Pour ses alliés les plus proches : Bush est un danger pour la planète





Le président George W. Bush décroche une place de choix parmi les leaders perçus comme les plus dangereux de la planète, selon un sondage mené simultanément dans quatre pays, dont la G.B. et le Canada.

Le Quotidien-Agences
Les Canadiens, les Britanniques et les Mexicains le considèrent comme plus dangereux que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, constate la firme Ekos qui a réalisé le volet canadien de ce sondage.
Cette enquête laisse transparaître une grande hostilité à l’égard des Etats-Unis. «Il faut remonter jusqu’à la guerre du Vietnam pour trouver un tel degré de méfiance à l’égard d’une administration américaine», note Paul Adams, directeur exécutif d’Ekos.
Le sondage a été réalisé à l’initiative de La Presse à la veille des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Il prend le pouls de l’opinion publique à l’égard de l’administration Bush au Canada, au Mexique, en Grande-Bretagne et en Israël.
Dans les trois premiers pays, une majorité de répondants jugent qu’avec sa politique étrangère, Washington a rendu le monde plus périlleux. Exception faite d’Israël, Washington n’a pas réussi à convaincre ses plus proches voisins et alliés de la pertinence de la guerre contre l’Irak, indique le sondage international.
De manière prévisible, Israël fait bande à part dans ce sondage. Les répondants israéliens considèrent que Mahmoud Ahmadinejad, qui appelle à la destruction de l’Etat hébreu, et Hassan Nasrallah, qui a provoqué la confrontation au Liban l’été dernier, sont plus dangereux que George W. Bush.
N’empêche: à peine 25% des Israéliens jugent que la politique étrangère américaine a contribué à faire de la terre un endroit plus sûr depuis le 11 septembre 2001.

* Tendance inquiétante
Ces résultats confirment une tendance inquiétante, juge Jean-François Lisée, directeur exécutif du CERIUM (Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal). «Non seulement la première superpuissance mondiale n’est pas appuyée dans sa politique visant à établir la démocratie au Moyen-Orient, mais au contraire, elle est perçue comme un danger pour la démocratie», note-t-il.
Selon lui, l’administration Bush a réussi l’exploit de gaspiller le capital de sympathie dont elle disposait au lendemain du 11 septembre 2001. Et le sondage est une nouvelle «prise de température du gâchis que Bush laissera à ses successeurs».
D’autres chercheurs tiennent à apporter des nuances. Selon Gil Troy, professeur d’histoire américaine à l’Université McGill, le sondage démontre que George W. Bush n’a pas réussi à expliquer ses politiques. Mais M. Troy met en garde contre une interprétation abusive du degré de danger associé à chacun des leaders.
«Si on me demandait de choisir entre Nasrallah et Bush comme l’homme le plus dangereux pour le monde, je choisirais probablement le président de la superpuissance mondiale, ne serait-ce qu’en raison de sa position, parce qu’il a la main appuyée sur le bouton», analyse Gil Troy. Autrement dit: le potentiel de destruction du président américain est plus grand parce qu’il est plus puissant.
C’est aussi l’opinion du directeur de la chaire d’études politiques et économiques américaines de l’Université de Montréal, Pierre Martin, qui insiste sur le poids des Etats-Unis sur l’échiquier mondial. «Quand un éléphant entre dans un magasin de porcelaine avec les meilleures intentions du monde, il risque de faire davantage de dégâts qu’un scorpion», dit-il. Il convient qu’il y a longtemps que Washington n’a pas eu une aussi mauvaise image dans l’opinion mondiale. Sans doute depuis l’époque de Ronald Reagan, selon lui.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com