Les cerveaux tunisiens ont bonne cote au Japon





Le Japon est la nouvelle destination du fleuron des étudiants tunisiens malgré le problème de la langue. Un choix bien ciblé pour les enseignants nippons qui ne tarissent pas déloges sur les efforts et le niveau distingué de nos étudiants, lançant un appel à tous nos lauréats pour rejoindre ces établissements universitaires japonais.

* De notre envoyée spéciale au Japon : Imen Abderrahmani

Le Japon- Le Quotidien :
Malgré la distance et la différence sociale, culturelle et même climatique, nos étudiants au pays du « Soleil Levant »ont réussi à percer dans le milieu universitaire japonais, gagnant haut la tête le respect de leurs professeurs et de leurs collègues. A une cinquantaine de kilomètres de Tokyo que le nouveau train dévore en une heure de temps uniquement, la ville de Tsukuba se manifeste comme l’un des pôles universitaires les plus importants au Japon et dont la réputation académique est mondialement connue. Situé dans un joli cadre naturel, calme et paisible, ce pôle universitaire attire, ces dernières années, les étudiants tunisiens. Un échange fructueux entre nos lauréats et le corps enseignant mais aussi une bonne entente politique entre les deux pays ont mené à la création de l’Alliance de recherche sur l’Afrique du Nord dont le siège est basé à Tunis et précisément à l’Institut National Agronomique. « Nous travaillons bien avec La Tunisie et nous essayons, actuellement, de créer une base pour faire des recherches sur toute la région de l’Afrique du Nord. Créée depuis presque deux ans et demi, cette Alliance est l’une des plus dynamiques filières de l’Université de Tsukuba et avec la Tunisie, nous avons de bons échanges scientifiques depuis 2005 et nous avons obtenu des résultats encourageants.», explique le professeur Hitoshi Miyazaki avec un grand sourire, sur un ton fier. Et c’est au professeur Yukuo Abe de poursuivre sur cette même lancée, fournissant quelques éclaircissements sur ce sujet. « Signée en juillet 2005 entre le gouvernement tunisien et le Centre Académique du Japon, cette convention bilatérale préconise l’échange aussi bien des chercheurs que des étudiants. Il faut dire que le hasard a voulu que nos contacts aient bien marché et que nous trouvions du côté tunisien des interlocuteurs attentionnés et intéressés par nos projets », note cet universitaire japonais. Un avis partagé par le professeur Kenichi Kashiwagi qui a souligné, lors de son intervention, que cette alliance a choisi d’associer la filière culturelle à la filière scientifique et ce pour « comprendre mieux le contexte social et économique de ces pays pour faire avancer nos projets et faire des recherches qui respectent la langue, les coutumes et les modes de vie dans ces régions et surtout fusionner les méthodes adoptées par les chercheurs de ces pays avec notre savoir-faire technologique ».

Bonne présence tunisienne à consolider !
Côté chiffres et statistiques, l’Université de Tsukuba a accueilli en 2005, sept étudiants tunisiens qui sont venus pour préparer leurs masters, dans des spécialités touchant elatives à la question environnementale. Pour l’année universitaire 2007,cette université se prépare à accueillir dix sept de nos étudiants qui vont débarquer au pays du « Soleil Levant », et ce, dans le cadre d’une convention d’échange avec le parc technologique de Borj-Cédria. Jusqu’à aujourd’hui, les étudiants tunisiens n’ont pas failli à leur mission, laissant de très bonnes impressions. D’ailleurs, on se souvient bel et bien du nom du premier étudiant tunisien dans cette université japonaise et on ne parle que du bien de Moez Turki qui a terminé avec brio ses études. Jihène Ben Abderrazek et Rim Fekih, deux étudiantes tunisiennes qui ont pu rejoindre les bancs de l’université de Tsukuba. Originaire de Bizerte, Jihène est venue au Japon après deux ans et demi d’études réussies à l’Ecole Supérieure de Communication d’El Ghazala dans l’objectif de se spécialiser dans l’ingénierie de télécommunications. Quant à Rim Fekih, cette native de Monastir qui a fait ses études à Tunis, débarque au Japon avec le rêve d’acquérir de nouvelles connaissances et de se spécialiser dans la biotechnologie végétale. «Le plus impressionnant au Japon est que l’étudiant étranger ne trouve pas de grands problèmes d’intégration au sein de la société. Grâce aux cours en langue japonaise, nous avons pu étendre des ponts de dialogue et d’échange avec nos collègues japonais », nous confie Jihène Ben Abderrazek avec un grand sourire et des yeux pleins d’espoir. Pour Rim Fekih, l’histoire a un autre charme.Comme Jihène, elle a étudié la langue japonaise qu’elle connaît bien aujourd’hui. Jeune épouse, Rim a réussi à convaincre son mari, un jeune homme d’affaires, à émigrer au Japon pour être, à côté d’elle et à tenter cette nouvelle piste et collaborer avec ses homologues japonais. «Je suis vraiment contente par ce soutien familial. Pour le moment, j’essaie d’aider mon mari à étudier la langue japonaise pour qu’il puisse vraiment avancer dans ses projets et bien communiquer avec le corps commercial japonais », note-t-elle avec un sourire charmant.
Loin de l’université Tsukuba, d’autres universités ont ouvert leurs portes, généreusement, pour les étudiants tunisiens et pour les étudiants arabes d’une manière générale comme c’est le cas du Centre de recherche des terres arides à l’Université de Tottori ou à l’Université de Ritsumeikan Asie- Pacifique (APU). Un melting-pot de nationalités, l’APU réunit, cette année, des étudiants étrangers de 76 pays avec un corps enseignant dont la moitié est étranger. Dans cette université qui vise à « former les jeunes leaders de la société internationale du 21ème siècle » selon les propos du professeur Nakagami Ken’ichi. Pour sa part, le professeur Yokoyama Kenji a salué le niveau élevé des étudiants africains et arabes qui ont rejoint cette université et l’importance de cet échange entre les civilisations. « Grâce à ce contact, les étudiants sont arrivés à bien comprendre la conjoncture actuelle internationale et ils ont pu éclaircir leurs idées concernant plusieurs sujets. D’ailleurs c’est grâce à Mohamed, un étudiant syrien, qu’on a appris de nouvelles choses sur l’Islam », explique M.Kenji. Pour faciliter l’intégration de ces étudiants étrangers, la direction de cette université a choisi de lancer un programme d’animation culturelle. « Les étudiants travaillent ensemble dans le cadre d’ateliers pour monter un spectacle qui sera par la suite présenté dans la ville, devant les citoyens ou présenté dans la salle de spectacle de l’université ; ces soirées sont à thème », nous explique Sabra, une étudiante qui vient de l’un des pays du Golfe, et que nous avons rencontrée alors qu’elle préparait une soirée arabo-africaine avec ses amies japonaises et africaines. La présence tunisienne dans les universités japonaises mérite d’être saluée…les bons échos sont là et les universitaires japonais ne cachent par leur satisfaction souhaitant voir de plus en plus nos jeunes dans les laboratoires et les centres de recherches nippons.

I.A




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com