Compétition officielle «Tendresse du loup» : Le prix du désenchantement





«Tendresse du loup» est un long métrage tunisien. Le film nous offre un clin d’œil rétrospectif sur une bande de jeunes d’un quartier populaire de Tunis.

L’histoire relatée dans ce film se déroule à Bab Jedid, en plein milieu de la nuit. Une bande de jeunes de ce quartier, livrée à elle-même, n’a eu d’autres solutions que de se livrer à des actes illicites. Ainsi, chaque nuit, ces jeunes se réunissent pour organiser une beuverie. Lors de l’une de ses nuits bien arrosées, cette bande fut rejointe par Stoufa, un jeune homme, révolté contre ses parents et qui a tenté de convaincre ses copains pour les ramener à la sagesse. N’ayant pas pu accomplir sa mission, «Stoufa» s’intègre au groupe et s’associe aux sales boulots. C’est dans l’une des mauvaises sorties de cette bande que ce jeune homme rencontre une jeune prostituée, habitant dans le même quartier. Ses autres copains de la bande violent la fille.
Cette dernière, n’ayant aucune issue, demande le secours d’une autre bande. Mais une nouvelle fois, c’est Stoufa qui paye les frais. Il a été frappé, ligoté et dépossédé de ses habits. Transporté d’urgence à l’hôpital, un agent municipal et un «fellah», Stoufa s’évade des services d’urgence et rejoint ses copains. Cette fois-ci, avec l’un d’entre eux, ils prennent le chemin du cabaret. Ils retrouvent la prostituée. Stoufa la recherche toute la nuit, l’emmène avec lui. Mais la fille s’est avérée insaisissable. Elle piège le pauvre jeune homme qui finit par avouer ses forfaits et propose à la fille un mariage.

Le cliché de l’ambiance
«Tendresse du loup», braque pleins feux sur une situation percutante qui prévaut dans certains des quartiers populaires de la capitale. Le film restitue le cliché de l’ambiance nocturne dans les coins de ces quartiers où de certains jeunes livrés au chômage, se réfugient d’ans l’alcoolisme et le tapage nocturne. Du format 35 mm - couleur et d’une durée de 85 minutes, «Tendresse du loup», nous fait promener dans les coins et les recoins des quartiers populaires où la peur domine et où on sent l’agressivité chez les jeunes veilleurs de nuit. Le rêve est dominant dans ce film. Car Stoufa rêvait de se marier et d’aller en voyage de noces au Cap Vert. Les acteurs, au nombre de cinq, ont interprété avec bonheur leur rôle. D’ailleurs, c’est Anissa Daoud qui a interprété le rôle de la prostituée. Un rôle très osé, mais qui ne peut être réduit qu’à sa vocation cinématographique, sans plus. Et pour cadrer ce rôle avec l’ambiance du film, le réalisateur a eu recours à la musique de Cesaria Evora, un morceau qui chante aussi le rêve. Mais finalement, ni le rêve de Stoufa, ni celui de la jeune prostituée ne se sont réalisés. Puisque «Stoufa» comme les autres hommes promet et ne réalise pas, tandis que la prostituée n’a plus confiance, aux hommes dont bon nombre l’ont aimée et lui ont promis le mariage, mais l’ont finalement trahie. L’histoire de Stoufa et de la jeune prostituée se correspond à celle de ces nombreux jeunes garçons qui promettent, qui trompent et qui finissent par trahir. Et c’est devenu d’ailleurs, un scénario au quotidien. Pour faire décrypter ce message, Jilani Saâdi a eu recours à la bande des jeunes pour constituer le scénario.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com