«Bled number one» : Le déracinement, l’autre regard!





«Bled number one» sera présenté, cet après-midi, dans le cadre de la compétition officielle de cette 21ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage. Signé par le réalisateur algérien Rabah Ameur Zaîmeche, ce film s’interroge sur l’identité et sur l’intégration en traitant de l’histoire cet ancien prisonnier que les autorités choisissent d’expulser dans son pays d’origine.

Le retour a été toujours le rêve de tous ceux qui se sont trouvés dans l’obligation de quitter leur terre et d’abandonner tout pour gagner leur pain. L’histoire de ce prisonnier algérien est celles des milliers de travailleurs immigrés qui ont lutté pour intégrer le vécu du pays accueillant…Une lutte qui les a déraciné pour les planter dans une nouvelle terre qui continue à les rejeter. Une grande souffrance ! A partir de là, ce réalisateur algérien a tissé les péripéties de son film qui focalise sur les problèmes sociaux et psychologiques de l’immigration. Rabah Ameur Zaîmeche qui a ouvert les yeux à La Cité des Bosquets, dans la banlieue parisienne, connaît bien cette situation épineuse qui pèse, lourdement, sur le vécu des immigrés. Réalisateur, acteur, scénariste, cet Algérien multiplie les casquettes dévoilant une grande passion pour le cinéma. Dans ce film où il est à la fois réalisateur et comédien, Rabah Ameur Zaîmeche a raconté ce drame. C’est l’histoire d’un ancien prisonnier expulsé dans sa terre mère, dans son pays d’origine, l’Algérie. Dans ce retour obligé, ce détenu redécouvre ses origines et sa terre avec un autre regard, celui d’un occidental qui met les pieds pour la première fois dans un pays arabe, africain et maghrébin. Des sensations paradoxales que Rabah Ameur Zaîmeche a portées à l’écran avec ce double regard d’un Algérien qui vit en France ! Inconnu pour le public des Journées Cinématographiques de Carthage, ce réalisateur sera l’heureuse surprise de ce festival, selon les critiques qui ont vu ses documentaires et ses courts métrages. D’ailleurs, «Bled number one» n’est pas le seul film sur la liste de la participation algérienne. Plusieurs films seront projetés durant cette 21ème édition parmi lesquels : «Barakat» de Djamila Sahraoui, «Douar de femmes» de Mohamed Chouikh, «Indigènes» de Rachid Bouchareb, «Quelques miettes pour les oiseaux» de Nassim Amouache, «Sur ma ligne» de Rachid Djaîdani, «Le quotidien des automates» de Abdelghani Raoui…

Après des années de participation, depuis la création des J.C.C en 1966, le cinéma algérien a réussi à gagner du terrain et à convaincre le public tunisien qui attend cette manifestation pour découvrir les nouvelles expériences et expressions développées par les cinéastes algériens. Aujourd’hui, et grâce à une brochette de comédiens et de réalisateurs, le cinéma algérien a conquis les salles obscures surtout celles de l’Hexagone. Cette nouvelle édition sera une occasion pour confirmer la place qu’occupe l’Algérie sur la scène internationale.

«Bled number one» portera ce soir les couleurs de ce pays voisin, dévoilant l’autre facette de l’intégration. Une nouvelle approche d’un sujet très épineux et surtout d’actualité brûlante qui mérite le déplacement.

Imen ABDERRAHMANI

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Dans les coulisses

«Bled number One»
Afin de donner aux journalistes et au public cinéphile, un avant-goût des J.C.C, «Bled number One», un court métrage algérien en compétition officielle a été projeté hier soir en avant-première au cinéma «Le Colisée». Il s’agit d’un film, visant à mettre en appétit les cinéphiles et les autres férus du septième art, en attendant le démarrage officiel prévu hier dans la soirée.

Près de 300 invités
Même si certains metteurs en scène et stars de cinéma, à l’instar de Boutheïna Kassar, Ornella Mutti, n’ont pas pu effectuer le déplacement à Tunis pour assister à l’ouverture des J.C.C., il faut dire qu’une pluie de stars était attendue hier. Parmi les figures de proue du monde du cinéma qui ont rehaussé l’aura de cette ouverture, on cite notamment, Khaled Abou Naga, Fafa Abou Saoud, Yosri Nasrallah, Issa Maïga, Abderrahmane Sissako entre autres. Au total, près de 300 invités entre metteurs, artistes et officiels ont répondus présents hier à la soirée d’ouverture des J.C.C.

O.W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com