Malgré l’offre de Siniora : Le Hezbollah et Amal refusent de réintégrer le gouvernement





Les partis chiîtes libanais pro-syriens Hezbollah et Amal ont réaffirmé hier qu'ils refusaient de réintégrer la coalition gouvernementale et menacé une nouvelle fois d'avoir recours à des manifestations de rue s'ils n'obtenaient pas gain de cause.

Le Quotidien-Agences
"Nous ne pouvons pas coopérer avec ceux qui refusent le principe de la participation et veulent nous ignorer", ont affirmé dans un communiqué le Hezbollah et Amal, dirigés respectivement par cheikh Hassan Nasrallah et Nabih Berri, le chef du Parlement, proches de la Syrie.
Les cinq ministres chiites du gouvernement, appartenant au Hezbollah et à Amal, proches de la Syrie, avaient démissionné le 11 novembre en accusant la majorité antisyrienne d'accaparer le pouvoir et de leur refuser, ainsi qu'à leurs alliés chrétiens, une place élargie dans le gouvernement.
Un sixième ministre prosyrien avait démissionné le lendemain.
Dans ce contexte, les partis chiites ont jugé contraire à la Constitution la réunion du gouvernement qui doit entériner la convention de l'ONU sur le tribunal spécial pour le Liban qui sera chargé de juger les assassins de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 à Beyrouth alors que la Syrie exerçait une tutelle au Liban.
"La réunion est anticonstitutionnelle et les ministres démissionnaires ne reviendront pas", ajoute le communiqué.
"Dans ces circonstances, si l'autre partie continue à violer les principes du Pacte National (qui prévoit la coexistence entre communautés, ndlr), nous nous engageons devant les Libanais à prendre les mesures qui s'imposent dans le cadre du respect de la loi et des moyens démocratiques", ont averti les deux partis.
Le Hezbollah a lancé depuis le début du mois des appels répétés à des manifestations de rue si ses revendications politiques n'étaient pas entendues.
Le parti chiite avait toutefois adopté un ton plus modéré après l'assassinat mardi du ministre chrétien Pierre Gemayel.
Pour sa part, le Premier ministre libanais Fouad Siniora a annoncé hier qu'il était prêt à ajourner la réunion ministérielle consacrée au projet de tribunal international sur l'assassinat de Rafic Hariri si les ministres chiites reviennent sur leur démission et acceptent d'en discuter.
"Puisque le Hezbollah et Amal ont clairement indiqué (...) qu'ils sont pour la constitution d'un tribunal international pour dévoiler la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri et les autres crimes, je suis prêt à reporter de quelques jours la réunion prévue ce samedi pour permettre aux ministres de revenir sur leur démission et participer à l'examen du projet du tribunal en conseil des ministres", a déclaré Siniora dans un communiqué.

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Moubarak :
Il est prématuré de désigner les auteurs des assassinats

Le Caire-Agences
Le président égyptien Hosni Moubarak estime "prématuré" de dire qui est responsable des assassinats de personnalités antisyriennes depuis 2005 au Liban, dont la dernière, le ministre Pierre Gemayel, a été tuée mardi, et met en garde contre un retour à la violence.
Dans une interview au journal cairote Al-Ahram publiée samedi, Moubarak a appelé les différentes parties libanaises "à reprendre le dialogue avec un esprit positif, pour éviter un dérapage qui raviverait les souvenirs de la guerre civile (1975-1990)" et les a appelé à "être unies face aux actes terroristes".
Moubarak a mis en garde contre "un retour de la violence au Liban", après l'assassinat du jeune ministre chrétien de l'Industrie et député
antisyrien, Pierre Gemayel, abattu à bout portant près de Beyrouth, mais a jugé qu'il était trop tôt pour en désigner les auteurs.
Une commission de l'ONU, qui enquête sur la mort de l'ancien Premier "La tâche de la commission de l'ONU est de découvrir la vérité au sujet d'une série d'assassinats, ayant précédé et suivi celui de Hariri, y compris le dernier crime en date, l'assassinat du ministre de l'Industrie", déclare le président Moubarak.
Mais "il est prématuré de déterminer l'identité de ceux qui ont commis ces assassinats", poursuit-il.

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Bolton :
L’assassinat de Gemayel est le premier acte d’une tentative de coup d’Etat

Londres-Agences
L'assassinat mardi du ministre libanais de l'Industrie, l'antisyrien Pierre Gemayel, pourrait être "le premier acte" d'une tentative de renverser le gouvernement du Liban, a déclaré hier l'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, dans une interview à la BBC Radio Four.
"Il y a quelques semaines, la Maison Blanche avait pris l'initiative sans précédent de dire que la Syrie et l'Iran, au travers du Hezbollah, étaient sur le point de monter un coup d'Etat contre le gouvernement élu du Liban, et je dois dire que l'assassinat de Pierre Gemayel pourrait bien être le premier acte de ce coup d'Etat", a déclaré Bolton.
Assurant ne pas vouloir préjuger des conclusions de l'enquête, il a cependant remarqué que si des preuves d'une implication de Damas devaient être apportées, elles montreraient que la Syrie "n'est pas seulement un soutien du terrorisme mais un Etat acteur (du terrorisme)".
"Je pense que les Etats-Unis doivent prendre cela en compte quand ils décident si et dans quelle mesure ils traitent avec un pays comme ça", a-t-il ajouté.
Sans accuser explicitement la Syrie de l'assassinat de Pierre Gemayel, le président américain George W. Bush avait dénoncé mercredi ses tentatives de "déstabilisation" au Liban. Les Etats-Unis ont rappelé leur ambassadeur à Damas en 2005 et s'en tiennent depuis à des contacts indirects.
Face à l'absence de perspective de sortie en Irak, Bush est cependant soumis à une pression intérieure grandissante pour renouer des contacts directs avec l'Iran et la Syrie et les impliquer dans la restauration de la sécurité.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com