A l’occasion de la Journée nationale de l’arbre : Le Japon offre de la sève et de l’amour à La Tunisie !





Des maquettes et des avant-projets sommaires, le jardin japonais est sorti pour prendre des racines sur la splendide terre de Carthage affirmant la profondeur de l’amitié tuniso-japonaise. Et c’est à Montplaisir que le rêve s’est concrétisé avec chaque pétale, chaque feuille et chaque grain de sable.
Un avant goût du printemps !

Ceux qui ont vu, le dimanche, le jardin n’ont pas cru leurs yeux. On admirait cette verdure qui régnait sur l’atmosphère et qui donnait un autre charme à cette zone. Entre ces hautes bâtisses qui se levaient pénétrant le ciel bleu, cet espace vert a été planté rappelant l’homme à l’ordre; à cet ordre dicté par la nature. Une fraîche bouffée d’oxygène et une vraie cure pour les âmes et les esprits tourmentés par le quotidien. Pour plusieurs années, cette terre blanche a souffert de l’abandon et de l’oubli malgré son emplacement stratégique …Il a fallut une décision présidentielle, en 1997, pour qu’elle sorte de l’obscurité à la lumière et pour qu’on commence à réfléchir à donner à cette terre de l’âme, de la vie. Le jardin méditerranéen ; tel a été le titre de cette opération visant à multiplier les espaces verts au cœur de la capitale. «Tunisie, la Verte»ou «Tounes al Khadhra»— comme on répétait toujours avec une fierté sans bornes et dans la langue du Coran — n’a jamais été un slogan. Le samedi, presque avant vingt quatre heures de l’inauguration officielle, le jardin a été presque prêt pour annoncer son retour à la vie et ouvrir ces bras pour accueillir, généreusement et chaleureusement, ses hôtes. Les agents de la municipalité de Tunis continuaient, avec énergie et zèle, à gazonner le terrain et à ramasser ces quelques feuillages qui valsaient sur les «murmures» des petits vents d’automne. D’autres travailleurs s’activaient pour terminer la peinture du siége de ce jardin, sous les regards éblouis et étonnés des piétons. On voit et on revoit tous les détails, on examine et on propose pour que tous soient réglés comme des papiers à musique.

Des racines et des amours !
C’est au cœur de ce jardin méditerranéen que le jardin japonais a été réalisé et ce dans le cadredes accords de coopération entre La Tunisie et le Japon. Une marque d’amitié et une lettre d’amour ouverte entre les deux peuples. «Le jardin méditerranéen a vu le jour grâce à une décision présidentielle; un projet de taille, composé de deux tranches, et qui s’inscrit dans le cadre du programme national de la propreté et de l’esthétique des villes. Actuellement, nous sommes fiers d’achever les travaux de la première tranche et voilà le jardin japonais prêt pour affirmer les liens profonds entre La Tunisie et Le Japon surtout qu’on célèbre, cette année, le 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays», nous a expliqué M. Mongi Sassi, ingénieur général, chargé de la direction des parcs et des jardins de la ville de Tunis, qui a été sur le terrain pour superviser les retouches et donner les dernières instructions pour que tout soit prêt pour le jour «J». Sur 6000 mètres carrés, le jardin japonais s’est étalé, charmant l’ouïe, la vision… Bref, l’âme ! Et c’est à notre ingénieur d’intervenir pour expliquer quelques détails techniques de ce projet grandiose et de cette coopération tuniso-japonaise. «Plusieurs études ont été faites avant que ce projet prend sa forme définitive. D’ailleurs, deux experts japonais ont préparé l’avant-projet sommaire (APS) et ont examiné plusieurs détails avant que nous prenons les choses en main pour approfondir l’APS», souligne-t-il. Sur les reliefs de cette terre, le jardin a vu le jour rappelant en quelque sorte la beauté unique des jardins japonais. Une beauté basée sur la combinaison et la synthèse de plusieurs éléments. Des travaux tous azimuts ont été effectués pour créer les cascades, revêtir les allées, construire un pont, construire les boiseries, acquérir les mobiliers japonais…pour donner une touche nipponne à ce joli coin tunisien. «Les travaux ont commencé au début d’octobre, un vrai travail d’équipe avec des compétences tunisiennes. Il faut dire que le jardin a pris son actuel look dans presque 21 jours», s’anime notre interlocuteur en expliquant les différentes étapes de relookage qu’a subies ce jardin. Pour les Japonais, l’histoire prend une tournure plus romantique et plus lyrique. Et ce n’est pas étrange car les jardins sont un lieu de méditation et de quiétude comme le veulent les traditions et les croyances japonaises depuis la période Heian (794-1185). «Nous sommes vraiment émus de se retrouver dans ce joli jardin, symbole de notre amitié — a noté M. Mori Kazuchika —; nous avons choisi de contribuer à notre façon à la célébration du 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays», confirme notre interlocuteur qui préside l’Association d’échange de cerisiers, cet espèce d’arbre qui est le cœur battant du vécu japonais. Six cents arbres de divers espèces ont pris leur place dans cette terre tunisienne… leurs racines se sont pénétrées, bel et bien, dans le sol confirmant cet attachement collectif à une amitié qui continue à donner ses fruits. Avec les oliviers, les palmiers et d’autres espèces de chez nous, les plantations japonaises se sont enracinées. On peut distinguer autour des «barrières célestes»— selon le jargon japonais, des «kerrie japonica», «Styrax japon», «Ilex Crenata Kinne» et d’autres végétations qui nous rappellent la beauté des espaces verts au pays du Soleil Levant. Ce même bonheur a été partagé par M. Takashi Wakisaka, qui visite aussi La Tunisie pour la première fois. «Loin du pays, voilà le jardin qui nous fait oublier quelques tons de nostalgie», dit-il. Avec ces jolies images, les murmures de l’eau coulant des fontaines sur les pierres transportées de plusieurs régions de Tunisie, on quitté les lieux en attendant le printemps. Un temps propice pour contempler la beauté de ce jardin surtout avec la floraison des Sakura — les cerisiers — qui vont inonder le jardin par les pluies de pétales. Une image qui nous prend, dés maintenant, vers d’autres cieux !

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com