Symposium International du RCD : Le dialogue des civilisations, rempart contre le rejet de l’autre et les tensions





Le rideau est tombé hier sur les travaux du 18ème Symposium international du RCD ayant pour thème “la dimension civilisationnelle dans les relations internationales du 21ème siècle”. Deux jours durant, une belle palette d’intellectuels et de politiciens ont plaidé en faveur du dialogue entre les civilisations pour briser le mur épais de l’incompréhension et de l’intolérance.

Tunis - Le Quotidien
La 3ème séance du symposium a été présidée par M. Foued M’bazaâ, membre du Bureau politique du RCD et président de la Chambre des députés. Elle a eu pour thème “la solidarité civilisaionnelle pour le cohabitation entre les cultures et le rapprochement entre les peuples”.
Dans son intervention, M. Karim Bakradouni, président du parti des phalanges libanais et ancien ministre, a souligné que le dialogue des civilisations des cultures et des religions n’est qu’un moyen pour aboutir à la solidarité entre les civilisations. Ceci requiert en amont une égalité et une complémentarité entre les civilisations, loin des idées reçues qui classent les civilisations en grandes et petites ou encore vieilles et modernes.
“L’importance des civilisations se mesure à l’aune de leur apport à l’humanité”, a-t-il indiqué.
L’ancien ministre libanais n’a pas hésité a prédire l’effondrement de la théorie du choc des civilisations comme ce fut le cas pour la théorie de la lutte des classes prônée par l’idéologie communiste. Autant dire que le monde est actuellement à la croisée des chemins dans la mesure où deux choix se présentent : la complémentarité entre les civilisations ou le choc des civilisations.
Dans ce même chapitre, M. Bakradouni a fait remarquer que le Moyen-Orient enregistre depuis quelques années la résurgence d’un rejet de l’autre qui se manifeste d’une façon, on ne peut plus claire, à travers le projet du nouveau Moyen-Orient annoncé par la secrétaire d’Etat US Condoleezza Rice. Ce qui se passe en Irak, dans les Territoires occupés et au Liban n’est autre, selon le conférencier, que des tentatives à peine voilées de diviser la région, de biffer l’identité arabo-musulmane et de changer les régimes en place.

* Une seule option, la solidarité
D’autre part, le président du parti des Phalanges a fait savoir que le choc des civilisations est en passe de devenir un conflit entre les religions. En témoigne l’amalgame inconscient ou recherché entre l’Islam et le terrorisme. Un sondage d’opinions réalisé l’année dernière par le magazine Newsweek a révélé que 93% des musulmans vivant aux USA condamnent les attentats terroristes.
Témoignant sur le cas libanais, le conférencier a précisé que le pays du Cèdre constitue le meilleur exemple de la cohabitation entre les religions et les civilisations en dépit des guerres ethniques qui ont marqué son histoire. “La victoire du Hezbollah qui a brisé la mythe d'invulnérabilité de l’armée israélienne a prouvé que le modèle israélien est entré en phase de déclin. Face à ce rejet de l’autre et au retour en force du discours identitaire, on ne peut que prôner la solidarité entre les civilisations”, a plaidé M. Bakradouni. Et d’ajouter : l’appel lancé par le Président Ben Ali en faveur de l’instauration d’un partenariat effectif entre les partis politiques et les composantes de la société civile pour que le dialogue des civilisations devienne une réalité pourrait servir de base à une déclaration universelle de solidarité entre les civilisations”.
De son côté, M. Abdallah Kallel, membre du Bureau politique du RCD et président de la Chambre des conseillers, a indiqué que la résurgence des théories préconisant le choc des civilisations et les guerres préventives constitue un danger pour l’idée de la solidarité entre les civilisations. D’où la nécessité de renforcer le front prônant le dialogue et la reconnaissance du droit à la différence. Une prise de conscience s’est manifestée depuis 1995 à l’échelle internationale. Elle a abouti pour le moment à la déclaration de l’Unesco relative à la diversité culturelle. Cette dernière constitue, selon l’orateur, un mécanisme d’humanisation de la mondialisation. De même le Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui s’est tenu à Tunis en octobre 2005 à Tunis a contribué à mettre en place des mécanismes de solidarité numérique entre les peuples. Beaucoup reste cependant à faire en matière de lutte contre les politiques des deux poids, deux mesures et de la marginalisation des conventions relatives au droit international et des institutions onusiennes.

Walid Khefifi




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com