Sead Hasenefendic : «Garder les pieds sur terre…»





Lors de sa rencontre avec les médias, hier, Sead Hasenefendic, l’entraîneur national du Sept tunisien était revenu sur le déroulement de la Coupe du monde en Suède et les performances de son équipe.
Hasenefendic s’est déclaré très ému par l’accueil réservé à la délégation à son retour et par le geste présidentiel qui a facilité le voyage vers Tunis dans les meilleures conditions. L’engouement remarqué du public tunisien pour cet événement a été apprécié par les joueurs qui en avaient eu des échos. Pour revenir à ce tournoi de très haut niveau, le sélectionneur a rappelé que son groupe n’a pas bénéficié de beaucoup de temps pour préparer la Coupe du monde et l’objectif déclaré était d’en profiter pour préparer le Championnat du monde 2007 en Allemagne : «Le tournoi, de par son importance et la valeur des adversaires, a vite fait de mobiliser tout le monde. Pour notre part, nous l’avons pris au sérieux, peut-être même un peu plus que d’autres équipes. Et puis, la succession des matches et des émotions a motivé les joueurs qui, battus par un ensemble espagnol, champion du monde et au grand complet, ont tenu à réagir. Ils l’ont fait face à la Suède, le pays organisateur et un abonné aux titres mondiaux. Contre la Grèce, il fallait confirmer face à un adversaire qui voulait sauver l’honneur par une victoire. Nous avons dû cravacher dur, malgré la fatigue pour maîtriser totalement cet adversaire. En même temps, je m’attendais personnellement à une qualification sans problèmes pour les demi-finales, mais l’attitude des Espagnols, opposés aux Suédois, était inexplicable puisqu’ils ont montré qu’il voulaient «se débarrasser» de nous et offrir un cadeau au pays organisateur. La Tunisie a joué sérieusement, sans aucun calcul, et a été récompensé alors que les Ibériques ont choisi d’autres moyens qui ont précipité son élimination et ce n’était que justice. En demi-finale, nous avons eu affaire à un adversaire qui a fait le plein dans l’autre groupe. Face à l’un des favoris du tournoi, on a fait une extraordinaire remontée après avoir cédé beaucoup de terrain. Dans ce match, on a prouvé que notre équipe a acquis de la maturité et c’est très important à ce niveau de la compétition. La finale, face à la Croatie qui a même récupéré deux autres joueurs blessés qui n’ont pas disputé la demi-finale, nous avons été très proches de la victoire finale et tout s’est joué sur de petits détails. Ce que je retiens de ce tournoi, c’est le fait d’avoir montré qu’on a progressé et que nous faisons partie des meilleurs. D’après les techniciens sur place en Suède, on apprécie beaucoup notre handball moderne et notre jeu très varié et spectaculaire. A présent, on nous invite de toute part et on a beaucoup gagné en respect».

* De super-joueurs...
M. Hasenefendic a toutefois tenu à préciser que le handball, à ce niveau très élevé, se joue sur de petits détails qui pourraient tout changer. Il aurait suffit, par exemple, que Ayed rate son penalty pour voir la Tunisie se contenter d’un classement honorable sans plus, comme elle aurait pu être sacrée sans ce but égalisateur des Croates à l’ultime seconde : «Nous progressons et nous provoquons la chance pour aller le plus loin possible. Nous avons de super-joueurs et une ambition de plus en plus grandissante, mais il ne faut pas verser dans l’euphorie. Seul le travail paie et nous devons garder les pies sur terre et se remettre à suer au plus vite, car nous comptons surtout sur notre travail et notre envie de rester au sommet alors que nos adversaires disposent de plus de moyens : traditions, expérience, niveau des championnats locaux... Pour un joueur qui évolue en Tunisie, il a l’impression, en allant côtoyer les autres, qu’il passe du volant d’une voiture ordinaire à celle de la Formule 1. Là-bas, il y a un autre handball et une autre réalité. Quand je parle à Hammed, je lui dis qu’il doit être au moins égal à Bousnina, Hmem ou le Suédois Anderson et ça doit l’inciter à travailler davantage». Le sélectionneur tunisien a parlé des sept ultimes secondes contre la Croatie : «C’est la différence d’expérience qui a été déterminante. Les joueurs avaient l’esprit ans les nuages dans un moment presque féérique et ils n’entendaient plus rien. Ce qui s’est passé va leur être très utile à l’avenir».
Pour ce qui est de la préparation pour le Mondial 2007, les Tunisiens vont être réunis à partir du 13 novembre avec une majorité de joueurs locaux. Il y aura un stage du 13 au 25 novembre (matches contre le Qatar). Le 20 décembre, débutera la période forte de la préparation à Aïn Drahem avant de partir le 27 décembre en Suisse (Tournoi Yellow Cup). Après un bref retour en Tunisie, l’équipe ira en France le 3 janvier pour participer à un tournoi de haut niveau du 4 au 9 janvier. Quant au stage prévu en Espagne, il sera très probablement annulé. Le départ pur l’Allemagne aura lieu le 17 janvier.

Kamel ZAÏEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com