La Mosquée Ezzitouna : Splendeur d’hier et d’aujourd’hui





“La Mosquée Ezzitouna” est un livre signé Mohamed Ben Othmane Hchaïchi, rédigé dans les années 1900. Le livre écrit par un Tunisois a été remis au goût du jour quasiment un siècle après. Passionnant.

Jilani Belhaj Yahia qui a revu le livre de Mohamed Ben Othmane Hchaïchi (1853/1912) vient tout juste de le publier dans les éditions “Noha”.
Dans un écrit succint de 72 pages, l’auteur passe en revue l’histoire d’un bâtiment échaffaudé pour la prière et le savoir. La Mosquée Ezzitouna, souligne Jilani Belhaj Yahia qui préface l’ouvrage, “est considéré la troisième Kaaba (lieu saint des Musulmans) du savoir, après Al Azhar en Egypte et la Mosquée des Karaouiyine au Maroc”.
La mosquée, construite depuis 733 par le prince Oubaïdollah Ibn Habhab (un Omeyyade) a été bien avant utilisé comme lieu saint où priaient les Musulmans d’antan. Elle a par la suite redonné toute sa valeur à la langue arabe qu’elle a vénérée et est devenue le lieu de prédilection des penseurs de renom tel que Ibn Osfour, le juge Ibn Abdessalem, Ibn Haroun, Ibn Al Habhab, Ibn Arafa, Ibn Khaldoun, Al Bouzali, Ibn Naji, Al Obbi, etc ...
Quant à l’auteur du livre, Jilani Belhaj, Yahia précise qu’il est un bourgeois dit “Chrif” ayant fait du savoir une raison de vivre. Il a écrit des ouvrages dans l’histoire et la sociologie ayant porté sur les traditions tunisiennes (mariages, métiers d’artisanat, etc). Il a été le disciple de plusieurs penseurs de son époque tels que Salem Bouhajeb, Amor Ben Cheikh, Mohamed Bayram Tounsi, etc. Parmi ses importants écrits, il y a entre autres ceux qui ont narré ses voyages jusqu’à Tripoli. On en cite également celui qui a été traduit dans la langue française en 1903 par Victor Serres et Mohamed Lasram, “Voyage aux pays des Snoussiens à travers la Tripolitaine et les pays Touaregs”.
Son ouvrage “La Mosquée Ezzitouna” le classe parmi les auteurs qui se sont déjà penchés sur ce lieu phare, à savoir Hassan Hosni Abdelwahab et Ibn Abi Dhiaf.
Mohamed Ben Othmane Hchaïchi, lui, nous marque par un écrit qui devrait exister dans la bibliothèque de tout un chacun. Dans une langue arabe très soignée mais à la portée, il nous parle entre autres de la construction de la Mosquée, de sa valeur religieuse, de sa vocation éducationnelle et de la qualité des livres répertoriés dans la bibliothèque “Al Abdalia” qu’abrite la Mosquée.
Celle-ci a été, à une époque donnée, supervisée par l’auteur du livre et a été donc le lieu où il s’est ressourcé de savoir qui y essaimait.
Ainsi étant, la Mosquée Ezzitouna mérite, non seulement qu’on y prête attention via de brefs écrits mais qu’on en soit de fervents habitués. C’est une fierté.

Mona Ben Gamra




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com