Dernière journée de l’amnistie fiscale : Ruée en masse des retardataires





Les Recettes des Finances ont été littéralement prises d’assaut par de nombreux concitoyens retardataires. Bousculés par le temps, ces derniers ont tenu à s’acquitter de leurs taxes municipales avant la date butoir de l’amnistie fiscale fixée pour la journée d’hier.

Tunis-Le Quotidien
Afin de faciliter la tâche aux citoyens et d’accélérer les opérations de paiement avant le 31 octobre, date limite déjà prolongée de l’amnistie fiscale, la mairie de Tunis n’a pas lésiné sur l’effort pour faciliter la tâche des contribuables.
De la Rue de Carthage, à la rue du Train, en passant par le Boulevard 9 Avril, la Rue Taïeb M’hiri, au Lac de Tunis ou encore à El Omrane Supérieur et au Centre Commercial Makni d’El Manar, les bureaux mobilisés pour la circonstance sont nombreux. Là où on est allé, il y avait foule. Les files d’attente durant la journée d’hier étaient interminables et les vagues humaines de bouger à ne plus finir du côté des guichets dès 8 heures du matin et jusqu’à 19 heures et à l’affilée. Cela dure et dans cet état d’urgence et d’encombrement depuis mercredi dernier -qui coïncide avec le retour du congé de l’Aïd et de ses douloureuses additions ayant bombardé le Tunisien et s’ajoutant à volonté à quelques frais frivoles de Ramadan et autres obligations de la rentrée scolaire.
Ce cumul dans les chiffres et les dépenses a certainement détourné le Tunisien de son premier devoir de citoyen, qui est de payer toutes les créances et redevances à sa charge. Pour ce, les gens se sont rués vers ces bureaux avant l’expiration de la date fixée pour l’amnistie fiscale. Car c’est le moment ou jamais de profiter d’un taux revu à la baisse pour les années écoulées et de se réconcilier… enfin avec l’administration fiscale tout en échappant aux poursuites judiciaires et autres contraventions. Du côté du Boulevard 9 Avril, il y a eu un monde fou et impossible de voir le rang. Avant-hier, le lieu a été investi de bonne heure. “Je suis venu à 7h30 et me voilà encore là. Le rang ne bouge pas d’un cheveu et je risque d’abdiquer pour ne pas perdre toute la journée. Car je n’ai pris de permission que pour la matinée…”, râle un jeune qui l’air d’être un ouvrier.
C’était vers 13 heures. Comme lui ils sont des centaines.

* Réconciliation
On change de destination dans l’espoir de trouver de la fluidité. Nous sommes à la rue de Grèce et on a l’impression de revivre le même scénario. Qui se fait et se défait et se répète à plaisir. Mais cette fois-ci, il n’y a pas lenteur dans les services mais on nous dit que l’ordinateur est tombé en panne. “Je suis venue le matin à 9h00 et me voilà obligée de revenir à 14 heures et les mêmes gens sont encore là”, nous lance une femme nerveusement. A côté d’elle, des femmes et des hommes qui nous racontent la même rengaine. Nous avons apparemment la bougeotte et tout naturellement, nous nous retirons et continuons notre route. Nous allons nous acquitter de nos dettes ou tant pis? Nous sommes au 25 rue du Train. Dehors, il n’y a personne, nous avons enfin respiré. Mais dès qu’on foulé le sol de ce bureau d’apparence assez grand et aéré, nous avons vu des gens entassés. Les uns sur les autres. Il y a ceux qui étaient débout. D’autres assis sur quelque douze sièges au plus, ou carrément par terre. Car l’attente est longue et ils n’ont plus de force. Nous avons poussé (comme tout le monde) et bousculé pour nous frayer un passage et pour livrer notre attestation d'impôt. Puis on attend. Une attente d’enfer qui nous fait regretter même d’entrer. “Poussez-vous, je dois respirer, SVP. Ça ne sert à rien de vous coller contre le comptoir. On va vous appeler un à un après avoir traité votre dossier”, tempête une femme, la trentaine robuste. A tout ce beau monde, tout en sueur, mais qui ne rouspète point. “Oh là, là! Il a fallu l’intervention même des agents de l’ordre aujourd’hui pour mettre de l’ordre dans les rangs”, commente une dame qui a dû venir le matin et interrompre l’attente pour une urgence dans son travail. Nous scrutons les atmosphères au détail près et tous ces bons citoyens qui peuplent le bureau, doté de peu d’ordinateurs (ici aussi, il y a eu panne). Tous affichent leur mauvaise mine. mais ils l’étouffent dans leur intérieur. Car ils ont le “couteau sur la gorge”.
Brusquement, nous entendons notre nom résonner dans l’air. Nous nous dépêchons vers la petite dame robuste qui affectionne le cri et qui nous donné la somme exacte à payer. A la caisse, nous avons attendu relativement. Et nous étions enfin soulagés. Notre taxe sur les immeubles bâtis est payée et nous avons passé près de deux heures trente. Ce n’est pas grave. L’essentiel est fait de notre côté avec quittance numérotée et identifiée à l’appui.
L’enjeu en valait la chandelle car malgré tout, c’est toujours bon de se réconcilier avec l’administration fiscale. Fut-il pour seulement un bout de temps.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com