Sous le zoom des réalisateurs et des lauréats





La 21ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage (J.C.C.) a été clôturée, samedi dernier, avec la remise du Tanit d’or au réalisateur tunisien Nouri Bouzid pour son film : «Making off» et du tanit d’argent au Tchadien Mohamed Salah Haroun, pour son long métrage «Daratt».

Dossier réalisé par Ousmane WAGU?

Cette cérémonie de clôture haute en couleur, était riche en émotions. Les jurys de cette compétition, outre la proclamation des résultats, étaient présents, au grand complet, comme lors de la cérémonie de l’ouverture. Dirigé par l’écrivain et critique libanais Elias Khoury, le jury de la section cinéma a formulé un certain nombre de recommandations parmi lesquelles, il préconisait la liberté d’accès des cinéphiles aux salles de cinéma, tout en déplorant les censures dont fait l’objet le cinéma du sud. Le jury a également souhaité voir les JCC se doter d’une structure indépendante et libre qui bénéficiera du soutien de l’Etat. Après ces recommandations, la cérémonie, riche en émotions, a vu le jury inviter sur scène de la salle de cinéma «Le Colisée», certaines personnalités invitées à l’occasion, pour la remise des prix. Parmi ces personnalités, on cite notamment M. Mohamed El Aziz Ben Achour, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine qui a remis le tanit d’or à Nouri Bouzid, mais aussi d’autres personnalités comme Henriette Duparc, Nacir Chamma, l’ambassadeur de Palestine à Tunis, entre autres.
Au total, 18 consécrations, ont été remises aux lauréats des différentes compétitions, à savoir les sections : longs métrages et courts métrages, mais également à celles de la compétition vidéo long et court métrage. Des acteurs qui se sont distingués dans leurs rôles dans les films en compétition ainsi que les meilleurs projets ont été aussi récompensés, au cours de cette cérémonie.
Mais au-delà de cette ambiance festive des questions s’imposent : «Que peut-on retenir de cette édition ? Comment les consécrations ont-elles été accueillies par les cinéastes et les réalisateurs ? Quelle est la portée symbolique des consécrations pour les Tanit ? Des invités d’honneurs et des lauréats témoignent.

Henriette Duparc (Côte d’Ivoire)
«Cette édition des JCC a été très dense et très variée. De nombreux films de qualité, ont été présentés en compétition officielle. L’une des notes positives, c’est qu’il y a eu aussi de nombreux cinéphiles qui ont pris part à ce festival cinématographique. Outre les longs et courts métrages tunisiens qui sont d’une qualité indéniable, d’autres films, comme celui de «L’ombre de Liberty», m’ont séduits. Même si ce dernier film, n’est pas consacré, il reste une œuvre de très haute facture».

Souad Housseïn (Djibouti)
«Je considère ces JCC comme une session réussie aussi bien en matière de programmation qu’au niveau des activités parallèles. L’atelier des projets a été riche. On y a trouvé des projets cinématographiques de haute valeur artistique. Côté longs métrages, on s’attendait au sacre de «Making off» de Nouri Bouzid. C’est un film qui a soulevé beaucoup de polémiques, tant au niveau de son scénario que celui du sujet traité. L’Afrique a été présente par une belle brochette de films, dont «Bamako», «Daratt», «L’ombre de Liberty» entre autres».

Thouraya Alaoui
(Maroc)
«Outre ma consécration qui a pour moi une portée symbolique et qui représente une fierté pour moi-même et pour le cinéma marocain, je trouve ces JCC très riches en films. Le choix technique des films été bien étudié, tant au niveau des scénarios que de l’image. Mais avouons-le, le choix des acteurs, comme des films est, et a toujours été, difficile».

Cheikh Fantamady Kamara (Guinée)
«Ma consécration est un grand bonheur pour moi et pour le cinéma guinéen. Je trouve aussi le palmarès très juste. Il faut, à mon avis, respecter la décision du jury qui a eu à travailler de façon honnête et indépendante».

Nouri Bouzid (Tunisie)
«Je suis dopé par cette nouvelle consécration. C’est à la fois un succès pour moi et pour les cinéastes tunisiens dans l’ensemble. Quand mon film a été sélectionné pour les JCC, j’avais eu au départ de la peine à offrir des copies. D’autre part, quand il a été projeté, j’ai eu aussi du mal à fermer les yeux. Car durant deux jours, le film a soulevé une énorme polémique... La consécration est, d’abord pour moi, une énorme surprise, vingt ans après ma première consécration.
Pour moi, c’est maintenant que je commence ma carrière. Car ce film inaugure un nouveau tournant dans ma carrière, avec la production de films d’un genre nouveau. Il s’agit pour moi d’un cinéma qui va vers les préoccupations du quotidien».

Férid Boughdir (Tunisie)
«La grande satisfaction de ces JCC, c’est qu’on a enregistré un record absolu d’affluence. Même lors de la projection des films des contrées lointaines, nos salles ont enregistré une affluence massive des cinéphiles. Mais ce qui m’inquiète, c’est qu’en dehors des JCC, les salles de cinéma sont malheureusement désertées. D’autre part, l’une des défaillances de cette édition, c’est que la qualité technique n’a pas été au rendrez-vous dans certaines salles. Il y a eu des problèmes de son, lors de la projection de certains films. D’autre part, l’absence d’un siège permanent et des salles entièrement dédiées aux JCC est à déplorer. Maintenant, nous fondons notre espoir sur le projet de construction de la cité de culture qui, nous pensons, peut servir de siège pour les JCC».

Palmarès


Longs métrages


Tanit d’or
Making of, de Nouri Bouzid (Tunisie)

Tanit d’argent
Daratt, de Mohamed Salah Haroun (Tchad)

Tanit de bronze
Attente, de Rashid Masharaoui

Prix spécial du jury
Bamako, de Abderrahmane Sissako (Mauritanie)

Prix de la meilleure actrice
Mlle Thouraya Alaoui, pour son rôle dans Tarfaya, de Daoud Aoulad Syad (Maroc)

Prix du meilleur acteur
Lotfi Abdelli, pour son rôle dans Making of, de Nouri Bouzid (Tunisie)

Prix second rôle féminin
Fatma Ben Saïdane, pour son rôle dans Making of

Meilleur second rôle masculin
Béchir El Majidi, pour son rôle dans Ahlam de Mohamed Darraji (Irak)

Mention spéciale
Tendresse du loup, de Jilani Saâdi (Tunisie)

Courts métrages

Tanit d’or
Reste tranquille, de Sameh Zoabi (Palestine)

Tanit d’argent
La pelote de laine, de Fatma Zohra Zamoun (Algérie)

Tanit de bronze
Aujourd’hui 30 novembre, de Mahmoud Souleiman (Egypte)

Mention spéciale du jury
Be Kumko, de Cheïk Fantamady Camara (Guinée)

Compétition vidéo

Prix de la meilleure œuvre du LM
Depuis que tu n’es plus là, de Mohamed Bakri (Palestine)

Prix spécial du jury
Ces filles-là, de Tahani Rashed (Egypte)

Mention spéciale du jury
Margaret Garner, de Mustapha Hasnaoui (Tunisie)

Prix de la meilleure œuvre du court métrage
Deweneti, de Diana Gaye (Sénégal)

Prix spécial du jury
Sacrées bouteilles, de Fitouri Belhiba (Tunisie)




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com