Les jeunes et les fêtes de fin d’année : A chacun sa nouba, dehors ou… « au lit on dort ! »





L’année 2006 tire à sa fin. Les magasins et les vitrines sont décorés de paillettes et de lamelles brillantes. La nouvelle année administrative pointera bientôt du nez. Le réveillon constitue une occasion propice pour les jeunes pour qu’ils fassent la fête d’autant plus que cet événement coïncide avec les vacances d’hiver. Que représente justement le réveillon pour les jeunes ? Quel programme envisagent-ils pour l’occasion ?

Tunis — Le Quotidien
Les jeunes emblent avoir une prédisposition naturelle pour tout ce qui a trait aux festivités. En outre, il semble que les jeunes s’imprègnent du way of live occidental. Si l’on doit croire à ces convictions communément admises, on sera amené à penser que ces jeunes ne s’arrêtent devant rien pour faire la fête. On peut même croire qu’ils peuvent aller jusqu’à célébrer des fêtes qui ne sont pas de chez nous comme Noël, ThanksGiving ou Pâques… Le réveillon figure également parmi les fêtes célébrées par la jeune gent. La fin de l’année est célébrée dans la majorité des foyers tunisiens. Les préparatifs commencent quelques jours avant la fin de l’année : certaines familles, décorent leurs maisons avec des fleurs, préparent des repas spéciaux et, le soir du nouvel an, ils pensent même à tirer des feux d'artifice.
Quant aux jeunes, ils s'habillent avec des vêtements neufs et s’apprêtent à accueillir le nouvel an. Certains restent avec la famille, d’autres sortent pour faire la fête et recevoir la nouvelle année qui s’annonce dans la joie. Il semble que cette ambiance festive leur permet d’enterrer l’année écoulée et de se débarrasser de ses ennuis. Reconnus pour leur jovialité, les jeunes préféreraient sortir ensemble pour jouir de l’ambiance festive du réveillon. Toutefois, certains peuvent aller loin… Le fait de faire la fête leur fait perdre la tête et ils peuvent s’adonner à plusieurs dépassements, dont essentiellement la consommation d’alcool.
Mohamed Mahmoudi, 18 ans, a prévu un programme…“d’enfer“ ! Le jeune homme compte aller à Hammamet avec des amis dans un hôtel. Ce dont il s’attend, c’est une ambiance festive et branchée. «Je compte aller à Hammamet avec mes amis dans un hôtel qui, semble-t-il, prépare une soirée diaboliquement bonne. Sauf que pour y arriver je dois d’abord avoir toute la somme qu’il faut et en plus je dois convaincre mes parents de me laisser partir. Cette année, le réveillon coïncidera avec l’Aïd et pour ma famille, les fêtes islamiques sont sacrées et doivent se passer en famille. Il y a donc de faibles chances qu’on me laisse partir parce que le programme commence la veille du jour de l’an. De toute manière, le réveillon avec la famille a un goût très fade. On se réunit autour d’une table bien garnie certes, mais il n’y a aucune ambiance spécifique qui distille de la gaieté. Ce n’est pas le réveillon en tant que tel qui suscite mon intérêt, mais c’est l’ambiance festive qui me mobilise le plus. En tout cas, si ce programme tombe à l’eau, je vais tout de même sortir pour pouvoir changer d’air. Il se peut que je sorte faire un tour avec quelques copains, histoire d’être en plein-air pour recevoir la nouvelle année», dit-il.
Ahmed Jaballah, 19 ans, a l’habitude de sortir le jour du réveillon. Le jeune homme ne peut pas supporter l’idée même que d’autres font la fête alors qu’il reste cloîtré entre quatre murs. «Je suis du genre qui ne rate aucune occasion pour faire la fête. Certains, jugent mal ceux qui fêtent le réveillon dans la mesure où c’est une occasion fêtée généralement par les occidentaux. Ce n’est pas la raison de l’événement que je célèbre, mais je cherche à faire partie de la fête, c’est tout. Cette année, j’ai prévu d’aller chez un groupe d’Africains célibataires qui habitent juste en face de moi. Ils ont prévu une soirée dansante avec une énorme chaîne stéréo, un dîner copieux, des boissons et plusieurs jeux. En principe, chacun de nous participera en apportant des plats, des gâteaux, des boissons, des amuse-gueules… Je crois que je vais pouvoir vraiment m’éclater. Le nombre des invités se comptera par dizaines et nous sommes tous des jeunes et nous habitons tous dans les parages. Il y aura donc normalement beaucoup de bonne ambiance… On va faire la nouba et j’ai déjà hâte d’y être», dit-il.
Karim Gnounou, 17 ans, compte rester “sage“ cette année. Pour le jeune homme, la famille passe avant tout et la sienne a prévu un programme en famille parce que cela coïncide avec l’Aïd El Kébir. «Il ne faut pas croire que je vais rester à la maison de bon cœur. Certes, ma famille passe avant tout et mes parents nous ont demandé de rester tous à la maison cette année parce que l’Aïd tombera juste la veille. Et je ne pourrai pas contrarier mes parents. Cette année, je resterai donc chez moi et je ferai en sorte d’atténuer mon excès de zèle…
D’habitude, je sors avec les copains pour aller faire un tour au centre ville ou pour passer la nuit dans un hôtel ou encore chez des amis. Chacun apporte quelque chose ou un peu d’argent et la fête est faite. Ce qui rend l’ambiance agréable, à mon avis, c’est la bonne compagnie. Il suffit que tout le monde partage le même goût, la même tendance et que les invités s’aiment pour que la soirée réussisse. Les mets et l’argent ne comptent pas vraiment. Ce qui compte, c’est que tout le monde se sente à l’aise et dans son élément», dit-il.

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com