24ème édition du Festival de la Médina : Un bilan satisfaisant





Avec «Ya Maoulana», un spectacle hautement soufi, le rideau est tombé mercredi dernier sur la 24ème édition du Festival de la Médina. Cette édition de l’avis des artistes, a donné des motifs de satisfaction et amorcé un nouveau tournant pour ce festival.

Plus de cinquante spectacles toutes obédiences artistiques confondues, six espaces culturels, un nouveau directeur et un programme riche et varié, tels sont les faits marquants de cette édition qui vient de s’achever. Le public a eu droit à des soirées et des créations musicales riches et variées. Du Tarab au Malouf, en passant par les «Mouachahats», les chants liturgiques, le jazz, le blues et le Gospel, la programmation a répondu à tous les goûts. Il y a eu des troupes et des artistes de la trempe de Ziad Gharsa, Lotfi Bouchnak, Adel Soltane, Salatine Ettarab, Dorsaf Hamdani, Divin Gospel, Rihame Abdelhakim, entre autres.
Du public aux artistes en passant par les spécialistes les plus avertis, la satisfaction a prévalu tout au long de cette manifestation. L’honneur est revenu à Ziad Gharsa d’animer la soirée d’ouverture dédiée en hommage à feu Abdelhamid Belalgia et qui a été un safari musical au cœur du Malouf tunisien.
Ce spectacle n’était pas d’ailleurs le seul qui a fait revisiter aux mélomanes tunisiens les mélodies d’antan. Pour sa part, Lotfi Bouchnak qui s’est produit le 8 octobre à la prestigieuse bonbonnière de la capitale a concocté un programme qui a réuni ses meilleurs succès des années 80 et ceux tirés du patrimoine tunisien. Quant à Mohamed Jebali, qui a donné un concert le 15 octobre dernier, il s’est contenté de revisiter les œuvres de Abdelhalim Hafedh, en plus de ses nouvelles créations musicales. Ramadan oblige, les chants soufis et liturgiques ont été aussi à l’honneur. Outre la soirée des chants sacrés, animée par Houssine El Ifrit dans les Jardins du Palais Kheireddine et le spectacle de la «Soulamia» à la Medersa Saheb Ettabaâ, cette édition a été clôturée par une belle création tunisienne des chants soufis qui a fait un mariage réussi entre le «Melaoui» et le «Chadheli.

Musiques d’ailleurs
Ouverture aux autres civilisations oblige, les spectacles étrangers ont aussi occupé une place de choix dans la programmation de cette édition. Les soirées musicales animées par les chanteurs arabes ont également séduit et enchanté les fans de la musique arabe et orientale. Les deux artistes syriens, en l’occurrence, Mohamed Othmane Bouzouki et Waâd Bou Hassoun ont régalé les mélomanes à travers deux styles musicaux différents: l’un du type piano et l’autre du genre «Tarab».
Le «Mawal» et les créations musicales égyptiennes ont été aussi à l’honneur. Rihame Abdelhakim et la troupe El Hafni de musique arabe ont régalé l’assistance du Théâtre municipal à travers deux soirées de tarab, tandis que «Salatine Ettarab» ont embarqué l’assistance dans la chaleur des «Mouachahats» version orientale.
La musique classique, le blues et le Gospel ont été aussi de la fête. La troupe «Premeira» de Russie a animé une soirée de chefs-d’œuvre de la musique classique le 3 octobre, alors que «Divin Gospel» des USA a donné une soirée de Gospel et de blues d’une haute facture musicale le 5 octobre.

Ousmane WAGUE

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Les artistes font le bilan du 24ème Festival

Lotfi Bouchnak
«Un exploit avec peu de moyens»
«Cette édition du Festival de la Médina a été, à mon avis, un exploit. Avec le peu de moyens dont disposent les organisateurs, ce festival a pu maintenir son aura et son rayonnement tout au long de ses 24 ans d’existence. Je crois qu’avec le nouveau directeur, ce festival peut aller au-delà même de cette performance. Toutes les soirées ont été une réussite totale. Pour ma part, je n’ai pas assisté à beaucoup de soirées, mais les quelques spectacles que j’ai vus ont reproduit toutes les couleurs des vraies soirées ramadanesques. C’est le cas de «Jil Jilela» du Maroc. Les autres ont été aussi une réussite, d’autant plus que le nouveau directeur dispose de tous les atouts pour faire amorcer à ce festival un nouveau virage».

Dorsaf Hamdani
«Des hauts et des bas»
«Le programme de cette édition a été dans l’ensemble riche et varié. Mais j’ai remarqué qu’il y avait une présence insuffisante d’artistes tunisiens contrairement aux artistes étrangers qui ont animé plus de spectacles. Toutefois, ce festival reste fidèle à sa vocation authentique. Cette édition a connu de hauts et des bas. Mais d’une façon générale, le programme a été divers et varié. On a eu droit à des spectacles égyptiens, marocains et des soirées de musique romantique très réussies. A mon avis, cette édition du festival de la Médina a créé une nouvelle vision pour cette manifestation ramadanesque. C’est pour moi la seule façon de faire réussir nos festivals. Les deux autres festivals, à savoir «Musiqat» et celui des «chants sacrés», ont aussi adopté une vision spécifique avec des objectifs très clairs. C’est pourquoi ils ont été une réussite».

Sonia Mbarek
«Beaucoup d’innovation»
«Cette année, nous avons eu droit à beaucoup de spectacles. Le festival de la Médina a été très bien organisé. Sa programmation a été riche et variée. Il y a eu beaucoup d’innovation. La soirée de clôture qui a été animée par Dorsaf Hamdani a été une réussite. Le spectacle intitulé «Ya Maoulana» est une création musicale complète. C’est un spectacle concocté avec une vision très particulière et dans un style mélodieux qui allie la créativité à la finesse. Nous avons besoin des créations de ce genre. Mais reconnaissons aussi que ce festival a été égayé cette année par d’importantes autres créations musicales sacrées et des genres de tarab et de Gospel. Finalement, il y a eu pour tous les goûts du public, toutes catégories confondues».

Mohamed Jebali
«Bonne note pour les artistes tunisiens»
«Le festival de la Médina a été cette année une réussite totale. En 24 ans d’existence, il a grandi et a gagné en notoriété et en maturité. Tous les chanteurs tunisiens qui s’y sont produits ont laissé une bonne impression. De par sa programmation, cette édition a séduit sur tous les plans. Il y a eu aussi de belles créations musicales qui nous sont venues d’ailleurs et qui ont permis au public tunisien de découvrir davantage de musique étrangère. Les soirées tunisiennes comme celles de Houssine El Ifrit et Lotfi Bouchnak ont séduit à plus d’un titre. Je crois que cette manifestation mérite d’être encouragée et soutenue par toutes les instances culturelles et les artistes».

O. W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com