Bensmann/Rische : A… couper le souffle





A la fin du spectacle donné avant-hier soir à l’Acropolium de Carthage dans le cadre du 12ème Octobre Musical, une foule de fans a essaimé dans la loge d’artistes pour saluer le duo allemand...
Et pour cause: les Detlef Bensmann et Michael Rische ont été à la hauteur de toutes les attentes et n’ont déçu ni les organisateurs de l’Octobre Musical ni le Goethe-Institut Tunis qui les ont invités pour la première fois à se produire à Tunis.
Rien que pour la réputation de ce duo, la salle de la cathédrale a été (et de bonne heure) remplie à ses trois quarts et le public qui a répondu présent - grandement ravi - n’a pas regretté le déplacement.
Il a déjà découvert autre chose de cette Allemagne de musique, le vivier de bon nombre de génies dans les arts plastiques, le cinéma, le théâtre, la mélodie et autres airs d’opéra...
Le concert de vendredi dernier était bariolé. Il y a eu tout d’abord et comme prélude un peu de Paul Dessau (suite pour saxophone alto et piano, Petite Ouverture, Air et une Sérénade bien romantique). Puis d’autres airs d’un autre Français, Maurice Ravel et sa Habanera, un extrait de «Gaspard de la nuit» pour seulement piano, une autre Ondine.
Erwin Schulhoff était aussi là avec ses hot-sonate, Viertel noire, Halbe blanche... et une partie de sa Prague natale. Avec des mouvements plus libres, d’improvisation teintée de jazz et de blues et ne manquant pas d’intonation et d’émission de plusieurs sons qui en disent long sur la personnalité de ce Tchèque et qui plaît à ce duo germanique. Un duo qui a aussi sa propre connotation contemporaine. D’ailleurs, la deuxième partie a été dédiée aux compositions contemporaines avec Alojzy Thomys et ses Miniatures diverses, Allegretto(s), Andante con passione et Allegro con fuoco.
D’autres compositions en duo ou en solo appartenant aux hôtes de l’Octobre Musical ont ponctué la soirée. Qui a été relevée au goût moderne avec Fantaisie-Impromptue de Jolivet et surtout le fameux Scaramouche de Milhaud dans son «Vif», son Modéré et sa Brazileira. Et c’était un régal de récital.
Tous deux, tout de noir vêtus et chaussant de petites lunettes de vue. Le premier aux cheveux gris, affectionne le piano. Le second a d’autres atouts qui résonnent de son saxophone, calmement, mollement, nerveusement et autres humeurs en pétales volants.. Tous deux aiment se relayer, se côtoyer, s’entrecroiser et dialoguer. Un duo hors-pair et très demandé, en solo, en duo ou dans les grands orchestres du monde. La semaine dernière leur rendez-vous était à Berlin. Ils seront à Berlin aussi dans six jours, et ils vont jouer dans une église. Avec du chant sacré. Le public de l’Octobre Musical a été choyé (et comment!) à l’église Saint Louis de la ville punique et c’était en compagnie de ce sacré duo. Merci les musiciens, vous avez été fantastiques. Et au plaisir de vous revoir chez nous plus souvent.

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com