Des milliers de manifestants libanais scandent : «Siniora, va t’en»





Des milliers de manifestants se sont rassemblés hier dans le centre de Beyrouth, placé sous sécurité maximale, à l'appel de l'opposition menée par le parti chiîte pro-syrien Hezbollah, qui réclame la chute du gouvernement de Fouad Siniora.

Le Quotidien-Agences
Hurlant "Siniora va t'en", "Etats-Unis hors du Liban", agitant des drapeaux libanais, rouges et blancs frappés du Cèdre vert, les manifestants ont afflué, dès la mi-journée, aux abords du palais du gouvernement transformé en camp retranché.
Des centaines de soldats, ainsi que des unités de la force d'intervention rapide de la police, s'étaient déployés devant le bâtiment, encerclé par des barbelés de près de deux mètres de haut.
"Nous voulons un gouvernement propre", "Unité nationale", proclamaient les banderoles dans la foule.
Les manifestants étaient maintenus à une distance de 150 mètres environ du palais du gouvernement par des cordons de soldats. Une rangée d'hommes en civil, au coude à coude, séparait les militaires de la foule.
Selon les médias, le Hezbollah a mobilisé plusieurs milliers d'hommes pour assurer le service d'ordre. Des tentes ont été érigées sur la grande place où l'opposition compte poursuivre un sit-in illimité.
Le camp de l'opposition comme celui de la majorité anti-syrienne ont multiplié les appels au calme avant cette manifestation, prévue à 15H00 (13H00 GMT), alors que la crise politique qui paralyse le pays a connu ces derniers jours une dangereuse escalade.
Le dispositif militaire mis en place depuis l'assassinat le 21 novembre du ministre chrétien Pierre Gemayel a été renforcé et vendredi, les chars de l'armée étaient déployés en force dans la capitale.
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait appelé jeudi "tous les Libanais, de toutes les régions et de tous les courants politiques, à participer à la manifestation populaire, pacifique et civilisée de vendredi", suivie d'un sit-in illimité.
Son allié le général Michel Aoun, chef de l'opposition chrétienne, avait lancé la veille un appel dans le même sens.
Le parti chiîte Amal et des partisans du président pro-syrien Emile Lahoud, participent aussi à la manifestation.
L'opposition a donné comme mot d'ordre que seul le drapeau libanais soit brandi par les manifestants. La majorité, a elle, demandé que les Libanais accrochent le drapeau libanais sur leurs balcons.
Cette manifestation, après des semaines d'une crise qui paralyse les institutions du pays, a pour but affiché de faire tomber le gouvernement de Fouad Siniora, issu de la majorité parlementaire anti-syrienne au pouvoir depuis 2005, et de provoquer des élections législatives anticipées.
Fouad Siniora a rétorqué que son gouvernement "ne cèdera pas" aux tentatives de rétablir la "tutelle" étrangère sur le Liban.

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Joumblatt :
«C’est une tentative de putsch»

Beyrouth-Agences
Le leader druze Walid Joumblatt, pilier de la majorité libanaise anti-syrienne, a dénoncé hier "une tentative de putsch" avant la manifestation de l'opposition prévue dans le centre de Beyrouth et demandé aux Libanais de réagir "avec calme".
"C'est une tentative de putsch, mais nous resterons inébranlables. Nous resterons chez nous, nous accrocherons des drapeaux libanais (aux fenêtres) et quand ils décideront de revenir dialoguer, ils seront les bienvenus", a déclaré Walid Joumblatt lors d'une conférence de presse à Beyrouth.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com