A cause de l’Irak : Blair durement épinglé





Un institut de recherches britannique a jugé que Tony Blair avait fait une "erreur terrible" en Irak et qu'il s'était montré "incapable d'influencer la politique étrangère américaine", des accusations aussitôt rejetées par le Foreign Office.

Le Quotidien-Agences
Alors que le Premier ministre britannique achevait hier une tournée de cinq jours au Moyen-Orient, le ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett a également défendu ce voyage, affirmant que Blair ne l'aurait pas entrepris s'il pensait que c'était une "perte de temps".
Chatham House, institut de recherches très respecté à Londres, a publié mardi un bilan sans concession de la politique étrangère de Tony Blair, presque dix ans après son arrivée au pouvoir en mai 1997.
Au premier rang des accusés, la décision d'envahir l'Irak après les attentats du 11 septembre 2001. C'était une "erreur terrible, et la débâcle actuelle aura des répercussions politiques pendant de nombreuses années", a écrit le directeur de Chatham House, Victor Bulmer-Thomas.
"L'échec fondamental de Tony Blair en matière de politique étrangère a été son incapacité à influencer l'administration Bush d'une quelconque manière, malgré le sacrifice - militaire, politique et financier - qu'a fait le Royaume-Uni", assène également Chatham House.
"Tony Blair a appris à ses dépens que la loyauté en matière de politique internationale compte pour très peu", ajoute-t-il. "Comme Suez il y a 50 ans, la débâcle irakienne marque un tournant dans la politique étrangère britannique qui changera la relation avec les Etats-unis pour de longues années".

L’opposition monte au crénau
Lundi, le chef de l'opposition conservatrice, David Cameron, a d'ailleurs plaidé pour un rééquilibrage de cette relation, estimant que les Britanniques ne "devraient pas avoir peur de dire" qu'ils sont parfois en désaccord avec Washington.
Le bilan européen de Blair n'est guère meilleur selon Chatham House, qui estime que "l'influence britannique est très limitée".
Il souligne que "la dimension européenne de la politique étrangère de Blair a été particulièrement difficile à gérer depuis l'invasion de l'Irak", moins cependant à cause des divisions européennes sur l'Irak que de "l'effondrement du projet européen" après les référendums négatifs en France et aux Pays-Bas.
Ces critiques ont été catégoriquement rejetées par Beckett.
"L'idée que nous n'avons aucune influence là-bas (au Moyen-Orient) ou dans l'Union européenne, ou aux Etats-Unis, n'est simplement pas vraie", a-t-elle déclaré sur la BBC.
"Je ne nierais certainement pas que dans (...) l'opinion publique du monde arabe, la position de la Grande-Bretagne a été affectée par les événements des dernières années. Mais en ce qui concerne les gouvernements, les négociateurs, les personnes qui s'efforcent de parvenir à des accords, qui essayent de rassembler, ceux qui veulent des conseils et du soutien, l'influence de Tony Blair est substantielle", a-t-elle ajouté.
Blair a fait de la reprise du processus de paix au Proche-Orient une de ses priorités, pour ses derniers mois au pouvoir. Il a récemment déclaré que rien n'est "plus important sur l'agenda international actuellement".
Mais la presse britannique est restée dubitative sur l'impact de son voyage, alors qu'une flambée de violence secoue les territoires palestiniens.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com