Réunis à Tunis : Des experts proposent des recettes pour la promotion de l’emploi





L’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail indépendant a organisé, hier, un atelier sur les bonnes pratiques internationales en matière d’emploi des jeunes. Des experts tunisiens et étrangers ont longuement discuté le problème de l’emploi des jeunes qui touche toutes les nations mais qui sont différemment appréhendés. Les participants, réunis en trois groupes de travail, ont parlé notamment des expériences internationales de promotion de l’emploi des jeunes, de l’intermédiation sur le marché de l’emploi, de l’orientation professionnelle et de l’auto-emploi des jeunes. Nous avons sollicité l’avis de trois experts en la matière pour nous présenter la meilleure approche en matière de promotion de l’emploi des jeunes.

Bernard Fourcade, expert et chercheur au CNRS (France)
Pour des programmes d’évaluation


Le problème de l’emploi est commun à tous les Etats. Les mécanismes sont différents d’un pays à l’autre mais de nombreux d’Etats sont en déficit d’évaluation de leurs méthodes. En effet les programmes d’évaluation ne sont pas toujours à jour. Il est important de savoir exactement ce que l’on a réalisé dans le domaine de l’emploi, à la lumière des résultats escomptés. Il faut poser les bonnes questions telles que : « Avons-nous atteint nos objectif ? Avons-nous obtenu de bons résultats financiers ?». Pour ce faire il faut impliquer les spécialistes, les chercheurs, les universitaires.
En France nous souffrons également de déficit d’évaluation malgré l’existence de mécanismes diversifiés et destinés à promouvoir la création d’emplois. Nous manquons de culture d’évaluation. Je pense que les pays anglo-saxons sont en avance dans ce domaine.


Moussa Boukrif, professeur à l’université de Bejaia (Algérie)
Développer la culture entreprenariale

Le problème de l’emploi se résoud généralement par la mise en place de mécanismes appropriés. Les jeunes, les premiers intéressés par ce secteur se doivent de disposer d’une culture entreprenariale, d’éviter la culture d’assistance et d’être constamment pris en charge. Il faut absolument les impliquer dans ce processus. Il s’agit là du rôle des universités, des écoles, et des conférences et les autres rencontres comme celle d’aujourd’hui. Il faut leur ancrer ces principes dès leur jeune âge.
En Algérie nous disposons de plusieurs mécanismes liées à la promotion de l’emploi mais les jeunes n’ont toujours pas su s’impliquer. Ils ne se soucient pas de découvrir ces mécanismes et d’y adhérer pleinement. C’est leur rôle. Aujourd’hui, malheureusement, beaucoup de jeunes se contentent de peu et ne pensent même pas agrandir leurs activités. Il est temps de changer cette culture.


Miloudi Gobantini, directeur du développement des réseaux à l’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail indépendant
Rapprocher davantage les mécanismes des jeunes

Il s’agit d’un problème qui touche la plupart des pays. Chacun a un rôle bien défini à jouer dans ce domaine. Les jeunes ont le devoir de se manifester et de chercher activement l’emploi. Il sont appelés à chercher les mécanismes existant dans le domaine de l’emploi et ne doient pas se contenter d’attendre. L’Etat, de son côté, doit développer la communication autour des offres d’opportunités de création d’emploi. Beaucoup de mécanismes sont disponibles mais curieusement beaucoup de jeunes ne s’impliquent pas. La Tunisie dispose de plusieurs programmes d’insertion comme le SIVP1 et SIVP2. Il faut rapprocher davantage ces mécanismes des jeunes mais aussi les accompagner jusqu’à l’obtention d’un poste d’emploi.
Ces différentes aides consistent à leurs montrer comment vendre leurs compétences, comment rédiger un CV, comment gérer plus tard leur entreprise etc.

Propos recueillis par
Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com