Antonio Lopez / Carmen Serrano : Royalement vôtre…





Devant un parterre de mélomanes des plus avertis, le pianiste Antonio L?pez et la soprano Carmen Serrano ont donné lundi dernier au soir, au Club Tahar Haddad un concert saisissant en guise d’ouverture d’une rencontre littéraire tuniso-hispanique.

Et c’était sur de bonnes notes à l’image de la manifestation. S’agissant d’un concert signé par L?pez, qui plus est, accompagné de sa Carmen, est en lui-même une invitation séduisante pour les fins connaisseurs. Franchement “le niveau est très élevé”, nous a dit à la sortie une dame sans âge. Comme elle, les gens qui affectionnent ce genre de musique classique sont tous sortis avec de bonnes impressions et tout le mérite revient bien sûr à nos amis espagnols (Institut Cervantes et l’ambassade d’Espagne) qui ont offert au public de Tahar Haddad ce concert inaugural pour une grande manifestation sur Les dialogues littéraires hispano-tunisiens, dans le cadre de la clôture de l’Année Ibn Khaldoun, le sociologue tunisien d’ascendance andalouse, six cents ans après sa mort, et qui a rassemblé du 21 au 23 novembre (sans oublier bien sûr l’exposition baptisée “Ibn Khaldoun et la Méditerranée au XIVème siècle” qu’abrite la Bibliothèque nationale depuis avant-hier et qui va se prolonger jusqu’à l’orée de 2007) dans des espaces divers de la capitale bon nombre de penseurs de chez nous et d’Espagne pour discuter de plusieurs thèmes comme les langues, le roman, les nouvelles tendances de poésie, etc. Comme avant-goût, il y a eu au début de l’après-midi de ce lundi une séance littéraire ouverte à toutes les tendances.
Pour revenir à notre concert, dès 18h50, la salle était pleine. Des hommes et des femmes de tout âge (dont une majorité est composée d’étrangers résidents chez nous) ont été chevillés à leur siège du début jusqu’à la fin de cette soirée particulière. Dans un silence religieux, Antonio L?pez s’est vite branché sur son clavier. Le pianiste a tout de go enveloppé les airs d’une écharpe mélodieuse signée avec du classique “made in Spain”. Sa complice Carmen l’a parrainé en chant. Une soprano au vrai sens du mot. Avec sa voix de pépite, elle a encore brillé. Tout de rouge carminé vêtue, madame a surfé entre tous les registres et les textures revisitant les airs d’opéra et les mélodies de chambre ou autres musiques de ballet qu’a composées l’Espagnol Manuel de Falla. Elle n’a aussi pas oublié de faire un clin d’œil enchantant à Granados, pianiste et compositeur espagnol d’opéras et de zarzuelas. Dans son programme, Carmen n’a pas hésité à donner âme et vie à Garcia Lorca et pour ne pas oublier toute la pléiade, Toldr? a été au rendez-vous et ses morceaux dépoussiérés ont été repris tendrement, élégamment, royalement… vôtre… Nôtre. Ceci ne nous a point étonnés. Car Carmen n’est pas n’importe quelle soprano. Elle est souvent invitée dans la Cour des rois. En Espagne ou ailleurs. Comme en Jordanie, chez le couple royal en 2003 et 2005. Le 13 octobre, elle s’est produite devant la princesse Helène d’Espagne. Son dernier concert a été donné le 15 novembre dans son pays natal. Le prochain après celui de Tunis est programmé en Hollande le 1er décembre. Et c’est toujours avec son compagnon de musique Antonio L?pez, avec qui elle collabore depuis un certain temps. Il y a 20 ans, Carmen s’est produite au festival d’El Jem. A l’époque, elle n’était pas avec son pianiste charmant, Antonio. Mais avec une compagnie de la Botte italienne et dans un concert tout en symphonie classique. Les présents à Tahar Haddad (parmi eux, nous avons vu le chef de la diplomatie espagnole accrédité chez nous) se souviendront longtemps de ce 20 novembre. En témoigneront les enregistrements et autres traces au Club culturel Tahar Haddad qui a programmé aussi sur son agenda, un récital de poésie pour hier, le 22 novembre avec Andrés Trapiello et Eloy S?nchez Rosillo du côté espagnol et du côté tunisien, Jaâfer Majed et Noureddine Sammoud.
Aujourd’hui et dès 9h30 à l’Institut supérieur des Langues à Tunis, on propose des tables rondes qui seront animées par Béji Gamarti, Juan José Lanz et notre Kamel Omrane national. Se profile une approche réflexion dans leurs “Nouvelles tendances de la poésie espagnole et tunisienne”. Qui sera suivie par un récital avec Almudena Guzm?n et Eloy S?nchez Rosillo. A ne pas rater.

Z. ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com