Compétition officielle «Awquat faragh» : Une jeunesse en quête de repères





L’histoire de Amr, Hazem, Ahmed et Tarek est celle d’un bon nombre des jeunes arabes en quête de repères. Pur jus d’une société de consommation, ce quatuor a pu traduire cette sensation de perdition collective. Une œuvre bien applaudie par le public de la salle «Le Colisée».

Ason premier long métrage, Mohamed Mustapha Kamel a opté pour l’écoute de la nouvelle génération ; une génération qui se recherche dans le labyrinthe du quotidien et dans les filets d’une société matérialiste. Avec vingt sept courts métrages et dix sept ans d’expérience en tant que réalisateur assistant de Daoud Abdel-Sayed, khairi Bechara, Atef Taîb et Oussama Faouzi, ce réalisateur égyptien semble prêt pour lancer sa première fiction.
«Awquat faragh» ou «Loisirs», une fiction qui s’inspire du quotidien de la jeunesse égyptienne ou plutôt de la jeunesse arabe. Amr, Hazem, Ahmed et Tarek ne sont qu’un échantillon ; ces jeunes ont peut les croiser au Maroc, au Liban, en Tunisie comme en Egypte…Les temps ont changé et les mœurs aussi. Ils vivent sans repères, désespérés ! Pour l’avenir, ils sont incertains. Entre rêves et illusions, ils oscillent entre des amourettes, des CD pornographiques, la consommation de la drogue et l’alcoolisme et un besoin interne de retrouver le bon et le droit chemin et l’équilibre perdu. Dans la religion, la société, l’entourage…ils se recherchent. Mais à chaque fois qu’ils se retrouvent, ils se perdent de nouveau. Une souffrance qui les identifie à Sisyphe mais des «Sisyphe» des temps modernes.
Ahmed Hatem, Randa Behiri, Karim Kacem, Amr Abed, Safa Tajeleddine et Ahmed Haddad ont réussi à traduire cette déchirure et cette inquiétude qui ponctuent leur vécu. Dans ce film, le cinéma égyptien a coupé avec ces séquences osées et ces débats qui se déroulent dans les chambres à coucher. Tant mieux ! Mohamed Mustapha Kamel a misé dans «Loisirs» sur une nouvelle génération de comédiens. On est presque loin de ces comédiens beaux et bien rasés à l’image de Rochdi Abadha, Omar Chérif ou Hessine Fahmi et de ces comédiennes belles et douces comme Najla Fathi, Leila Faouzi ou Nabila Abid. Le réalisateur présente des jeunes qu’on peut les rencontrer tous les jours. Avec une vision fraîche, il esquisse les problèmes de toute une génération même si ce problème a fait l’objet des dernières productions cinématographiques égyptiennes surtout celles de la nouvelle vague des cinéastes jeunes.

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com