Débat Sésame ouvre-toi!





La subvention fait office de «fabuleux butin d’Ali Baba», sans lequel le cinéma serait un domaine en voie de disparition. Hassen Daldoul, producteur tunisien de renom, était appelé à soulever la question. C’était avant-hier à la M.C. Ibn Khaldoun.
«Les producteurs tunisiens en matière de cinéma deviennent une race en voie de disparition», avance Hédi Khelil, critique de cinéma lors du débat.
Hassen Daldoul est de ceux-là. Sauf que lui, il appartient «à une génération descendante», ayant laissé derrière elle toute une histoire semée de succès, il faut dire, mérités.
Citons à titre indicatif : «Les Ambassadeurs» ou «Sabots en or» ou encore «Poupées d’argile» qui ont été produits par Hassen Daldoul.
Il a été aussi derrière «Fonds du Sud» qui finance nombreuses productions cinématographiques nationales. Hassen Daldoul a tenu des propos «amers» pour parler du cinéma en Tunisie.
Car jusqu’ici, il n’a pas encore vu se créer un Centre national du cinéma, organisme censé collaborer avec les gens du métier pour répondre aux besoins du secteur. «Tous les pays qui se développent économiquement ont besoin d’être soutenus par l’expression filmique», dit-il.
Dans la foulée, Hassen Daldoul a évoqué l’importance du cinéma pour l’archivage de l’image, pour vendre ses pensées culturelles.
Il passe aussi en revue bien d’autres lacunes à combler comme l’exemple des productions TV qui selon lui, deviennent de plus en plus médiocres.
A une question que «Le Quotidien» lui a posée, Hassen Daldoul, a répondu «On vit toujours dans l’illusion de se cacher derrière une certaine moralité dans nos films, car il y a un producteur occidental, derrière ces œuvres!
Eh bien, c’est moi le producteur français de «Halfaouine» et de «Sabots en or», etc. Personne n’a voulu imposer son point de vue sur mes productions. Soit on les accepte, soit on ne les accepte pas», confie-t-il. Hassen Daldoul appelle par ailleurs les spécialistes du domaine à réfléchir sur l’avenir du secteur. Car, «on est en train de vivre une mutation terrifiante, une époque de basculement entre l’argentique et le numérique», une question qui mérite d’être méditée.
Dans ce sens, Hassen Daldoul a encore beaucoup de choses à dire. Ce serait peut-être dans une production cinématographique autobiographique, qu’il signerait. C’est du moins son ultime souhait.

Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com