E.N. : Une place définitive dans la cour des grands





A sept secondes de la fin de cette mémorable finale, les Tunisiens étaient bel et bien au sommet du hand mondial. Un bref moment de relâchement a permis aux Croates d’égaliser et la loterie des penalties a, cette fois-ci, tourné le dos aux meilleurs. Le rêve s’est envolé, mais les hommes de Hassenefendic auraient mérité d’être sacrés.
Le talon d’Achille du Sept tunisien était, ces dernières années, la gestion des ultimes minutes lors des tournois de haut niveau. C’était encore vrai aux Championnats du monde 2005 face à l’Espagne en demi-finale et puis la France en match de classement. Cette fois-ci, en Suède, à l’occasion de la Coupe du monde, on a vu un ensemble tunisien qui n’a jamais baissé les bras. Le long du tournoi, il y a eu des passages à vide, mais l’équipe parvenait toujours à se remettre rapidement en marche. Dès lors, on a pu mesurer les énormes progrès réalisés par les coéquipiers de Hmem dans tous les domaines du jeu et ce tournoi a révélé une équipe capable de battre n’importe quel adversaire. Avec un bilan de trois victoires retentissantes, une défaite logique devant l’Epagne et une seconde, amère celle-ci, en finale, il y a mille raisons d’être satisfait et optimiste à moins de trois mois des championnats du monde 2007 en Allemagne.

* Le Brésil du hand
A voir le Sept tunisien évoluer, et en faisant la comparaison avec les autres équipes, la différence se situe à deux niveaux : le cœur et... la fantaisie. Les techniciens étrangers qui dirigeaient nos adversaires l’ont à plusieurs reprises confirmé : cette équipe a un cachet particulier et son jeu est imprévisible. Certains n’hésitent pas à la comparer au Brésil en football car son jeu n’a rien de stéréotypé et elle ne ressemble guère à une machine où seule la rigueur domine, comme c’est le cas pour la Suède, le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne et d’autres grands du handball mondial. Aux moments critiques des matches, Mgannem, Ben Aziza, Bousnina, Hmem ou Touati peuvent vous sortir un geste inattendu qui surprend partenaires et adversaires, et Hassenefendic laisse faire car cette caractéristique constitue l’un des points forts de son ensemble. On a même l’impression que notre équipe ne «copie» pas son jeu sur les autres et que ce sont les autres qui se mettent à présent à l’imiter.
La veille de cette coupe du monde, nos craintes étaient réelles car on redoutait un échec qui remettrait tout en question et qui installerait le doute après tant d’espoir. Avoir affaire à des équipes qui se succèdent au sommet depuis des dizaines d’années n’avait rien de rassurant. Aujourd’hui, on peut clamer en toute logique que nous disposons d’un super Sept qui va encore faire parler de lui et qui sera craint par tous. Après une quatrième place en 2005 à Tunis, une performance qui exigeait une confirmation du fait qu’elle fut réalisée devant son public, la Sélection tunisienne a frappé un grand coup en Suède et a prouvé qu’elle méritait même mieux que cette flatteuse seconde place. Désormais, elle sera l’équipe à battre et elle fera partie, en Allemagne, des grands favoris. C’est, là, une réalité qui ne laisse point de place au doute et nous ne pouvons qu’en être fiers.
En attendant les futures échéances et de nouvelles prouesses de cette équipe, il y a lieu de réclamer plus d’encouragements pour des joueurs qui ont fait du «cœur» et de l’amour de la patrie leurs principales sources de motivation. Les footballeurs, souvent décevants lors des grands rendez-vous, ont fait beaucoup de bruit pour encaisser quinze mille dinars qui récompensent leur match... nul contre l’Arabie Saoudite au Mondial 2006.
Les handballeurs, de loin plus performants, se sont contentés par le passé de primes dérisoires par rapport aux fortunes promises aux footballeurs. Leur coup d’éclat en Suède mérite une récompense à la mesure de leur exploit car ils constituent à présent la fierté de tout un peuple.

Kamel ZAÏEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com