Retrait d’Irak : Washington devancé par ses alliés





Le Quotidien-Agences
Alors que les Etats-Unis s'interrogent sur la nécessité de fixer un calendrier de retrait des troupes américaines d'Irak, plusieurs pays alliés ont devancé Washington en annonçant une réduction ou un retrait complet de leurs troupes en 2007.
Le dernier et plus important allié à faire cette annonce est la Grande-Bretagne dont le ministre de la Défense a déclaré lundi que les 7.100 membres des troupes britanniques seraient réduits de plusieurs milliers d'ici à fin 2007.
La Pologne, qui commande une division multinationale forte de 2.000 hommes dans le sud de l'Irak, a de son côté annoncé que son contingent de 880 soldats serait parti d'Irak à peu près à cette date.
Quant à l'Italie, qui a compté un contingent de 3.000 soldats en Irak, elle les a pratiquement tous retirés. Il ne reste plus que 60 à 70 soldats qui devraient être partis d'ici début décembre, selon le Premier ministre italien Romano Prodi.
"Nous pourrions conclure des décisions de l'Italie, de Pologne et de Grande-Bretagne que la situation est sans espoir", estime Loren Thompson, directeur du Lexington Institute.
"Il est rare que des pays abandonnent des campagnes victorieuses. Habituellement les gens battent en retraite parce qu'ils sont confrontés à une défaite, qu'elle soit militaire ou stratégique", ajoute-t-il.
Alors que le départ des contingents italien et polonais était attendu, la nouvelle que des milliers de troupes britanniques vont partir est un coup sévère pour Washington qui tente d'empêcher l'Irak de sombrer.
Selon Michael O'Hanlon, expert à la Brookings Institution, il s'agit d'un signe que la relation spéciale, qui a permis aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de collaborer étroitement au Kosovo, en Afghanistan et en Irak, pourrait prendre fin.
D'après lui, cela pourrait signifier que "la Grande-Bretagne a décidé de se séparer des Etats-Unis". "Même si les Etats-Unis ont décidé de garder le cap, (les Britanniques) ne veulent pas en être", a-t-il ajouté.
Le Pentagone n'a pas réagi à l'annonce britannique. "Le Royaume-Uni est un grand allié dans la guerre contre le terrorisme et nous apprécions sa contribution dans la guerre en Irak", s'est contenté de dire un porte-parole du ministère américain de la Défense, le lieutenant-colonel Mark Ballesteros.
Cela devrait toutefois alimenter le débat américain sur le transfert des responsabilités en matière de sécurité aux Irakiens et la réduction du nombre de troupes américaines sans que cela entraîne un effondrement du gouvernement irakien ou une guerre civile à grande échelle.
"Le fait que des alliés importants au sein de la coalition de l'administration Bush soient en train d'abandonner le navire encouragera le parti démocrate à pousser à un retrait graduel," selon Thompson.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com