Eventuel départ de la coalition de l’Irak : Israël… face au syndrome du Vietnam





La perspective, même lointaine, d'un retrait américain d'Irak inquiète à ce point le gouvernement israélien, que le Premier ministre, Ehud Olmert, a pris parti dans le débat entre républicains et démocrates sur cette question. Au risque de froisser la nouvelle majorité démocrate au Congrès, Olmert a rendu un hommage appuyé à la politique de l'Administration Bush en Irak.

Le Quotidien-Agences
«Nous suivons la politique américaine en Irak depuis longtemps et nous sommes très impressionnés et encouragés par la stabilité que la grande opération américaine en Irak a apportée au Moyen-Orient», a déclaré Ehoud Olmert lors de sa visite à la Maison-Blanche. Le quotidien Haaretz affirme que les propos du premier ministre ont provoqué la «fureur» des démocrates et déplore qu'en s'exprimant publiquement sur cette question, Olmert se soit «placé en opposition vis-à-vis des nouveaux dirigeants démocrates au Congrès, qui ont gagné les élections la semaine dernière en raison de leur opposition à la guerre en Irak».
Pour les analystes israéliens, les déclarations d'Ehud Olmert sont un appel au secours déguisé en compliment, traduisant l'appréhension israélienne vis-à-vis de tout changement de la politique américaine au Moyen-Orient. «Nous sommes très inquiets, confirme un responsable israélien cité par le Haaretz. Le retrait américain d'Irak aura un impact extrêmement négatif pour Israël.»

Guerre civile
Les experts israéliens du Moyen-Orient jugent que la disparition de la présence militaire américaine en Irak pourrait faire peser une menace directe sur l'État hébreu. «Si l'Irak sombre dans la guerre civile, ce sera un camouflet pour la politique américaine d'intervention militaire, juge Cameron Brown, directeur adjoint pour les affaires internationales au centre interdisciplinaire d'Herzliya. Cela provoquera un nouveau syndrome du Vietnam et les Etats-Unis pourraient hésiter à intervenir militairement à l'avenir.» Israël redoute que cela n'affecte la crédibilité des Etats-Unis vis-à-vis de la menace nucléaire iranienne, plaçant ainsi Israël en première ligne.
Mark Heller, directeur à l'Institut de recherche pour les études sur la sécurité nationale, estime que l'instabilité résultant d'un retrait américain rendrait l'Irak plus vulnérable à l'influence iranienne. «L'influence de l'Iran en Irak aura un effet de débordement au Liban et en Syrie, ajoute-t-il. En plus, les radicaux sunnites d'Irak pourraient s'infiltrer en Jordanie.» Cela aurait pour résultat de «rediriger les efforts des terroristes actuellement concentrés sur les forces américaines en Irak, contre Israël», affirme Heller.
Israël redoute aussi que les États-Unis ouvrent de nouvelles discussions avec l'Iran et la Syrie, pour contribuer à restaurer la stabilité chez leur voisin irakien. La disparition de «l'axe du Mal» pourrait placer Israël dans une position inconfortable dans les dossiers libanais, syrien et palestinien. Car une véritable stabilisation de la région passe par un règlement de ces questions, dont le conflit en Irak avait détourné l'attention.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com