Kofi Annan : Les Etats-Unis «pris au piège» en Irak





Le Quotidien-Agences
Les Etats-Unis sont "pris au piège" en Irak, où leurs troupes ne peuvent ni rester ni partir, a déclaré hier à Genève le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, appelant Washington à choisir le moment idéal pour quitter le pays.
"La question de la présence militaire est difficile. D'une certaine façon, les Etats-Unis sont pris au piège en Irak, du fait qu'ils ne peuvent rester mais ne peuvent partir non plus", a estimé le patron des Nations unies, lors d'une conférence de presse.
Annan a fait valoir que les Etats-Unis devraient trouver la date "optimale" pour le départ de leurs troupes afin de s'assurer que la situation du pays n'empire pas après ce retrait.
Le départ de l'armée américaine "ne doit pas entraîner une nouvelle détérioration", a-t-il plaidé.
Le patron de l'ONU a incité les Américains à faire en sorte que "lorsqu'ils se retirent, les Irakiens soient eux-mêmes en mesure d'instaurer une situation qui assurerait un environnement raisonnablement sûr".
La question du retrait des Etats-Unis a refait surface avec la victoire de l'opposition démocrate lors des élections législatives américaines de début novembre.
Parallèlement, l'armée américaine se tiendrait prête à envoyer 30.000 soldats supplémentaires de façon temporaire, tout en renforçant la formation des soldats irakiens.
Interrogé sur le rôle de la Syrie et de l'Iran, Annan a souligné que "les pays voisins peuvent jouer un rôle positif ou négatif" en Irak. "La paix en Irak est dans l'intérêt de tous les pays de la région", a-t-il dit. "La question n'est pas de savoir si cela favorise les Etats-Unis ou la force multinationale mais si cela favorise un réglement du conflit".
Annan a estimé qu'une mesure à prendre au plus vite consistait à modifier la Constitution afin d'assurer un partage équitable du pouvoir et des recettes fiscales entre les différentes communautés, afin de calmer les inquiétudes des sunnites.
Les députés irakiens ont voté à l'unanimité en septembre dernier en faveur d'une modification de la Constitution.
Interrogé sur son plus grand regret durant ses 10 années de mandat à la tête de l'ONU, Annan, qui quittera ses fonctions à la fin de l'année, a mentionné l'Irak et le fait que "les discussions au Conseil (de sécurité) n'aient pas pu empêcher la guerre".
"Je crois fermement que la guerre aurait pu être évitée et que les inspecteurs (de l'ONU) auraient dû avoir un peu plus de temps", a rappelé Annan, qui avait à l'époque suscité la colère des Etats-Unis en jugeant "illégale" leur intervention en Irak.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com