Ali Nabli (Entr. Nadi Souihli libyen) : «Lemerre n’était pas l’unique artisan de la CAN 2004»





Pour avoir beaucoup exercé à l’étranger, on peut dire du coach Ali Nabli qu’il aime beaucoup “jouer en déplacement”. Il a roulé sa bosse un peu partout en Tunisie avec, notamment, de beaux souvenirs à l’Olympique de Béja, et cela fait quelques années qu’il s’est installé en Libye. Actuellement, il dirige le club de Souihli qui l’a engagé pour remonter parmi l’élite…

Vous entraînez un club libyen de seconde division après avoir entraîné d’autres équipes de l’élite. Pourquoi avoir opté pour ce choix?
Dans la carrière d’un entraîneur, il faut vivre des expériences diverses. Le club de Souihli est l’un des meilleurs en Libye, mais une crise l’a amené en seconde division. Les dirigeants m’ont contacté pour les aider à relever un bon défi, celui de remonter et de bâtir une nouvelle équipe capable d’honorer son statut habituel. Quand il s’agit d’un club aussi connu, l’entraîner en seconde division n’a rien de dévalorisant. D’ailleurs, le championnat en est à sa troisième journée et nous avons gagné deux matches et fait un nul en déplacement. C’est dire que tout va bien pour le moment.

Pourtant, on croit savoir que vous comptez retourner au pays après de longues années d’absence. Cela veut-il dire que vous avez déjà reçu des offres de certains clubs tunisiens?
Franchement, le moment est venu pour rentrer en Tunisie. Je me trouve bien en Libye, mais il y a d’autres considérations à prendre en compte, surtout sur le plan familial où ma présence devient presque nécessaire. C’est pour cette raison, essentiellement, que j’ai décidé d’examiner toute offre locale. D’ailleurs, mes dirigeants sont avertis même s’ils espèrent me retenir jusqu’à la fin de la saison. Pour le moment, je suis encore indécis.

Quelle idée portez-vous sur le football libyen?
Il est certes en progrès, mais au niveau des clubs, c’est l’amateurisme qui prime avec beaucoup de problèmes d’ordre administratif. Seuls deux échappent à cette réalité, Al Ahly et Al Ittihad, mais pour le reste, le niveau demeure encore modeste. Par contre, la sélection libyenne est sur le bon chemin. D’ailleurs, je tiens à préciser que l’équipe qui a affronté la Tunisie il y a quelques semaines était pratiquement composée de doublures.

Vous suivez certainement le championnat tunisien. Y avez-vous constaté du nouveau?
Ce qui a changé, c’est qu’il n’y a plus de club capable de faire cavalier seul et de dominer facilement le championnat. La lutte pour le titre va être plus passionnante et il n’y a plus de rencontres faciles. Toutefois, certaines équipes doivent éviter les erreurs du passé pour se maintenir et là, je cite en particulier le CAB qui s’enfonce et qui, au lieu de chercher l’origine du mal, fait appel à Paulo Rubim qui atterrit en sauveteur alors qu’il ne peut plus rien donner au club.

Cela veut-il dire que vous êtes contre le recrutement d’entraîneurs étrangers?
Il y a eu certains qui ont beaucoup donné au football tunisien, mais beaucoup d’autres en ont profité sans contre-partie. L’entraîneur tunisien n’a rien à envier aux autres et notre réputation à l’étranger est excellente. Les clubs doivent accorder plus de confiance et de soutien aux techniciens locaux car ils le méritent.

En EN, il a fallu, pourtant, l’arrivée de Roger Lemerre pour remporter le titre africain. Qu’en pensez-vous?
A mon avis, Lemerre a été utile surtout au niveau de l’organisation de la DTN et de l’environnement de la sélection. Au cours de son parcours, il a commis beaucoup d’erreurs et on ne peut dire qu’il est meilleur à tous les autres en Tunisie. Vous voyez bien qu’on a fait appel, à nouveau, à Nabil Maâloul pour remettre l’équipe sur les rails. Cela ne veut-il pas dire que Lemerre n’était pas le seul artisan de la CAN 2004? Ceci dit, il faut reconnaître également que le sélectionneur a fait profiter notre football de l’expérience de l’école française qui demeure au devant de la scène.

Actuellement, l’EN est composée de plus en plus de joueurs évoluant dans le championnat local. Estimez-vous qu’ils seront capables de faire aussi bien que les professionnels “européens”?
Personne ne peut nier ce fait et je crois que certains joueurs (Zaïem, Ouertani, Yahia, Nafti…) ont les moyens pour s’imposer et devenir titulaires. L’échec à la CAN 2006 puis au Mondial d’Allemagne doit servir de leçon car, au cours de ces deux compétitions, Lemerre a ignoré ces joueurs qui auraient pu lui offrir beaucoup de nouvelles solutions. A l’avenir, il faut compter sérieusement sur leur apport.

A propos d’avenir, si jamais une offre se présentait à vous actuellement, seriez-vous prêt à abandonner le club de Souihli?
Dans ma situation actuelle, un retour au pays serait la meilleure solution, mais si jamais j'aurai une offre, je dois en parler avec mes dirigeants actuels.
En attendant, j’aurais l’occasion de voir beaucoup d’équipes à l’œuvre et d’avoir une meilleure idée sur le championnat.

Propos recueillis par
Kamel ZAÏEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com