Oshen : Féline d’un soir





Le «Rendez-vous de la chanson française» que nous propose pour la troisième année successive l’IFC a démarré jeudi soir à El Teatro. Avec une Oshen pétillante et qui a arrosé son premier concert tunisien avec un fil de délire heureux.

Avant même que ses complices (Djamel Taouacht à la batterie, Frank Lamiot à l’orgue, Stéphane Lopez, bassiste et Julien Tamisier au piano) ne montent sur scène pour l’accompagner une heure durant, mademoiselle a déjà investi l’espace de la petite salle d’El Teatro et saisi son public, en chantant et grattant sur sa guitare... et racontant de petites et personnelles histoires. C’était sa façon d’être familière et de toucher délicieusement ses fans, bien au cœur et tendrement.

Oshen n’a donc pas cherché midi à quatorze heures pour séduire des gens qu’elle voit pour la première fois. Elle s’est contentée d’être égale à elle-même. Si simple et si spontanée. Mais aussi bourré d’énergie et d’humour... décapant.

Comme prélude, elle n’a pas trouvé mieux qu’«Excuse-moi Jim» pour donner libre cours à ses mélodies et c’est ainsi qu’elle a pu (et vite fait) mettre dans sa poche petits et grands.

Amusée et amusante, séduite et séduisante, cette petite et grande à la fois qui a surfé sur (et entre) les divers registres et airs dans l’air du temps moderne. Et c’est entre l’électro, le pop en sourdine, le dub solaire, le hip-hop et autres accents de jazz, de groove qu’elle a mis du sien. C’est son genre à elle qu’elle maîtrise à volonté.

Egrenant les chants d’amour, de passion, de séparation comme on égrène un chapelet, Oshen a aussi quelque chose d’autre pour magnétiser son public. Tout en dialoguant avec lui, elle le surprend par ses petites cascades de faits divers socio-politiques. Ses textes «fêlés» et ponctués d’actualités sont d’un rare tonus qui tire sur l’amusement et le jubilatoire. Entre ses accents de Parisienne et Marseillaise à la fois, Oshen a donné de la voix et... du geste. Puisqu’elle ne manque pas de bagage dans le théâtre et c’est ainsi qu’elle a enveloppé son concert par des airs d’animation. Pas loin de ces airs de cabaret, et ne manquant pas d’ironie qui frise la drague. Surtout dans Capitaliste. Dans Une Noix aussi où elle a été un brin chagrinée avant de passer avec force à son Abécédaire amoureux. Dans Mon Chat, Oshen a fait le pitre et s’est joué la moue comme une... féline, craquante et à... croquer... Mademoiselle d’honneur à la chanson française contemporaine n’a pas oublié qu’elle est une engagée en évoquant les pépins du fric et de l’Afrique. Elle déborde d’amour et autour de toutes ses histoires de passion, elle a brodé son filon de mondialisation et vagabondé à son aise pour décoller dans l’air de Tu tiens comme un Fakir, et avec quelle force pour gratter le plus brûlant et baigner dedans...

C’était une heure de bonheur et le public avait vraiment du mal à la quitter. Cette petite élancée sitôt dans la vie artistique comme une fine paille... qui nous a bien conquis. Un petit coup de cœur... à la française bien dans sa peau et bien épanouie.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com