Les liens diplomatiques Syrie-Iran-Irak mettent Washington sur la défensive





Le Quotidien-Agences
Les rapprochements diplomatiques entre la Syrie, l'Iran et l'Irak ont placé sur la défensive l'administration de George W. Bush, engluée dans le bourbier irakien et qui refuse jusqu'à présent tout lien direct avec Damas ou Téhéran.
Tout en campant sur ses positions, l'administration Bush s'est bornée à rappeler ce qu'elle attendait de la Syrie et de l'Iran dans le dossier irakien.
Que la Syrie arrête l'entrée en Irak, via son territoire, de combattants dont le nombre est évalué à 50 à 70 par mois par l'armée américaine. Et que l'Iran mette fin à son soutien matériel et autres aux milices chiîtes impliquées dans les violences confessionnelles.
"Cela doit cesser", a déclaré le numéro trois du Département d'Etat, Nicholas Burns, en charge des Affaires politiques. Téhéran et Damas doivent démontrer qu'ils sont de bonne volonté", a-t-il ajouté, avant de réclamer "un changement significatif sur le terrain".
La Syrie et l'Irak ont annoncé lundi qu'ils avaient convenu de restaurer leurs relations diplomatiques interrompues depuis 25 ans. D'autre part, le président irakien Jalal Talabani sera de samedi à lundi à Téhéran.
Dès lundi, les Etats-Unis avaient exprimé leur scepticisme sur l'issue de cette rencontre consacrée à la situation en Irak entre les présidents iranien Mahmoud Ahmadinejad et irakien Jalal Talabani.
Des responsables irakiens et iraniens se sont déjà rencontrés par le passé et "nous n'avons pas vraiment vu de suite à ces rencontres", a fait valoir le Département d'Etat. "De notre point de vue, la prochaine étape est de passer des mots à des actions concrètes" pour stabiliser l'Irak, a-t-il ajouté.

Réticences
Les rapprochements diplomatiques entre les trois pays de la région interviennent alors que l'administration Bush a engagé une profonde révision de sa stratégie en Irak, où elle a déployé quelque 144.000 militaires. Ces militaires épaulés principalement par des soldats britanniques ne sont pas parvenus à stabiliser le pays. Parmi les options qui pourraient lui être soumises, un Groupe d'études sur l'Irak, coprésidé par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, pourrait recommander à Washington de renouer un dialogue direct avec la Syrie et l'Iran.
Jusqu'ici, le président américain s'y est refusé, accusant Téhéran et Damas de soutenir les attaques contre les troupes américano-britanniques en Irak et les violences confessionnelles. Mardi, il a une nouvelle fois accusé la Syrie et l'Iran de favoriser la déstabilisation du Liban, peu après l'assassinat du ministre de l'Industrie libanais, Pierre Gemayel.
Sans impliquer directement les deux pays dans ce meurtre, George W. Bush a indiqué soutenir le gouvernement libanais du Premier ministre Fouad Siniora "contre les tentatives de la Syrie, de l'Iran et de leurs alliés visant à fomenter l'instabilité et la violence dans cet important pays".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com