-Agences
La Maison-Blanche a dénié une information du "New York Times", selon laquelle l'Arabie saoudite a averti qu'elle soutiendrait la minorité sunnite irakienne dans le conflit sectaire contre la majorité chiîte si les Etats-Unis retiraient leurs forces.
"Ce n'est pas la politique du gouvernement saoudien", a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow lors d'un point de presse.
L'Arabie saoudite a fait savoir à l'administration Bush qu'elle pourrait fournir un soutien financier aux sunnites irakiens en cas de guerre contre les chiîtes irakiens si Washington retirait ses troupes d'Irak, a rapporté mercredi le "New York Times".
Le roi d'Abdullah d'Arabie saoudite a transmis ce message au vice-président américain Dick Cheney il y a deux semaines lors de sa brève visite à Riyad, a-t-on appris de sources non identifiées.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com