La conseillère du ministre iranien de l’Intérieur au «Quotidien» : «Nous n’avons pas besoin de la bombe nucléaire»





En visite officielle en Tunisie, Mme Frechta Sassani, conseillère du ministre de l’Intérieur iranien a accordé une interview au «Quotidien» où elle évoque notamment la situation interne en Iran ainsi que la position de Téhéran concernant plusieurs affaires internationales.Entretien

Le Quotidien: Où en est la femme iranienne aujourd’hui notamment après l’élection du président Mahmoud Ahmadinejad?
Mme Frechta Sassani:
La femme iranienne est présente aujourd’hui dans tous les domaines en y jouant des rôles très importants. Cela a toujours été le cas et le président Ahmadinejad est fier de poursuivre dans la même voie, celle tracée par l’Imam Khomeini.

L.Q: Vraiment tous les domaines? La femme iranienne peut-elle par exemple se présenter à l’élection présidentielle?
F.S:
Quand la femme iranienne prend une responsabilité, elle doit agir selon ses capacités physiques. Le conseil suprême en Iran estime que tant qu’il y a des hommes, ils peuvent épargner aux femmes de s’acquiter des tâches difficiles. De toutes les manières, derrière tous les hommes qui ont écrit l’Histoire, il y a forcément des femmes.

L.Q: Quelles sont, selon vous, les aspirations de la jeunesse iranienne aujourd’hui à la lumière des grands changements dans le monde?
F.S:
Nous œuvrons en Iran à préparer le terrain à nos jeunes afin qu’ils puissent exprimer pleinement leurs idées.

L.Q: Ne sentez-vous pas une tendance chez les jeunes Iraniens à aspirer à des changements et parfois à s’opposer carrément au régime?
F.S:
Bien sûr qu’il y a une opposition en Iran à l’instar de tous les pays du monde. C’est un phénomène naturel.

L.Q: Comment voyez-vous l’avenir de la révolution islamique dans un monde qui nourrit jour après jour une quasi hostilité à l’égard de l’Islam?
F.S:
Vous savez, les ennemis de l’Islam ont toujours existé. Le bien et le mal existent côte à côte et Dieu nous appelle à défendre le bien. Nous espérons qu’un jour, l’Islam et la justice régneront sur tout le monde.

L.Q: Concernant le dossier nucléaire iranien, une question s’impose: où en est aujourd’hui le programme nucléaire iranien?
F.S:
L’Iran tient à son droit naturel au nucléaire civil. C’est une aspiration de notre peuple et c’est au gouvernement de soutenir cette démarche. Tout le monde sait que nous avons coopéré mais nous sommes victimes de l’injustice de l’Occident.

L.Q: Nous ne contestons pas votre droit au nucléaire civil. Nous voulons juste savoir en quel stade êtes vous ? L’Iran possède-t-il aujourd’hui la technique lui permettant de fabriquer la bombe nucléaire?
F.S:
L’Iran n’a pas besoin de la bombe nucléaire. Notre pays prône la tolérance et la paix. Notre arme de dissuasion n’est autre que notre jeunesse. C’est notre seul capital.

L.Q: Quelle attitude adoptera l’Iran en cas de sanctions à son encontre?
F.S:
Nous sommes victimes de sanctions depuis l’avènement de la révolution islamique et nous avons réussi à avancer et même à réaliser un développement considérable. Et comme l'a dit l’Imam Khomeini: «s’ils nous font la guerre, nous sommes les fils de l’Achoura, nous saurons résister et s’ils nous imposent des sanctions économiques, nous sommes les fils du Ramadan, nous allons jeûner».

L.Q: Croyez-vous qu’il y aura une guerre contre l’Iran?
F.S:
Non. L’Occident est assez sage pour tirer les leçons des expériences ratées tels que la guerre contre l’Afghanistan.

L.Q: Pourquoi l’Iran a-t-il proposé aux Américains de les aider à résoudre le problème irakien?
F.S:
L’Irak vit aujourd’hui un chaos terrible et nous soutenons tout pays voulant trouver une issue à ce bourbier.

L.Q: Même les Etats-Unis d’Amérique?
F.S:
Les USA sont un pays occupant. Si les Américains veulent instaurer la sécurité en Irak, ils doivent se retirer de ce pays et donner plus de prérogatives au gouvernement de Maliki afin qu’il puisse honorer ses engagements vis-à-vis du peuple irakien.

L.Q: Comment jugez-vous ce qui se passe aujourd’hui au Liban?
F.S:
Nous sommes fiers du peuple libanais et de Sayyed Hassen Nasrallah. Espérons que le soulèvement populaire puisse amener les Libanais à réaliser leurs aspirations.

L.Q: Quelle relation entretient l’Iran avec les chîites de la région notamment ceux du Liban et de l’Irak?
F.S:
Nous soutenons les peuples du monde entier pour la simple raison que notre régime est un régime populaire. C’est un soutien moral à tous les peuples de la région. Mais sur les plans militaire et économique, nous ne soutenons personne.

L.Q: Même pas à travers des aides financières?
F.S: Ce sont des aides purement humanitaires.

Entretien conduit par
Fatma BEN DHAOU OUNAÏS




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com