Mme Leïla Ben Ali propose la création d’un Observatoire de législations pour la femme arabe





Mme Leïla Ben Ali, épouse du Président de la République a adressé une allocution aux participantes à la première Conférence de l’Organisation de la femme arabe qui se tient du 13 au 15 novembre courant à Al-Manama (Royaume du Bahrein).

Al-Manama - TAP
Dans cette allocution, Mme Leïla Ben Ali a souligné que l’importance particulière accordée par l’ordre du jour de cette Conférence à l’évaluation des réalisations accomplies dans la mise en œuvre des recommandations des précédents forums intellectuels dont la Tunisie a eu l’honneur d’accueillir l’un d’entre eux qui a porté sur le thème «la femme et la politique», contribuera, sans nul doute, à l’utilisation judicieuse des résultats positifs de cette étape et à leur exploitation optimale dans la prospection de l’avenir.
Elle a indiqué que la Tunisie a toujours œuvré à la consécration de la place de la femme dans tous ses choix et programmes tant et si bien que les droits de la femme font partie, aujourd’hui, des valeurs nationales constantes de la Tunisie. En effet, a-t-elle ajouté, le Code du Statut Personnel a été élevé au niveau de la Constitution; les décisions et les législations se sont succédée, renforçant la cohésion et la stabilité de la famille, raffermissant les liens qui unissent ses membres, et confortant les capacités physiques, intellectuelles et professionnelles de la femme dans tous les domaines.
L’épouse du Chef de l’Etat a fait remarquer que ces acquis ont ouvert largement la voie devant la femme, dans les secteurs de l’éducation, de la formation et de l’enseignement, et lui a permis de se hisser aux fonctions les plus élevées et d’assurer de hautes responsabilités administratives, politiques et associatives. Ainsi, a-t-elle précisé, le taux de scolarisation, en Tunisie, pour la tranche d’âge 6 - 16 ans, atteint aujourd’hui 99%, à parité entre garçons et filles. Dans l’enseignement supérieur, la proportion des étudiantes est de 59% et celle des enseignantes de 40%. Par ailleurs, 22,7% des membres de la Chambre des députés sont des femmes. De même, le taux de présence des femmes dans les Conseils municipaux est de 27,6%. Quant au taux de participation de la femme à la vie économique, il est de 26,6%. Il est en outre calculé à 42% dans l’activité associative.
Mme Leïla Ben Ali a mis l’accent sur le souci de la Tunisie, qui préside actuellement le Conseil exécutif de l’Organisation de la femme arabe, de contribuer, à la faveur de sa riche expérience en la matière, et en coopération avec toutes les composantes du tissu associatif et de la société civile des pays arabes, à faire en sorte que la femme arabe soit constamment un élément utile et enrichissant, capable de confirmer sa compétence et de mettre en valeur ses capacités dans toutes les actions et tous les rôles qui lui sont confiés.
Elle a, dans ce contexte, préconisé la création d’un Observatoire des législations portant sur le statut de la femme, qui serait appelé à assurer, en permanence, le suivi de l’évolution des législations pertinentes dans les pays arabes et à mettre en évidence les acquis qu’elles favorisent au profit de la femme arabe.
Mme Leila Ben Ali a suggéré, en outre, dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine arabe artisanal authentique, l’organisation de concours périodiques à l’intention des artisanes qui se distinguent dans le domaine de l’artisanat arabe, et leur dotation de prix qui consacrent les expériences réussies des meilleures créatrices, en matière de préservation du patrimoine culturel arabe et de mise en valeur de ses particularités techniques et de sa valeur économique.
Elle a appelé, également, à l’intensification des opérations de coopération commerciale et d’investissement entre les femmes arabes opérant dans le domaine des finances et des affaires et à l’encouragement des initiatives et des échanges entre elles ainsi que l’instauration d’un Prix arabe qui serait décerné, annuellement à la meilleure entreprise féminine qui se distingue par son souci de réaliser la complémentarité économique entre les pays arabes.
Elle a préconisé, en outre, l’élaboration d’une étude sur «la femme arabe et les professions nouvelles», en vue d’établir un diagnostic de la réalité de l’intégration économique de la femme et de lever les obstacles qui empêchent la réalisation de taux d’intégration économique équivalents entre l’homme et la femme dans les pays arabes, en particulier dans les professions porteuses, les technologies modernes et les activités novatrices, tout en formulant des propositions pratiques concernant les mécanismes et les mesures d’accompagnement.
L’épouse du Président de la République a formé le souhait que la situation de la femme arabe résidente à l’étranger retienne l’attention de l’Organisation pour pouvoir approfondir le contact avec elle et, tout particulièrement, avec les nouvelles générations de familles émigrées, afin de prendre connaissance de leurs situations et de leurs préoccupations, de les aider à s’attacher à leur identité et de consolider leurs liens avec leurs racines culturelles et civilisationnelles.
Elle s’est félicitée de l’esprit de sérieux et de persévérance qui a marqué l’action entreprise par l’Organisation de la femme arabe, trois ans après sa fondation, en vue de la réalisation des projets programmés, enregistrant avec satisfaction la mise en application des plans et des résolutions relatifs aux études, aux recherches, à la formation et à l’apprentissage ainsi que de l’attribution du premier Prix décerné en matière d’information concernant la femme arabe.
Mme Ben Ali a fait remarquer que la réalité mondiale commande à l’Organisation d’unifier les positions vis-à-vis des problèmes internationaux majeurs et de jeter des ponts pour favoriser le contact avec les autres communautés féminines dans le monde, afin de conforter les valeurs de dialogue, de modération et de tolérance entre toutes les cultures, civilisations et religions de la planète, et de raffermir les fondements de la justice, de la concorde et de la coexistence entre tous les individus, toutes les communautés et tous les peuples.
Elle a , à cette occasion, salué, avec admiration et considération, la femme palestinienne qui oppose une vaillante résistance à l’occupation israélienne, appelant la conférence à rechercher une formule pratique et efficace d’intervention auprès des instances et des organisations mondiales agissantes, en vue de les sensibiliser à la gravité de la situation dramatique dont souffrent, aujourd'hui, la femme, l’enfance et la famille dans les Territoires palestiniens occupés, et de les convaincre de la nécessité impérative d’assurer une protection internationale au peuple palestinien frère.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com