Une ONG britannique dénonce : Des mercenaires en action en Irak





Le Quotidien-Agences
Une ONG a dénoncé l'utilisation par le gouvernement britannique de mercenaires qu'elle accuse, vidéos à l'appui, de graves violations des droits de l'homme.
L'association "War on Want" dénonce dans son rapport l'augmentation "exponentielle" de la présence de ces Sociétés militaires privées (SMP), dont la soumission au règles du droit international est extrêmement difficile. Pour illustrer les dérives de ces sociétés, "War on Want" a mis en ligne sur son site une série de vidéos montrant des soldats présentés comme des salariés de ces sociétés et se rendant coupables de graves exactions.

* Tirs sur des civils
Ainsi, dans l'un de ces films, des personnes se baladent en voiture sur des routes irakiennes, tirant sans distinction sur des véhicules de civils, pris au hasard. Sur une autre, on peut voir un sniper en plein travail.
L'association demande au gouvernement britannique d'interdire à ces sociétés de prendre directement part aux combats ou même d'agir comme force de soutien. Malgré la publication en 2002 d'un livre blanc du ministère des Affaires étrangères sur le thème, aucune mesure n'a été prise à leur encontre.
Certains de leurs employés auraient par ailleurs été impliqués dans le scandale des tortures infligées aux prisonniers à la prison irakienne d'Abu Ghraib.
"Dans un environnement de conflit comme l'Irak, la distinction entre combat et soutien au combat n'a plus de sens", considère War on Want dans son rapport. "Il n'y a souvent aucune différence perceptible entre soldats réguliers et forces de soutien privées engagées pour protéger les convois ou les matériels."
"Le risque d'abus des droits de l'Homme dans de telles situations est toujours présent et il est presque impossible d'obtenir des employés des SMP qu'ils rendent des comptes", ajoute-t-il.

* 2,68 milliards d'euros de contrats
War on Want estime que les SMP britanniques se sont considérablement enrichies avec ce conflit. Elles ont tiré de leurs contrats irakiens pour 1,8 milliard de livres en 2004 (2,68 milliards d'euros), contre 320 millions de livres (47,7 millions d'euros) en 2003.
"Le gouvernement n'a pas su légiférer (contre les mercenaires britanniques) pour punir leurs abus des droits de l'Homme, dont l'usage d'armes à feu contre des civils irakiens", a déclaré John Hilary, directeur de la campagne de War on Want.
"Comment (le Premier ministre britannique) Tony Blair peut-il espérer ramener la paix et la sécurité en Irak tout en permettant à des armées de mercenaires d'opérer complètement en dehors de la loi?", a-t-il ajouté.
Selon des chiffres fournis par le Congrès américain, environ 48.000 employés de SMP sont actuellement en Irak, la plupart travaillant pour des compagnies britanniques. Ce chiffre représente presque sept fois le nombre des soldats britanniques (7.000) présents dans le pays.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com