Bush retrouve l’Asie-Pacifique : L’économie en première ligne





George W. Bush a été accueilli avec faste par les dirigeants vietnamiens hier avant de participer au sommet Asie-Pacifique, son premier grand rendez-vous international depuis la défaite de son camp aux élections législatives américaines du 7 novembre.

Le Quotidien-Agences
Il s'agit de la première visite de Bush au Vietnam, plus de 30 ans après la fin de la guerre dans ce pays, symbole d'un bourbier militaire et politique pour les Etats-Unis, alors que l'opinion américaine vient d'infliger un cinglant désaveu à la stratégie de la Maison-Blanche en Irak.
Le président, dont la tournée à l'étranger avait commencé à Moscou, doit participer au sommet annuel du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec, 21 membres), aujourd’hui et demain à Hanoï. "L'Amérique restera engagée en Asie parce que nos intérêts dépendent de l'expansion de la liberté et des opportunités dans la région", avait-il dit dans un discours prononcé à l'Université de Singapour, seconde étape de son voyage.
La relance des négociations du cycle de Doha sur l'abaissement des barrières douanières au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est l'une des grandes préoccupations du sommet de Hanoï où sont attendus les présidents russe Vladimir Poutine, chinois Hu Jintao et le Premier ministre japonais Shinzo Abe.
Mais Bush devrait évoquer aussi l'idée d'une vaste zone de libre-échange dans la région Asie-Pacifique, présentée par certains pays membres comme une alternative possible aux discussions entamées en 2001 dans la capitale du Qatar.
"Le président est tout à fait conscient que (...) nous commerçons plus avec les pays de la façade Pacifique qu'avec l'Europe. Et il est vital pour nous de maintenir une présence économique et stratégique dans la région", a indiqué Tony Snow, porte-parole de la Maison-Blanche.
Aujourg'hui et demain, outre plusieurs entretiens bilatéraux, Bush discutera aussi du programme nucléaire de la Corée du Nord. Washington souhaite reprendre en décembre les négociations à six (avec Russie, Chine, Japon et les deux Corées), pourvu qu'elles soient suffisament préparées pour être productives.
"Nous voulons vraiment commencer en décembre mais nous sommes aussi conscients du besoin d'enregistrer des progrès", a indiqué hier Christopher Hill, négociateur en chef américain sur le dossier nord-coréen, lui aussi présent dans la capitale vietnamienne.

Le fantôme de l'Irak
La visite à Hanoï du président George W. Bush, à un moment où l'armée américaine semble empêtrée dans le bourbier irakien, suscite des comparaisons inévitables avec le guerre du Vietnam, symbole il y a plus de 30 ans d'une débâcle historique pour les Etats-Unis.
Les pertes essuyées chaque jour par les troupes américaines en Irak ont coûté à l'administration Bush sa défaite électorale du 7 novembre pour le renouvellement du Congrès et résonnent comme un écho au moment où il entame son premier voyage dans le pays de Ho Chi Minh.
Interrogé à Hanoï à la veille du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec, 21 membres) sur les leçons éventuelles à retenir de la guerre du Vietnam, le président américain a répondu: "une leçon est que nous avons tendance à vouloir un succès immédiat dans le monde et la tâche en Irak prendra du temps".
"Nous réussirons sauf si nous partons", a-t-il indiqué après un déjeuner avec le Premier ministre australien John Howard, dont le pays a également engagé des troupes en Irak.
"Cela prendra du temps pour que l'idéologie de l'espoir, qui est l'idéologie de la liberté, prenne le dessus sur l'idéologie de la haine", a-t-il insisté.
Trois semaines avant les élections parlementaires du 7 novembre, le président Bush avait fait une analogie entre les attaques actuelles en Irak et l'offensive du Têt, lancée en 1968 par les forces nord-vietnamiennes.
Depuis, la Maison-Blanche est sur la défensive sur le sujet. "Les parallèles historiques de ce genre ne sont pas très utiles et je ne trouve pas qu'ils soient pertinents", avait estimé jeudi la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice.
Côté vietnamien, c'est le silence radio.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com