Les jeunes et les examens : Ils piquent un sprint… la veille !





Les élèves passent les devoirs de contrôle depuis quelques semaines. Après une petite trêve de trois semaines, ils passeront les examens de synthèse. Certains ne pensent qu’à réussir leurs examens. D’autres se contentent de jeter un coup d’œil sur leurs cours la veille du devoir. Et entre les uns et les autres, nombre de jeunes comptent sur des moyens détournés pour réussir. Que représentent justement les examens pour les jeunes ? Comment procèdent-ils ?

Tunis-Le Quotidien
Les examens et les devoirs sont une forme d’évaluation qui fait partie du «métier» de l’élève. Il doit savoir qu’en classe, il est redevable d’être attentif, d’essayer de comprendre, de participer et de répondre aux questions. De même, un élève doit savoir que son travail va être régulièrement jugé et évalué. A priori ces examens permettront à un élève de faire ses preuves, de refléter son niveau réel et de refléter ce qu’il a appris. Les notes ou les appréciations données par les enseignants doivent fournir à l’élève des repères pour qu’il se situe et pour qu’il évalue ses progrès ou ses difficultés. Un élève autonome, sérieux et assidu, est un élève qui sait gérer ses apprentissages et, en particulier, qui sait s’auto-évaluer pour rattraper ses lacunes. C’est grâce aux examens, aux certificats de réussites et aux diplômes obtenus qu’un élève accède à un cycle d’études supérieures et plus tard à une qualification professionnelle. Conscients de l’importance des études, certains élèves, passent leur vie scolaire en avant de la scène. D’autres en revanche, sont partisans du moindre effort. Ils ne peuvent pas limiter leur vie uniquement aux études. Et entre les uns et les autres, nombre d’élèves ne prêtent aucune attention à leurs études. Ils font l’école buissonnière et s’adonnent à des moyens détournés pour passer leurs examens. Quelle place les études occupent-elles dans la vie des jeunes ? Et comment se préparent-ils, justement, aux examens ?
Fayrouze, 19 ans candidate au bac, refait l’année. L’année dernière la jeune fille a échoué à l’examen du bac parce qu’elle n’a pas été à jour. A priori, elle est redevable de faire preuve de plus de sérieux. Mais elle reconnaît être incapable de réviser au jour le jour. «Je pense avoir échoué pour deux raison : d’abord je n’étais pas tout le temps concentrée en classe. Or, lorsqu’on est attentif à ce que disent les professeurs, la révision se montre beaucoup plus facile dans la mesure où on a déjà bien assimilé les cours. En plus, je n’étais pas à jour. Je ne révisais que la veille de l’examen en question. Malheureusement, je me suis habituée à ne pas préparer un examen à l’avance. J’essaye, mais je n’y arrive pas ! Tant que je ne suis pas pressée par le temps je fais preuve de paresse. C’est à blâmer, je le sais pertinemment bien, mais je n’arrive pas à être à jour. En revanche, je suis beaucoup plus concentrée en classe. Cela me permet d’acquérir une certaine longueur d’avance et il suffit que je jette un coup d’œil sur le cours pour que je mémorise les leçons. Cependant, je sais que ce n’est pas suffisant pour quelqu’un qui passe le bac d’autant plus que je refais l’année et que je n’ai pas droit à un deuxième échec. Il m’arrive d’être bousculée par le temps et je n’arrive donc pas à me préparer comme il se doit. En tout cas, j’ai encore trois semaines avant la semaine bloquée et j’espère pouvoir réviser convenablement et à temps », dit-elle.
Myriam, 19 ans également candidate au bac, accorde une grande partie de son temps et de son énergie à ses études. Elle met les bouchées doubles durant la période des examens. Toutefois, la jeune fille n’arrive pas à combattre le stress qui la gagne à chaque période de révision. «Il suffit que les examens approchent pour que je devienne une boule de nerfs. Ma famille, mes amis, mes professeurs et mon médecin m’ont toujours prescrit de ne pas être sous tension et me disent que le stress peut me pousser à commettre des erreurs, mais j’ai beau essayer de contrôler mes nerfs, je n’y arrive pas. Je sais que cela influe négativement sur moi et sur mon rendement, mais mon tempérament nerveux me gagne et je fini souvent pas rater certains devoirs. J’ai la phobie de la feuille blanche et des trous de mémoire et cela me déconcerte au point de perdre confiance en moi. Je suis assidue, je suis concentrée en classe et je prépare mes examens bien à l’avance, je n’ai jamais utilisé de fausses copies et je n’ai pratiquement jamais triché; mais mon seul problème ce sont mes nerfs qui lâchent très vite», dit-elle.
Mohamed Aziz, candidat au bac de 18 ans, est à jour cette année contrairement à ses habitudes. Le jeune homme pense qu’il doit donner le meilleur de lui puisqu’il s’apprête à passer le bac. «Franchement, je n’ai jamais vraiment pris au sérieux mes études. Durant toute ma scolarité, je me contentais de préparer les examens juste quelques jours avant le jour “j“. Certes, s’agissant de matières de base, je fais plus d’efforts et je fais en sorte d’être totalement concentré en classe. Et les choses se passent plutôt bien surtout qu’il m’arrive de tricher pour les devoirs de matières secondaires. Mais cette année, je ne peux plus me permettre le même rythme de travail. Il s’agit d’une année décisive et c’est tout mon avenir qui est en jeu. Actuellement, je suis à jour, je ne passe plus mon temps à ne rien faire et je profite de mes après-midi libres pour réviser avec les amis. N’empêche, je continue de négliger les matières secondaires et j’essaye aussi de mener ma vie normalement pour ne pas être gagné par le stress. L’année n’est qu’à son début, je révise certes, mais je ne force pas trop les choses », dit-il.
Malek, 19 ans, également candidat au bac, pense que le bac n’est qu’un examen comme les autres et que s’il prend les choses de manière cool, il aura plus de chances d’être à point le jour «j». «Je n’ai jamais préparé un examen bien à l’avance. Je compte toujours sur le sprint final pour réussir et, je touche du bois, cela a toujours marché. Lorsque je révise à l’avance, j’oublie vite. Or, quand je jette un coup d’œil sur les cours la veille de l’examen, cela me permet de retenir mieux les leçons. Cela dit, je ne reste pas les bras croisés tout au long de l’année, je suis à jour concernant les matières de base et je me concentre en classe. L’attention aux explications des professeurs est la moitié du travail. Cela me permet de comprendre la leçon et la révision s’avère dès lors beaucoup plus facile ensuite. Toutefois, je compte sur les fausses copies et sur la triche pour les matières d’option. La majorité de ces matières nécessitent un effort et il faut que j’apprenne par cœur certaines choses. Je préfère réserver cet effort pour les matières de base», dit-il.

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com