Annan passe aux aveux : L’Irak est le pire moment de mon mandat





• «Une intervention militaire en Iran manquerait de sagesse»

Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a déclaré avant-hier que son échec à éviter la guerre en Irak était le pire moment de ses 10 années de mandat Il a, par ailleurs mis en garde contre une intervention militaire en Iran.

Le Quotidien-Agences
«Je pense que le pire moment a été la guerre en Irak, que nous ne sommes pas parvenus, en tant qu'organisation, à éviter, et vraiment j'ai fait tout ce que j'ai pu pour tenter de voir si nous pouvions l'éviter», a-t-il déclaré lors de sa dernière conférence de presse, interrogé sur ses plus grands succès et sur les pires moments de son mandat.
Parmi les succès, il a cité les efforts des Nations unies pour les droits de l'Homme, la guerre contre les inégalités à la fois dans les pays et entre les pays, et la bataille pour le développement symbolisée par les objectifs de développement du Millénaire, qui prévoient de réduire significativement une série de fléaux comme la famine, l'extrême pauvreté, la mortalité maternelle et infantile, ou l'absence d'accès aux soins, d'ici 2015.
L'ONU ne doit pas être jugée à l'aune du scandale pétrole- contre nourriture, mais en regardant sa multitude d'actions humanitaires et de développement.
«Je pense que quand les historiens examineront mes résultats, ils estimeront que certes il y a eu des mauvaises gestions, et plusieurs membres du personnel de l'ONU ont été impliqués, mais que ce scandale, si scandale il y a, a eu lieu (..) au sein des 2 200 entreprises qui ont passé des accords avec Saddam (Hussein) derrière notre dos. Et bien sûr, j'espère que les historiens verront autre chose de l'ONU que le seul programme pétrole-contre nourriture», a-t-il dit.

Mise en garde
Tout le monde peut tirer des leçons de l'Irak, a par ailleurs affirmé Kofi Annan, soulignant que les grandes puissances avaient besoin de l'aval du Conseil de sécurité pour une action militaire et mettant en garde contre une intervention en Iran.
Une intervention militaire en Iran manquerait de sagesse et serait catastrophique, a prévenu Kofi Annan, lors de sa dernière conférence de presse en tant que secrétaire général, dix jours avant la fin de son mandat.
«J'espère que le Conseil, qui discute de la question, procédera avec précaution et essaiera de faire son possible pour obtenir un règlement pacifique», a-t-il ajouté.
Revenant sur le dossier irakien, le secrétaire général a estimé que tout le monde pouvait tirer des leçons de l'Irak. Ceux qui ont participé à la guerre, mais également ceux qui en ont conçu les plans et ceux qui l'ont appuyée au sein du Conseil mais qui n'ont pas obtenu d'approbation, a-t-il insisté.
«J'espère que la prochaine fois que nous ferons face à une menace grave contre la paix et la sécurité, les puissances en question attendront l'aval du Conseil. Comme je l'ai toujours dit, un pays a le droit de se défendre lorsqu'il est menacé, mais lorsqu'il s'agit d'une menace plus large qui concerne la communauté internationale, il n'y a que le Conseil de sécurité qui dispose de la légitimité nécessaire pour autoriser des actions militaires», a-t-il expliqué.
A propos de l'Irak, Kofi Annan a aussi plaidé une nouvelle fois pour l'organisation d'une conférence internationale. Je suis intimement convaincu que, compte tenu des combats qui ont eu lieu, il est maintenant impossible pour les Irakiens de trouver une solution par eux-mêmes. Il faut une tierce partie, a-t-il estimé.
Devant la presse, le secrétaire général a par ailleurs rappelé la gravité du conflit israélo-palestinien dont les conséquences vont bien au-delà de la région où il se produit et touche un grand nombre de personnes.
«Je suis encouragé de constater que récemment, beaucoup ont dit qu'il était nécessaire de redoubler d'efforts et de faire une nouvelle tentative pour régler cette situation. Mais pour cela, il faut que les Palestiniens puissent se mettre d'abord d'accord entre eux et ensuite, on pourra avancer», a-t-il estimé.
Sur la question nucléaire iranienne et israélienne, Kofi Annan a craint que l'idée d'une zone exempte d'armes nucléaires au Moyen- Orient ne soit un rêve qui s'éloigne de plus en plus.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com