Maliki ordonne la levée du bouclage de Sadr City : Les Chiîtes crient victoire





Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a ordonné hier la levée du bouclage imposé ces derniers jours par des forces américaines et irakiennes au quartier chiite de Sadr city, à Bagdad, une mesure qui apparaît comme un succès pour les milices chiites radicales.

Le Quotidien-Agences
"Le Premier ministre, commandant en chef des forces armées irakiennes, a ordonné la levée du bouclage de Sadr city et la suppression des barrages pour permettre l'accès à ce quartier et aux autres régions de Bagdad avant 17H00" (14H00 GMT), a indiqué un communiqué du gouvernement.
Les "barrages peuvent être rétablis le soir pendant que le couvre-feu est imposé et dans certains cas exceptionnels comme lors d'opérations destinées à pourchasser les terroristes et les criminels", a précisé le communiqué.
L'armée américaine a fait savoir qu'elle avait reçu le communiqué de Maliki et qu'elle l'étudiait.
Protestant contre le bouclage de ce quartier pauvre de 2,5 millions d'habitants, par les troupes américaines et irakiennes à la recherche d'un soldat enlevé, les milices de Moqtada Sadr avaient décrété hier une grève générale et exigé la fin des opérations américaines.
L'appel à la grève, lancé avant-hier soir dans les mosquées a invité la population à observer, jusqu'à nouvel ordre, une grève générale dans les écoles, les commerces, et les administrations publiques, à l'exception des hôpitaux et du ministère de la Santé.
"C'est une manifestation pacifique pour marquer notre refus du bouclage imposé à cette cité pacifique", avait affirmé Hamad Allah al-Rikabi, porte-parole du chef chiite Moqtada Sadr à Bagdad.
"Nous voulons que le gouvernement se prononce clairement sur ce qui se passe à Sadr City", avait-il ajouté. Dimanche, entre 2.000 et 3.000 personnes ont manifesté à Sadr City pour réclamer la fin du bouclage de leur quartier.
Le commandement américain a annoncé avoir mené hier matin une nouvelle incursion dans ce quartier et arrêté trois suspects.
"L'objectif de la mission était de rechercher le soldat américain enlevé et de capturer les dirigeants du groupe qui l'a kidnappé" le 23 octobre, a indiqué un communiqué militaire américain.
Ces derniers jours, les soldats américains et irakiens ont mené des fouilles et des perquisitions dans ce quartier à la recherche du soldat.
Américain d'origine irakienne et traducteur dans l'armée, il a été enlevé à Bagdad alors qu'il avait quitté le quartier fortifié de la zone verte pour se rendre, sans permission, chez des parents vivant dans la capitale.
"Nous respectons l'appel de Moqtada Sadr à la grève. Il faut que les raids cessent et que le bouclage soit levé car il affecte énormément la vie quotidienne de citoyens", a remarqué Hussein Maan, 35 ans, commerçant de Sadr City.
En attendant une éventuelle levée du bouclage, les habitants de Sadr city poursuivaient leur grève.
Entre-temps, de nouvelles violences ont frappé Bagdad, où trois civils, dont une femme, ont été tués mardi dans l'explosion d'une voiture piégée, dans le centre de Bagdad. Avant-hier, cinq voitures piégées ont explosé dans la ville.
En dépit des multiples plans de sécurité mis en place par le gouvernement et les 15.000 soldats américains et les 40.000 policiers et soldats irakiens déployés à Bagdad, la capitale est toujours en proie à une violence confessionnelle endémique.
En outre, deux soldats américains ont été tués lundi lors d'opérations à Bagdad, portant à 103 le nombre de militaires américains tués en Irak en octobre, bilan mensuel le plus élevé depuis janvier 2005, ce qui en fait un des mois les plus meurtriers de la guerre.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com