Affaire «Fi Hak Essardouk inraychou» : Lamine Nahdi «joue» les prolongations jusqu’au 9 janvier 2007





Le tribunal de première instance de Tunis a examiné dans son audience du 11 décembre 2006 l’affaire qui oppose le comédien Lamine Nahdi au scénariste-réalisateur Moncef Dhouib. Un litige qui porte sur la propriété intellectuelle, morale, artistique et matérielle de la célèbre pièce «Fi Hak Essardouk inraychou». Encore une fois, la cour a renvoyé l’examen de cette affaire à une date ultérieure et ce en raison de nombreux obstacles rencontrés par les experts dans l’exercice de leur tâche.

Tunis - Le Quotidien
Il faut dire que les deux artistes ne sont pas à leur premier conflit. Déjà en 1993, Moncef Dhouib a fait appel à la justice pour recouvrer ses droits d’auteur et de metteur en scène de la fameuse pièce: «Makki et Zakia». D’ailleurs, c’est cette même pièce qui est à l’origine de cette nouvelle affaire.
En effet, en rendant son verdict en 1994, le tribunal de première instance de Tunis a condamné Lamine Nahdi à verser des dommages et intérêts à Moncef Dhouib pour avoir exploité la pièce «Makki et Zakia» sans l’accord de son auteur et metteur en scène à savoir Moncef Dhouib.
Coup de théâtre et face aux difficultés rencontrées dans l’exécution de ce verdict, les deux artistes ont conclu un accord à l’amiable portant la signature légalisée des deux parties, enregistré à la recette des finances de Tunis en date du 17 juin 1995. Selon cet accord, Lamine Nahdi s’engage à rembourser Moncef Dhouib et ce en présentant la pièce en question une centaine de fois au profit de la société de production «El Manara» gérée par Moncef Dhouib. Le contrat contient, par ailleurs, une clause qui permet au comédien Lamine Nahdi de toucher 50% des recettes générées par les représentations de la pièce.

Essardouk déplume Zakia !
Les rapports ayant retrouvé tous leurs éclats entre les deux artistes, dans la foulée, ils concluèrent un nouvel accord pour la production d’un nouveau One-man-show, d’autant que la pièce «Makki et Zakia» fut un succès total qui a permis à Moncef Dhouib de bien compenser ses pertes. Justement, le nouveau contrat stipule qu’au cas où le metteur en scène et scénariste Moncef Dhouib ne recouvrirait pas totalement ses droits selon le premier accord relatif à la représentation, une centaine de fois de la pièce «Makki et Zakia», les deux parties s’engagent à produire une nouvelle pièce dont les recettes permettront à Moncef Dhouib de récupérer ses dûs. Ainsi, fut conclu le deuxième contrat qui porte la date du 6 mai 1995.
La nouvelle œuvre écrite par Moncef Dhouib avait pour titre provisoire «Flous Echaab» «Flous» ou «La télé arrive». Le scénario a été enregistré à la propriété intellectuelle et culturelle (droits d’auteur).
Seulement, au moment où les deux artistes étaient sur le point de produire cette pièce, un nouveau litige a éclaté. Moncef Dhouib voulait, en effet, transformer la pièce en un film. Tandis que Lamine Nahdi est resté sur sa position d’adapter la pièce en un One-man-show. Finalement et puisqu’aucun arrangement n’a été trouvé pour régler ce différend entre les deux artistes, le projet est tombé à l'eau.
A ce stade des événements, on avait pensé que le dossier de cette affaire est enterré à jamais surtout que le litige financier est réglé avec les cent présentations de la pièce «Makki et Zakia».
Ce n’est qu’illusion... A vrai dire en l’an 2002, Moncef Dhouib a été surpris de constater que son scénario portant les titres provisoires «Flous Echaab», «Flous», et «La télé arrive» a changé de titre pour devenir «Fi Hak Essardouk inraychou». Pis encore, l’œuvre est adaptée au théâtre avec la mise en scène de Mohamed Ali Nahdi et l’interprétation de Lamine Nahdi.
Rebelote: un nouveau texte, une nouvelle pièce et une nouvelle affaire où les mêmes protagonistes se disputent la propriété.
Lamine Nahdi serait-il en passe de récupérer par la main gauche ce qu’il a donné par la main droite? C’est du moins, le constat auquel a abouti Moncef Dhouib qui a saisi immédiatement le ministère de la Culture.
Deuxième coup de théâtre, aucune partie officielle n’était en mesure d’arrêter les représentations de la pièce qui fait l’objet de cette nouvelle affaire. Lamine Nahdi avait en effet, touché la somme de 150.000 dinars en tant qu’avance sur des représentations qui devaient avoir lieu dans le cadre des festivals organisés par le ministère de la Culture. En d'autres termes, Lamine avait reçu de l’argent émanant de l’Etat. Que peut-on faire alors sinon lui accorder le visa pour pouvoir produire et présenter la pièce qui , rappelons-le, faisait l’objet de poursuites judiciaires?

Retour à la case départ !
A vrai dire, les avocats de Moncef Dhouib n’avaient pas chômé. Sitôt le verdict tombé dans l’affaire relative à la pièce «Makki et Zakia», les défenseurs de Moncef Dhouib ont repris le chemin du tribunal de Tunis. Cette fois-ci, les avocats ont dans leurs cartables le dossier d’une nouvelle affaire à savoir, la pièce «Fi Hak Essardouk inraychou».
Après plusieurs audiences consacrées à l’examen de cette affaire, la cour a rapidement désigné un expert pour déterminer les responsabilités dans cette nouvelle affaire.
Encore une fois, dans leur rapport, les experts étaient catégoriques, la pièce en question est la propriété de Moncef Dhouib.Il fallait une deuxième fois refaire le même parcours pour évaluer les montants des recettes générées par les représentations au nombre de trois cents, de la pièce «Fihak Essardouk inraychou» afin de déterminer les dommages et intérêts à verser à Moncef Dhouib.
Et si la justice avait bien rempli son rôle, d’autres obstacles ont surgi rendant difficile l’exécution des décisions judiciaires prises par le tribunal de première instance de Tunis.
En effet, sur les vingt-quatre délégations régionales de la culture priées de fournir aux experts désignés par la cour les montants des recettes générées par les représentations de la pièce en question, treize seulement ont répondu favorablement. En revanche deux délégations régionales de la culture ont refusé de collaborer et le reste des délégations jouent toujours aux abonnés absents.
C’est ce qui ressort du rapport présenté avant-hier au tribunal de première instance de Tunis par les experts qui ont, en outre, fait état du refus des associations des propriétaires des salles privées et des imprésarios étrangers ayant exploité la pièce en question de collaborer. Pour cette raison, la cour a décidé de reporter l’examen de cette affaire au 9 janvier 2007.

Habib MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com