Enseignement supérieur privé : Une réforme en gestation…





Le ministère de l’Enseignement supérieur s’efforce de donner un coup de pouce aux universités privées en décrétant la souplesse sur le plan législatif.

Tunis-Le Quotidien
Le nombre des établissements supérieurs privés augmente d’une année à l’autre. D’une seule université en 1999 on est passé à 21 établissements au début de l’année universitaire 2006-2007. Paradoxalement, cette augmentation cache une situation pour le moins peu envieuse. Excepté deux ou trois établissements qui tirent leur épingle du jeu grâce à l’affluence des étudiants étrangers, les autres battent encore de l’aile. «Le secteur n’arrive toujours pas à se débarrasser de la mauvaise image de marque qu’on colle à la peau de l’enseignement privé en général. Celui-ci est encore perçu comme une bouée de sauvetage pour les nuls. A cela s’ajoute le coût élevé des études, le manque d’équipements et les carences en matière d’encadrement», explique l’un des pionniers du secteur. Autant dire que les établissements universitaires privés ne disposent pas d’atouts pour concurrencer les universités publiques offrant généralement un enseignement de qualité, gratuit et répondant aux critères internationaux. Et c’est pour cette raison d’ailleurs que les autorités de tutelle se sont résolues à changer le fusil d’épaule. «Les professionnels bougent depuis quelques années dans tous les sens pour revoir et corriger le cadre législatif régissant le secteur», indique Mouldi Abbassi, directeur général de l’enseignement privé au ministère de l’Enseignement supérieur.

Révision
A fortiori, les revendications des professionnels des secteurs ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. En effet, l’intérêt se porte désormais sur la révision de la loi N° 73 promulguée le 25 juillet 2000 relative à l’enseignement supérieur privé. D’après des sources proches de la Chambre syndicale de l’enseignement privé relevant de l’UTICA, il sera procédé à la diversification des filières. Les universités privées pourraient dorénavant assurer des formations jusqu’ici considérées comme une «chasse gardée» du secteur public telles la médecine, la pharmacie, la biologie ou encore les études d’ingénierie.
Les universités privées offrent actuellement 190 spécialités contre près de 650 dans l’enseignement supérieur public.
D’autre part, des bourses et des prêts universitaires pourraient être octroyés aux étudiants inscrits dans les établissements privés.
La révision de la loi régissant le secteur devrait également ouvrir largement la porte à la concurrence. Elle devrait permettre l’installation des universités étrangères en Tunisie. Cette ouverture devrait bénéficier aux universités tunisiennes qui gagneraient en qualité en se frottant aux établissements étrangers.
A noter que les investisseurs bénéficiaient depuis juillet 2000 de plusieurs privilèges. Outre l’octroi d’une subvention dont le montant ne dépasse pas 25% du coût du projet, l’Etat prend en charge 25% des salaires des enseignants permanents et la contribution des patrons en matière de cotisations sociales.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com