Yossif Ivanov : Phénoménal …





L’enfant de la Belgique - par adoption - nous a offert dimanche dernier à l’Acropolium de Carthage, une palette musicale aux tons vifs et frais ...

Droit comme son archet et serrant tendrement son outil de passion (le violon), Yossif Ivanov était rayonnant sur scène de par sa façon de tutoyer les grands de la musique classique.
Accompagné de Roberte Mamou au piano, Yossif Ivanov a déjà trouvé le bon matelas du clavier pour bien défricher les notes de ses cordes et combler l’assistance qui a, à moitié, rempli la salle de l’Acropolium.
Ceux qui se sont déplacés jusqu’à Carthage, après seulement quelques minutes de l’annonce de l’Aïd, n’ont pas regretté. Au contraire ils ont bien fait et mérité ce concert programmé sur l’agenda du 12ème octobre musical. Ils étaient donc très bien servis.
D’un art finement ciselé et ils n’ont qu’à remercier les organisateurs dont la Wallonie-Bruxelles, fleuron de la créativité artistique et de la bonne culture.
Au programme : du Mozart, du Beethoven et du Franck. Que souhaite alors de mieux ce public de mélomanes avertis? Du bon jeu, bien-sûr. C’est tout ce qu’ils attendent. De la musique, la bonne musique et la vraie. Et (croyez-nous) ils n’ont pas été déçus. Car, à part l’interprétation juste et les airs éternels de cette musique indémodable, il y a autre volet de magnifique et du strict personnel et qui n’appartient qu’à l’artiste lui-même.
Yossif Ivanov, d’origine hongroise, qui a été dès son jeune âge, bercé dans le douillet giron de la musique belge, a donné quelque chose de son être. De son âme. Résultat : le violoniste tout frais de ses vingt printemps a offert une série de Sonates en La Majeur K305, du op 30 n° 2 en ut mineur, des Allegros, des Adagios ... - pour les connaisseurs -, d’un rare pétillement.
Même les morceaux les plus durs de ce César Franck avait autre allure. Les Fantasia, toutes amples de mélodie, ont été enveloppées d’autres couleurs qui dégagent pleinement de la fraîcheur et le rythme jubilatoire du violon a donné un brin des temps modernes, loin de l’ennui et de la répétitivité routinière.
Le jeune, tout de noir vêtu et de teint brun, a brillé à la Cathédrale.
Au point de ne pas croire à son âge tellement il était du début et jusqu’à la fin fascinant, un phénomène à part entière. Ce qui explique son agenda bien rempli par des concerts dans les cinq continents. Un grand merci pour M. Zénon de Wallonie- Bruxelles qui était pour quelque chose dans ce concert de haute facture.


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com