Après cinq ans de dialogue de sourds : Le ministère de l’Enseignement supérieur prête une oreille attentive aux syndicats





Les négociations sur les revendications des universitaires ont repris hier dans une atmosphère de tension «résiduelle».

Tunis-Le Quotidien
Les syndicats représentatifs des universitaires (fédération générale des enseignants du supérieur, syndicat général de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, syndicats des professeurs et des maîtres de conférences, commission syndicale indépendante des enseignants technologues) ont rencontré séparément, hier, des hauts responsables du ministère de l’Enseignement supérieur.
Ces rencontres marquent la reprise officielle des négociations sur les revendications de quelque 16 mille universitaires, toutes catégories confondues. Depuis le mois d’avril 2002, date du déclenchement de la crise de la représentativité syndicale du secteur, les autorités de tutelle ont refusé de recevoir les différentes structures tant que la justice n’a pas rendu son verdict sur l’affaire de la dissolution du Bureau exécutif du syndicat général de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Ce n’est qu’après avoir constaté que ce sont les universitaires qui ont fait les frais de cette «neutralité» que le ministère a décidé de rouvrir la porte du dialogue.
Quoi qu’il en soit, la reprise des négociations s’annonce prometteuse. Les professeurs et les maîtres de conférences sont sortis de la réunion d’hier avec une promesse d’appliquer trois dispositions de l’accord conclu le 12 avril 2005. Il s’agit de l’octroi d’une indemnité aux responsables des unités de recherche, du prolongement de l’âge de la retraite à 65 ans pour celui qui le désire et de la visite médicale obligatoire au début de chaque année universitaire.
La fédération générale des enseignants du supérieur, le syndicat général de l’enseignement supérieur et la commission syndicale indépendante des enseignants technologues ont exposé, de leur côté, leurs revendications. Celles-ci se rapportent notamment à l’octroi d’une indemnité pédagogique aux diverses catégories et d’une indemnité d’encadrement des thèses et des doctorats, à la révision à la hausse des montants de certaines indemnités telles la prime de rendement et l’indemnité octroyée aux membres des commissions de recrutement et à la révision des statuts spécifiques à toutes les catégories. Les syndicats s’attachent également au respect du droit syndical et à la régularisation de la situation des enseignants technologues.
La reprise des négociations n’a pas cependant mis fin aux vieilles animosités entre les quatre structures.
Dans un communiqué publié récemment, la commission syndicale indépendante des enseignants technologues a précisé qu’elle ne se considère pas concernée par la crise de la représentativité syndicale qui frappe le secteur et dénoncé la campagne de dénigrement dont elle fait l’objet de la part de certains groupes animés par un esprit sectaire et tribal au sein de l’UGTT.
Pour sa part, le syndicat général de l’enseignement supérieur a noté dans un communiqué publié le week-end dernier que la participation de la fédération générale des enseignants du supérieur aux négociations constitue un «dépassement dangereux». La fédération n’a pas été également en reste. Dans la motion de son conseil sectoriel qui s’est tenu le week-end dernier, cette structure a appelé le ministère de tutelle à ne plus débattre des doléances des universitaires avec certaines «parties» qui n’ont rien à voir avec l’action syndicale.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com