«Image et Identités» : Cartes sur table… de la vérité





L’exposition Image Révélée qu’a orchestrée l’IFC en partenariat avec la Ville de Tunis depuis le 20 septembre n’est pas passée inaperçue. Sa clôture provoque aujourd’hui un débat (et quel débat !) sur la force de l’image qui détruit, qui construit...
L’Institut Français de Coopération (IFC) nous surprend de temps à autre et nous gratifie d’une activité peu ordinaire, qui fait beaucoup de bruit dans la cité et crée l’événement.
L’événement qui a inauguré l’année culturelle 2006-2007 est sans aucun doute celui de l’exposition Image Révélée qu’abrite le prestigieux Palais Kheireddine (musée de la ville de Tunis sis à la Médina) depuis près de quarante jours déjà. Pour cette fois-ci, nos amis français ont poussé (et ils ont bien fait) les choses artistiques au-delà de l’esthétique en grattant un peu dans la croûte d’une plaie vieille comme le monde et qui est de plus en plus cruciale avec les aléas des temps modernes. L’exposition a réfléchi des lumières sur des photos — les premières sur la Tunisie saisies par l’appareil de Lehnert et Landrock, deux amoureux de notre pays du début du 20ème siècle —, qui en disent long sur la vision exogène, et d’autres expressions en photos, installations et autres mises en scène à l’étage appartenant à onze artistes tunisiens ou originaires du Sud de la Méditerranée, c’est-à-dire des pays colonisés autrefois par les Français. Comme l’Algérie, l’Egypte et le Maroc.
Cette manifestation a laissé des rumeurs. Des bonnes et des moins bonnes qui nous ont plongés les uns et les autres dans des sphères diverses. Une chose attendue et bonnement prévue des organisateurs pour déclencher un débat libre avec des gens qui pensent. Et qui pensent avec le recul et qui sont d’ici et d’ailleurs. C’est-à-dire de notre Orient et Sud ou des gens orientalistes et curieux de notre portrait.
A partir du 2 novembre et durant trois jours successifs, l’Espace El Teatro sera squatté par une foule d’analystes qui auront à défricher leurs idées et leurs propres jugements. Sur la table, ils mettront toutes les cartes et ils vont décortiquer point par point et zone par zone des volets entrouverts. Ni tout à fait clos ni tout à fait béants.
Dès le premier jour et dès 18 heures, les Alain Fleig et Christine Peltre de France et du monde des arts vont traiter ce regard avec l’Orientalisme d’aujourd’hui. En face, les Moez Safta, plasticien et universitaire de chez nous, s’associe à notre Faouzia Zouari nationale (journaliste et écrivaine qui a choisi de vivre de l’autre côté de la rive méditerranéenne). Tous deux répondront à vif et à cœur ouvert aux traits les plus croustillants de ce thème encore et encore de brûlante actualité.
Le second soir sera pour une autre fenêtre qui va s’ouvrir sur la Subversion de l’Identité en Islam. Et là, le discours se penche sur son côté politique. Pour ce, les hôtes d’El Teatro sont soit des sociologues, des psychanalistes ou des critiques dans l’air de l’actualité. Discuteront et en extension ce thème Fethi Benslama, Zyed Krichen entre autres...
Quant à la dernière soirée, c’est le paradoxe identitaire des images qui remonte en surface et flotte avec les diverses constructions de l’image et de l’identité. Qui identifie en fait l’autre ? C’est quoi l’image dans l’identité ou que définissent les traits en ombre ou en lumière de l’identité de l’un à travers le regard de l’autre ? Sur cela se questionneront les Jean-Claude Kaufmann (sociologue et directeur de recherche au CNRS) du côté français, Racha Mezriou, enseignante à l’IPSI à Tunis et Simon Njami, un fervent critique d’art et promoteur et exportateur d'art contemporain de notre continent. Le début s’annonce de haute facture et à ne pas rater cette confrontation sur le vif du sujet.
Un sujet, côté pile ou face qui n’exige que du rationalisme. Pour vous voir mieux. Pour nous voir mieux. Et pour voir mieux le monde dans sa transparente image...

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com