7 novembre 1987 / 7 novembre 2006





19 ans... et toutes les réalisations

* Dossier réalisé par Walid Khefifi, Hassen Ghediri, Mohamed Zghal, Ousmane Wagué et Moncef Seddik

7 Novembre 1987, 7 Novembre 2006 : dix-neuf ans de changements conduits de main de maître par le Président Ben Ali ont permis à la Tunisie de quitter la zone de fortes turbulences qui a marqué le début des années 80 quand certains candidats à la succession de Bourguiba avaient profité des erreurs répétées d’un régime aux abois pour servir des intérêts strictement personnels aux dépens de la bataille du développement. Mieux, en dix-neuf ans seulement la Tunisie s’est hissée au niveau des pays émergeants.

C’est que ce petit pays qui ne dispose pas de ressources naturelles a collectionné les réussites à telle enseigne que beaucoup de responsables des institutions internationales n’hésitent pas actuellement à parler du “miracle tunisien.
Depuis qu’il a pris en main les destinées du pays, le Président Ben Ali a initié une approche de développement pluridimensionnelle qui se caractérise par la concomitance des réformes économiques, culturelles, sociales et politiques.
Sur le plan politique, la Tunisie peut aujourd'hui s'enorgueillir d’avoir opté pour un processus démocratique fondé sur une démarche graduelle...
Un processus qui lui a permis d’éviter les dérapages qui, sous d’autres cieux, ont mis à genoux les économies et dilapidé des milliers de vies humaines.

Renforcement du multipartisme
Dès l’aube du Changement, les initiatives visant à renforcer la participation des partis politiques au processus démocratique se sont multipliées.
Cinq partis d’opposition ont été en effet légalisés depuis Novembre 1987 : l’Union Démocratique Unioniste, le Parti Social Libéral, le Parti Démocratique Progressiste, le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés et enfin le Parti des Verts pour le Progrès.
Des avancées en matière de pratique démocratique pluraliste ont été enregistrées. Il s’agit essentiellement de réformes instituant la représentation de l’opposition au sein des institutions élues dont notamment la Chambre des députés, les Conseils municipaux et les Conseils régionaux. Mieux, des candidats de l’opposition ont pu briguer la magistrature suprême en 1999 et en 2004. Depuis 1994, les élections législatives agrémentées d’une dose proportionnelle ont permis à des dizaines de députés de l’opposition de siéger à la Chambre des députés.
Dans ce même chapitre, les subventions allouées aux partis et à la presse partisane ont été majorées à plusieurs reprises.
L’amendement du Code électoral et la création d’un Observatoire national des élections présidentielle et législatives en 2004 ont renforcé la transparence de l’opération de vote.

Système parlementaire bicaméral
Pour sa part, le pouvoir législatif s’est consolidé par la création de nouvelles instances. Le Conseil constitutionnel créé le 16 décembre 1987 pour assurer la conformité des lois à la Constitution a offert en effet une éloquente illustration de la réforme institutionnelle initiée par le Chef de l’Etat. De même, l’adoption du système de la représentation bicaméral par le biais d’une instance appelée Chambre des Conseillers a renforcé ce pouvoir.Qualifiée pour l’examen des lois organiques et des lois ordinaires, cette instance a contribué à la diversification des modalités de la représentation populaire.
Par ailleurs, des initiatives encourageant le pluralisme dans le paysage médiatique ont été enregistrées. Il s’agit notamment du soutien à la presse des partis et de l’encouragement de l’initiative privée dans le secteur de l’information.
S’agissant du secteur judiciaire, les dix-neuf ans du Changement ont été marqués par une panoplie de réformes visant à renforcer la protection des droits de l’homme. La tutelle des établissements pénitentiaires a été en effet transférée au ministère de la Justice. Les droits de l’homme ont été également annexés à ce département. On peut également citer à ce sujet la révision à la baisse des délais de détention préventive et de garde à vue à trois reprises (87-93-99), la création des tribunaux pour enfants, l’institution d’un cadre juridique permettant l'indemnisation des personnes innocentes ayant fait l’objet d’une détention provisoire ou d’une condamnation ou encore la création de la fonction de juge d’application des peines. Autant de réformes qui ont permis à la Tunisie d’être élue récemment membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Les mutations que connaît le monde actuellement ont prouvé, selon les observateurs avertis, la justesse de la démarche tunisienne même s’il y a encore du pain sur la planche.
Le Président Ben Ali a d’ailleurs annoncé à ce propos dans un discours prononcé à l’ouverture de la campagne pour la présidentielle et les législatives du 24 octobre 2004 que “la réforme politique est un processus continu”. Autrement dit, un processus qui n’est pas figé ou ankylosé mais qui fait bel et bien l’objet de rectificatifs chaque fois que le besoin s’impose afin de l’enrichir davantage au gré de l’intérêt de la collectivité nationale et du pays.
Les représentants de la société civile dont nous avons recueilli les témoignages abondent dans ce sens et nous livrent sans ambages leurs impressions sur ces 19 années de Changement. Relevant de domaines aussi variés que la politique, le syndicalisme, l’entrepreunariat et le sport, ils donnent des éclairages objectifs sur les réalisations accomplies et les perspectives d’une Tunisie plurielle, fière de son passé et qui regarde résolument vers l’avenir.

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M. Mohamed Bouchiha (S.G. du PUP) :
“L’ère de tous les acquis”

Tunis-Le Quotidien
Au milieu des années 80, la Tunisie était au bord du gouffre. Les luttes ayant pour toile de fond la succession de Bourguiba ont provoqué une grave crise économique, sociale et politique. En cette période de crise générale le Président Ben Ali a eu le courage de sauver le pays. Ce sens de responsabilité qui a animé le Chef de l’Etat s’est confirmé par la Déclaration du 7 Novembre 1987. D’autant plus que cette Déclaration a constitué une plate-forme autour de laquelle se sont rassemblées les diverses sensibilités politiques.
Le Président Ben Ali a surtout parié sur la maturité des Tunisiens.
Des acquis certains ont été réalisés sur tous les plans.
En ce qui concerne le domaine politique, on ne peut que saluer les initiatives visant à dynamiser le rôle des partis et des médias selon une démarche graduelle.
La période à venir devrait être celle de la consolidation des acquis, étant donné que le monde connaît des bouleversements à tous les niveaux.
Il faudrait notamment œuvrer pour élargir la participation des partis politiques à la gestion des affaires publiques et garantir une répartition équitable des richesses.

M. Mongi Khammassi (S.G. du PVP) :
«Le Changement est un effort continu»

A l’occasion de la célébration du 19ème Anniversaire du Changement, j’adresse un message de félicitations au Président Zine El Abidine Ben Ali et à tous les Tunisiens, gouvernement et peuple. Je rappelle en cette occasion la multitude d’acquis et réalisations accomplis par la Tunisie depuis l’avènement du 7 Novembre et qui ont touché tous les domaines.
Durant les deux décennies écoulées notre pays a effectué un saut qualitatif notable grâce aux mesures consécutives et aux multiples réformes qui ont contribué à l’instauration de la paix sociale, de la stabilité et de l’aisance pour les citoyens et à renforcer la position de la Tunisie sur les plans régional et international, accélérant ainsi le rythme de l’évolution et du développement malgré les défis qui se dressaient.
Le Président Ben Ali a pu faire émerger le pays d’une grave crise et à le placer au cœur d’une nouvelle réalité bâtie sur une continuelle mouvance vers le meilleur.
J’enregistre les amendements que ne cesse de cumuler le pays depuis le Changement et exprime ma grande considération pour les avancées audacieuses et courageuses parcourues jusque-là dans le sens de la promotion et du développement du pays sur les plans intérieur et extérieur.
Je suis persuadé que les acquis du Changement sont désormais incommensurables. Il est évident que les réformes constitutionnelles et politiques opérées dès le lendemain du Changement ont contribué au renforcement de l’expérience pluraliste et démocratique reflétant par là même la détermination des plus hautes instances gouvernementales qui s’est conjuguée avec la volonté du peuple tunisien.
La plupart des amendements constitutionnels effectués ont revêtu un caractère avant-gardiste. Ils ont consacré les valeurs de la République et consolidé les bases de la pratique politique par le biais du dialogue instauré au sein des Conseils municipaux, des Conseils régionaux et la Chambre des députés se rapportant étroitement aux différentes préoccupations du citoyen aussi bien sur le plan régional que sur le plan national.
De multiples réformes se sont opérées au niveau de la culture de citoyenneté, des droits de la femme et des droits de l’homme en général, ce qui a prévalu à la Tunisie une reconnaissance objective de la part de la majorité des organisations internationales.
Dans l’optique de préserver l’intérêt suprême de notre nation, nous sommes appelés à défendre les considérables réformes déjà réalisées qui traduisent une démarche réfléchie et avisée.
La Tunisie est passée ces dernières années au rang de pays développé et est devenue un modèle avant--gardiste par son approche singulière de relever les défis générateurs de succès».

Mahmoud Hammami (Membre fédéral, trésorier de la FTF):

«Une dimension futuriste...»

Depuis une vingtaine d’années, la Tunisie sportive a acquis ses lettres de noblesse, tant au niveau arabe, continental qu’international, grâce à une démarche quasi-scientifique qui a permis au sport national d’atteindre une dimension jamais égalée jusque-là.
Ces efforts soutenus, tout en misant sur une jeunesse ambitieuse, a jeté les bases d’une infrastructure ultramoderne qui n’a pas tardé à accaparer l’attention des jeunes qui se sont rués en masse pour adhérer à cette nouvelle dynamique.
Cette adhésion a fini par donner des résultats plus que probants dans toutes les disciplines et la réussite a fait tâche d’huile dont la dernière a été le coup d’éclat de l’Equipe nationale de handball qui a atteint la finale de la Coupe du monde, donnant un lustre particulier aux exploits réussis par nos athlètes jusque-là. Et ce n’est là que les prémices d’un avenir encore plus radieux, puisque la marge de progression du sport tunisien, toutes disciplines confondues, est assez importante et peut valoir à la Tunisie d’énormes satisfactions dans les années à venir.
Mahmoud Hammami, membre fédéral et trésorier de la FTF, va dans le même sens, affirmant : “il s’agit d’une croissance multi-dynamique et multidisciplinaire qui touché toutes les composantes sportives. La priorité donnée à la jeunesse et au sport, dans le cadre d’une notion stratégique, n’a pas tardé à donner des résultats corrects qui se sont traduits par une réussite tant au niveau des équipes nationales qu’au niveau des clubs comme en témoignent la conquête et les trophées glanés à l’échelle arabe, africaine que mondiale.
La Tunisie a démontré par là qu’elle a atteint un palier supérieur par sa présence quasi-régulière dans toutes compétitions mondiales.
Cette réussite n’aurait pas été possible sans la plate-forme mise par l’Etat au niveau de l’infrastructure tant à l’échelle de la capitale qu’à celle régionale qui a été à l’origine de toutes les performances réalisées.
A titre indicatif, le complexe 7 Novembre de Radès, qui constitue le symbole à ce niveau, a été le théâtre des performances remarquables réalisées par les footballeurs, les handballeurs, les athlètes etc.
Le gazon, les salles couvertes ont conquis tout le territoire national. Ces espaces constituent les endroits idéaux pour produire l’élite du sport tunisien à moyen et long termes. Il nous appartient de les exploiter à bon escient et à capitaliser ces acquis.
Je ne termine pas, sans exprimer ma grande fierté d’appartenir à ce pays qui ne cesse de hisser les Tunisiens au firmament depuis l’avènement du Changement”.
Moncef SEDDIK

M.Néji Messaoud, (Secrétaire général adjoint de l’UGTT ) :

«Paix sociale et stabilité politique»

«Les réalisations de la Tunisie depuis le Changement du 7 Novembre 1987 sont perceptibles dans tous les domaines de l’ctivité socio-économique.
Ce qui caractérise la Tunisie d’aujourd’hui c’est le climat du dialogue qui constitue sans aucun doute la pierre angulaire de la démocratie. Et c’est justement grâce au dialogue que nous avons réussi à assurer à la Tunisie ce climat de stabilité politique et de paix sociale.
Il s’agit en fait d’une conviction qui est partagée par tous : la paix sociale et la stabilité politique sont deux conditions indissociables pour assurer la pérennité du pays à tous les niveaux.
Sur le plan social, je dirais que les acquis sont innombrables. Il est le fruit d’un intérêt indéniable qu’accordent toutes les entités de la société civile pour relever ensemble les défis du développement économique et social de la Tunisie.
L’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT) est un acteur principal dans cette dynamique. Nous avons eu affaire à beaucoup de dossiers plus ou moins épineux dont le traitement a nécessité plusieurs rounds de négociations entre la Centrale syndicale et l’Etat. Cela n’aurait pu aboutir à des accords que par le voie du dialogue et du respect mutuel.
Je dois souligner que la problématique de l’autonomie de l’UGTT était à l’origine de toutes les crises qui ont frappé l’Union tout au long de son histoire. Le Président Ben Ali a été conscient depuis le début que l’Union doit jouir de toute son indépendance pour accomplir sa mission sociale. C’est qu’un Syndicat indépendant est un des principaux facteurs de l’équilibre et la paix au sein de la société.»

Mohamed Zinelabidine (Musicologue et directeur de l’Institut supérieur de la musique (I.S.M)):

«Un effort de généralisation du droit à la culture»

Cet anniversaire devrait nous permettre d’abord de célébrer un moment fort et précieux à savoir l’avènement du Changement du 7 Novembre qui a revivifié les esprits de tous les Tunisiens. Il nous incite d’autre part, à remonter dans la chronologie des faits, le temps passé pour mesurer ainsi les acquis et tout ce plus qui accompagne les réalisations de ce changement, pour une meilleure mise en œuvre des perspectives et des ambitions déployées dans la promotion de l’art et de la culture en Tunisie. Ces acquis, avouons-le, sont très nombreux . Il y a d’abord un effort de généralisation du droit culturel et du droit à la culture, de l’usage informatique et du droit à la culture, de l’usage informatique, de l’aide à la création et de l’économie artistique. Ce paramètre nous oblige aujourd’hui à repenser le domaine culturel en terme d’impératif et d’avenir, surtout que le budget de l’Etat consentira 1,5% du PNB à la promotion de la culture. Cela constitue en quelque sorte, une responsabilité et, en même temps, une reconnaissance au rôle stratégique de la culture comme levier du développement économique, technique et politique, entre autres. Cet encouragement constitue aussi un effort en faveur de la démocratie culturelle, c’est-à-dire le droit de tout citoyen à pratiquer, l’art, à le percevoir, le suivre et à l’accompagner. Il s’agit aussi d’un droit, pour les créateurs, à l’expression artistique, dont ils seront à la fois responsables et pleinement engagés. Désormais, tout le monde bénéficiera du droit à une répartition inter-régionale équitable de la culture, laquelle s’érigera contre le fossé classique existant dans le monde et qui se réduit à une différenciation culturelle, entre la capitale et les autres régions de l’intérieur du pays. En Tunisie, les droits à la culture sur tous les plans ont été soutenus et encouragés pendant 19 ans. Ils ont été répandus et généralisés pour englober une certaine conscience et des prérogatives de l’économie matérielle et immatérielle. Reste maintenant à mieux fructifier les modes de gestion et d’administration de la culture afin qu’elle serve au développement durable, à la création des sources de l’emploi et l’émancipation des artistes. Il s’agit, en fait, d’une nouvelle approche de la politique culturelle par une restructuration qualitative et quantitative. A mon avis, quand on réalise autant d’acquis pendant deux décennies inhérentes au Changement, il faut être incontestablement heureux, réaliste et optimiste, s’agissant de l’avenir. Et c’est tout à fait légitime.

M. Ghlem Debbeche (Président du conseil de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens) :

«La Tunisie est en marche...»

«Le 19ème Anniversaire du Changement du 7 Novembre 1987 doit être une nouvelle occasion pour tirer les enseignements et dresser le bilan des réalisations accomplies dans tous les domaines. Sur la scène politique, beaucoup de choses ont été réalisées. Le paysage politique de la Tunisie n’a pas cessé de s’enrichir. Il a été marqué notamment par la création de la Chambre des Conseillers qui est venue renforcer les structures politiques pour l’exercice de la démocratie. Le 19ème anniversaire du Changement est une occasion pour examiner également les acquis réalisés dans le domaine des Droits de l’Homme. Car aujourd’hui ce sont des valeurs universelles autour desquelles gravitent toutes les options sociales, économiques et politiques de la Tunisie. Il s’agit d’un tout indissociable d’acquis dont les résultats sont perceptibles dans tous les domaines : meilleurs taux de scolarisation, accès généralisé aux services de la Santé, un environnement plus sain grâce aux divers programmes de protection du milieu écologique. Résultats : une espérance de vie dépassant les 75 ans, une couverture sociale qui avoisine les 85% et de nouveaux projets en perspective telle la création de la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie (CNAM).
Pour ce qui est du domaine économique, et malgré une conjoncture nationale et internationale difficile, la Tunisie a pu garder un très bon taux de croissance évalué à 5,6%. Malgré les fluctuations des cours des hydrocarbures, notre économie a réussi une bonne croissance qui s’est traduite par une réduction encourageante de l’endettement envers l’étranger. Il ne faut pas oublier de noter également les programmes très réussis engagés dans les domaines de l’emploi et de la création des entreprises. Les choix économiques de la Tunisie lui ont valu de bons positionnements notamment en termes de compétitivité économique : notre économie a été par exemple classée 30ème parmi les 150 pays les plus compétitifs dans le monde au cours du dernier Forum de Davos.
Tous ces acquis sont des signes qui ne trompent pas, dénotant de fait que la Tunisie est en marche.»

Mme Najla Souayah, DG de TBF :

«La femme tunisienne au cœur du processus de développement»

Parmi les réalisations les plus importantes des 19 ans du Changement demeure, à mon avis, la prise de plusieurs mesures pour faciliter et encourager la création des entreprises.
Aujourd’hui, il est devenu très facile de lancer un propre projet, tout en bénéficiant d’un appui financer et d’un encadrement de haut niveau de la part des services concernés, dans l’objectif d’assister les jeunes promoteurs et de garantir la réussite de leurs projets.
Par exemple, dans le secteur de la formation, les mesures prises sont nombreuses et témoignent de l’intérêt particulier qu’accorde l’Etat à ce domaine compte tenu de son importance et de son rôle dans le développement des compétences tunisiennes dans les différents secteurs.
Le programme de mise à niveau de l’industrie tunisienne est, aussi, une des plus importantes réalisations enregistrées durant les 19 dernières années, puisqu’il a permis aux différentes entreprises tunisiennes de se préparer pour les prochaines échéances de l’économie tunisienne et relever les défis de la prochaine étape.
En ce qui concerne la femme tunisienne, je crois qu’elle est aujourd’hui gâtée. Le Changement a apporté beaucoup d’avantage pour la femme. Actuellement, le nombre des femmes d’affaires est en perpétuelle croissance, et il y a même des cas de réussite remarquable dans les différents domaines d’activité.
Je pense, par ailleurs, qu’on ne peut pas parler de ces 19 ans du Changement sans citer l’organisation avec succès du Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui est un des plus grands évènements de ce début de siècle.
A travers ce sommet, notre pays a réussi à renforcer son image de pays hôte des grands évènements régionaux et internationaux.

M. Moez Souabni, président de l’Association Tunisienne de l’Informatique et du Multimédia (ATIM) :

«Des réalisations palpables»

Je crois que les réalisations des 19 ans du Changement sont palpables et que tout le monde peut les constater. Il suffit de faire le tour de tous les gouvernorats du pays pour s’arrêter sur les différents acquis tant sur le plan social que culturel et économique.
Ces réalisations sont, peut être, plus visibles pour tous nos concitoyens résidents à l’étranger qui, de retour au pays, peuvent remarquer les différents changements intervenus durant ces dernières années. Il suffit de voir un peu les chiffres et la situation du pays avant 1987 et les comparer à ce qui existe aujourd’hui pour évaluer notre développement et notre croissance.
Je pense que notre plus grande réalisation demeure celle d’avoir réussi à mettre en place une vraie industrie technologique et numérique qui constitue un des atouts de l’économie nationale à l’instar des secteurs touristique et industriel…
Cette nouvelle société numérique est, bien évidemment, le fruit de la politique stable et de la vision avant-gardiste du Président de la République. D’ailleurs, la tenue d’un sommet de grande envergure internationale à l’image du Sommet Mondial sur la Société de l’Information, qui a eu lieu dans notre pays en novembre 2005, témoigne de cette évolution technologique remarquable.
L’organisation du SMSI est, en effet, une date historique qu’il ne faut pas oublier, d’autant plus que cet évènement a permis à notre pays de se doter d’une réputation internationale en tant que pôle technologique régional.
Sur les plans social et économique, on réussi à développer une société équilibrée où la classe moyenne est majoritaire et importante.
De même on a réussi à développer une économie immatérielle en perpétuelle croissance. Aujourd’hui on a un savoir- faire important et de haut niveau qu’il faut promouvoir davantage à l’échelle internationale.
Par ailleurs, la vision futuriste du Chef de l’Etat a permis d’instaurer une société civile développée en Tunisie, durant les 19 dernières années. La multiplication des associations et l’évolution du travail associatif dans tous les domaines en témoignent.

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D’une économie désemparée…à la déférence internationale !

Tunis - Le Quotidien
Malgré un Plan d’ajustement structurel présenté comme ultime recours en 1986, il ne faisait aucun doute que l’économie tunisienne allait à la banqueroute il y a deux décennies. Il n’y a qu’à lire la lettre envoyée en 1988 au Président Ben Ali par M. Ismaïl Khalil, alors gouverneur de la BCT, pour mesurer l’ampleur de tout ce qui restait à faire pour sortir la Tunisie du marasme et de la détresse. Depuis lors, un travail de titan a été accompli et les résultats sont là, présentés dans la rigueur des chiffres dans une autre lettre au Chef de l’Etat, cette fois en 2006 et de la plume de M. Taoufik Baccar, l’actuel Gardien du Temple.
‘‘Exprimé en termes réels, le produit intérieur brut avait régressé de 1,6% en 1986’’, soulignait M. Ismaïl Khalil il y a deux décennies. Notre économie était désemparée, effondrée, en train de perdre les derniers investisseurs, soustraite à la confiance des marchés, sans perspectives, sans avenir…
Tirant la sonnette d’alarme dans le bilan qu’il faisait de l’année 1987 (année du VIIème Plan), M. Khalil décrivait une situation où la croissance était hésitante, où les investissements du secteur privé n’évoluaient pas au rythme attendu. Il soutenait également qu’avec un accroissement démographique encore élevé malgré l’effort engagé en matière de planning familial, les créations d’emplois restaient encore en deçà du niveau requis pour absorber la demande additionnelle. ‘‘L’autre défi, et non le moindre, auquel notre économie doit faire face a trait à la nécessité de maintenir la croissance à un rythme soutenu dans un contexte caractérisé par la contraction des ressources financières, étant donné que l’excédent pétrolier disparaîtra vers la fin de la décennie en cours pour céder la place, en l’absence de nouvelles découvertes, à un déficit’’, ajoute-t-il.
Dans ce qui restait à faire d’après M. Khalil, nous comprenons directement d’autres faiblesses structurelles de la Tunisie, car nous appelons de nos souhaits seulement ce que nous ne possédons pas encore.
Il appelait ainsi la consommation publique et privée à évoluer en harmonie avec la croissance du PIB, il revendiquait que les investissements devraient être réservés aux projets viables revêtant un caractère d’opportunité incontestable pour l’économie, que la promotion des exportations s’active, que l’on accorde une attention toute particulière au renforcement et à la diversification de l’offre de services à l’extérieur, que l’on véhicule une meilleure adéquation entre la formation et les exigences de la vie active, que l’on réhabilite l’entreprise comme centre privilégié de création de la richesse.
Intarissable dans sa critique d’un système socialiste qui a mené la Tunisie dans un cul de sac, l’ancien gouverneur de la BCT appelait à des efforts d’imagination pour créer une juste flexibilité du travail, à ne pas hésiter à s’inspirer des expériences des pays étrangers, à oser une privatisation précédée d’un assainissement, à une meilleure gestion de la dette, à intensifier la mobilisation des capitaux étrangers sous forme d’investissements directs et de portefeuille…
Un cri de secours qui a été largement entendu par le Président Ben Ali et aujourd’hui, deux décennies plus tard, la Tunisie a complètement changé de visage et les traits vieillots labourés par les rides ont fait place à un jeune sourire éclatant de santé et confiant en l’avenir. La force mobilisatrice du Changement du 7 novembre s’est déployée sur tous les fronts pour donner une nouvelle philosophie et un nouveau corps à notre économie.
La première différence qui saute ainsi aux yeux quand on compare les deux lettres adressées au Président Ben Ali à deux décennies d’intervalle, c’est que l’une est encore renfermée sur elle et que l’autre met un point d’honneur à faire un large tour d’horizon international avant de s’attaquer aux questions nationales ; preuve que la Tunisie est désormais pleinement attentive à son environnement international. Voire, notre politique affichée est celle de l’ouverture et du partenariat tous azimuts. Nous avons même été les premiers à signer un contrat d’association et de libre-échange avec l’Union Européenne et à nous engager dans sa mouture supérieure : la politique de voisinage.
Pourtant, les défis ne sont pas moindres que ceux dont parlait l’ancien gouverneur de la BCT il y a deux décennies. Nous dirions même qu’ils sont radicalement plus puissants puisque la Tunisie évolue aujourd’hui dans un environnement dominé par cette mondialisation qui porte les notions de concurrence et de compétition à des niveaux jamais enregistrés par le passé.
Dans sa dernière lettre en date (la mi-2006) à l’adresse du Chef de l’Etat, M. Taoufik Baccar, l’actuel gouverneur de la Banque centrale, fait le tour de la question en dépeignant un environnement international marqué par la flambée sans précédent des prix de l’énergie, la persistance des tensions géopolitiques et des déséquilibres globaux et la réapparition des tensions inflationnistes. Pourtant, souligne M. Baccar, ‘‘…dans cette conjoncture internationale adverse, l’économie tunisienne a pu, grâce aux réformes entreprises et à sa plus grande capacité à réagir face aux chocs externes, poursuivre sa croissance à un rythme satisfaisant et à améliorer ses fondamentaux.’’
Des mots qui précèdent une vraie cascade d’indicateurs qui signent la santé et le bio de notre économie. Un PIB en bonne assiette positive, des IDE en progression, des exportations qui poursuivent leur tendance à la hausse, la contraction du déficit commercial, la soutenabilité du compte courant, le cantonnement du taux d’inflation, l’amélioration du revenu par habitant qui caracole sur les 3750 dinars en 2005… et la liste est très longue. Mais ce n’est plus là l’essentiel car ces facteurs s’inscrivent, pour ainsi dire, dans les affaires courantes de notre pays.
Ce stade a été très largement dépassé et la Tunisie n’est plus ce pays qui peine à aller vers les standards internationaux. Notre ambition est désormais sur d’autres paliers, comme le dépeint M. Baccar : ‘‘La politique résolue pour la promotion et la généralisation de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, appuyée par divers mécanismes de soutien, en particulier la généralisation des pôles technologiques, des instituts supérieurs d’enseignement technologique et des pépinières d’entreprise, ainsi que par un dispositif financier incitatif, constitue une base pour l’édification de l’économie du savoir’’. Voilà la grande ambition du Président Ben Ali, exprimée à son apogée à l’adresse de la Communauté internationale au moment où notre pays a accueilli le plus grand Sommet de l’ONU dont les participants ont dépassé les 30 mille.
L’économie tunisienne est donc définitivement conjuguée aux facteurs de la société du savoir avec la généralisation du principe de compétence à tous les secteurs. Pas seulement ceux qui font aujourd’hui la réputation de nos ressources humaines et de son savoir-faire à l’étranger (enseignement supérieur, santé, transport, construction de logiciels…) mais à tout ce qui fait notre économie (agriculture, industrie, commerce…).
Un souffle réformateur est senti partout où que l’on se tourne et les rêves d’antan sont magistralement dépassés par les réalités d’aujourd’hui. De grands dossiers en progrès jalonnent la dernière lettre de M. Baccar : la libéralisation, l’ouverture, la privatisation, la réforme du secteur bancaire, un nouveau sens à la solidarité avec la BTS, la confiance totale dans les chefs d’entreprise alors que le secteur privé approche des 60% de contribution aux investissements globaux, l’adaptation de notre législation aux standards internationaux… Nos ambitions ne s’arrêtent pas là, évidemment, car ‘‘…forte de ses acquis, la Tunisie devra persévérer dans l’effort afin de réunir les conditions d’assurer la pérennité de son œuvre de développement, d’accélérer le rythme de la croissance et de bâtir une nouvelle économie à forte composante de savoir’’, dit la Gardien du Temple.
Et, sur tout cela et plus encore, flotte une énorme bannière tenue par le Chef de l’Etat en personne : la bannière de l’emploi. C’est sa première priorité, le réceptacle de ses espoirs pour la Tunisie et le centre vers lequel convergent toutes ses politiques et toutes ses réformes.

Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com