Kataklo : L’équipée sauvage…





Kataklo est, comme son nom ne l’indique pas, une compagnie de ballet italienne spécialisée dans une discipline qui allie danse, athlétisme et musique-rock dans un mélange explosif.

Ça court, ça sautille, ça virevolte, ça vole, ça explose en rythmes, sons et lumières tantôt blafardes, tantôt vives et chaudes...
Les corps se touchent, se poussent, s’enlacent, se couchent, se relèvent, tournoient en formations compactes...
Un spectacle bourré de «poésie, surprise, suggestion, ironie» et drôlerie. Et c’est ça l’âme et l’esprit de la compagnie de danse italienne produite avant-hier soir au Théâtre municipal de Tunis qui était plein à craquer.
Au total, une vingtaine de tableaux légers, brefs, déroutants, saisissants, frais, énergiques et d’une rare harmonie nous ont plongés dans une foule de disciplines olympiques. D’où ce nom de Kataklo. Qui nous vient du grec d’antan et qui veut dire : «Je danse en me pliant et en me contorsionnant».
Un nom qui va comme un gant à ce ballet et à sa philosophie.
Sur un fond musical tantôt romantique, tantôt d’une cadence grandement trépidante, la «musica» se marie à tous les registres, à tous les plateaux et les couleurs. Une véritable «forgea» pour tous et un langage éloquent. L’éventail proposé exprime l’enthousiasme et la passion des athlètes, des champions de Jeux Olympiques et nous en dit long sur l’état d’esprit de cette compagnie qui nous a fascinés par la qualité de l’écriture chorégraphique à partir d’une simple idée (mais il faut bien la trouver), par la (ou les) mise en scène, les costumes et par les sept interprètes du ballet. La métaphore était reine. Comme le tableau à titre d’exemple de l’homme-araignée dans son acrobatie incroyablement vraie, qui grimpait sur la barre des filets (invisibles) d’un gardien de but, qui tissait sa trame entre terre et ciel. Génial aussi le tableau de Formule I. Magnifique et c’est le moins que l’on puisse dire sur Le Ali Della liberta, La Gara D'appalto, La Mia Sfida, L’Acque 2. Et ne parlons pas des autres. L’un est plus succulent que l’autre. Un spectacle pour de vrai. Une chorégraphie soigneusement ciselée et au moindre détail dans son langage universel, qui plaît, qui accroche, qui intrigue et surtout qui interpelle les artistes.
Nous avons regardé à droite, à gauche, en haut et en bas, peut-être que nous allons croiser dans la foule quelques-uns de nos artistes. Oui, il y en a eu quelques-uns et pas plus. Mais où sont passés les autres pour voir, apprécier, apprendre et s’engager dans le vrai art ? L’occasion est rare et il fallait vraiment sauter dessus. Lundi dernier, au Théâtre Municipal la compagnie de ballet Kataklo était au sommet de son art en mouvement. Tout tourne autour du sport et avec cet esprit d’équipe. L’équipe était aussi jeune. La compagnie n’a que dix ans, fondée sur une idée du tonnerre qu’a eu un certain jour son directeur actuel et la chorégraphe Giulia Staceioli. Un grand merci pour les artistes et pour la section culturelle de l’ambassade d’Italie à Tunis qui nous a offert un bon plateau-danse et le bon digestif avec de la symphonie dans l’air.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com