«Daratt» : L’apprentissage de la tolérance autrement





«Daratt», un film de cinéaste tchadien Mahamet Saleh Haroun, en compétition officielle, a été projeté mercredi au cinéma «Le Colisée». Un voyage au cœur d’une autre forme d’apprentissage de la tolérance.
En Afrique, un adage dit que «Le meurtrier ne doit pas se sentir sauvé, si la victime dispose d’un enfant ou d’un frère». Si, en effet, cet adage se confirme dans de nombreuses situations sur le Continent Noir, il semble ne pas être la devise du héros de ce film, en l’occurrence «Atim», jeune garçon de 16 ans. L’histoire se passe au Tchad, durant la période des guerres civiles qu’a connues ce pays. Lors de ces guerres, il y a eu des criminels qui ont commis des crimes, mais qui, après ces conflits, ont bénéficié d’une amnistie générale. Parmi ces anciens criminels de guerre, on trouve un ancien militaire qui avait tué le père d’«Atim» et qui s’est transformé en boulanger.
Encouragé par son grand père pour aller se venger de celui qui a tué son père, ce dernier lui remit une arme, Atim se rend ensuite à Ndjaména, il retrouve l’assassin de son père et travaille chez lui comme boulanger. Ce dernier, lui apprend le métier le boulanger et l’entoure ainsi de toute sa sollicitude, mais Atim déteste, cet ancien militaire. Ce dernier, pour le dissuader de rester chez lui, lui propose qu’il soit son fils adoptif. Mais Atim décide de quitter l’ancien criminel pour se rendre à sa région natale. Le criminel décide de le suivre, une fois les deux personnes arrivées sur place, le grand-père d’Atim ordonne à son petit-fils d’exécuter l’ancien tueur. Aveugle qu’il est, le grand-père ordonne à Atim de l’achever, mais Atim tire dans l’air et tolère cet assassin de son père. C’est sur cette séquence que finit le film.
Du format 35 mm, «Daratt», d’une durée de 95 minutes, braque pleins feux sur le long parcours qui mène à la tolérance. D’autre part, le film soulève un certain nombre d’interrogations. Comment peut-on tolérer ? La tolérance est-elle facile ! A quel degré peut-on faire taire les rancunes ? A toutes ces questions tente de répondre ce long-métrage. Le décor du film est aussi très expressif. Un village ravagé, une capitale à moitié ruinée, des armes qui circulent, le tout a été coloré et exprimé dans un langage cinématographique très clair et même bardé de situations percutantes. Il s’agit, en fait, pour le réalisateur de mettre en place une méthode diplomatique qui allie la paix à la vérité et la réconciliation à la tolérance. Telle doit être la devise de tout pays qui sort d’ailleurs de la guerre.

Ousmane WAGUE




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com