J.C.C. 2006 : De la volonté et de l’espoir





C’est pour la première fois dans l’histoire des Journées cinématographiques de Carthage que la Tunisie est présente par trois films dans la compétition officielle des longs métrages. «Bab-Aziz» de Naceur Khémir, «Making off»de Nouri Bouzid et «Tendresse du loup» de Jilani Saâdi. Seront-ils capables de lever haut les couleurs nationales et enlever le Tanit d’Or?

«Je tiens beaucoup à saluer les clubs de cinéma et en particulier M. Tahar Cheriaâ qui grâce à lui ce festival est né et s’est développé. Nous avons beaucoup aimé qu’il soit parmi nous, lors de cette conférence de presse mais malheureusement, il a été hospitalisé et nous espérons que sa santé s’améliorera et qu’il pourra assister à cette nouvelle édition», a souligné le cinéaste tunisien Férid Boughdir, l’actuel directeur artistique des Journées Cinématographiques de Carthage qui a été entouré de Fathi Kharat (Secrétaire général des JCC 2006), Néjib Ayed (membre de la Direction administrative), Khemaïs Khayati (chargé des relations avec les médias) et Tarek Lina Chaâbani (chargés des ateliers des projets).
«Les J.C.C. ont choisi d’aller à contre-courant du cinéma commercial optant pour un cinéma d’auteur; pour un cinéma qui promouvait les expressions artistiques reflétant les réalités socio-culturelles» a expliqué Férid Boughdir, lors de la conférence de presse qui s’est tenue hier, au siège de l’Agence Tunisienne de Communications Extérieure ( ATCE). Et d’ajouter: «Le public et cette relation
solide avec les médias restent les acquis majeurs de ce festival. Nous avons démarré avec du retard mais je pense que nous sommes sur le bon chemin. Tenir la direction artistique des J.C.C. est un devoir. J’ai refusé cette mission à maintes reprises sous prétexte que j’ai été en train de fignoler mes films. Cette année et malgré le fait que j’ai déjà mon nouveau film en préparation, j’ai accepté parce que je me suis dit que c’est grâce à ce festival que nous avons avancé», a noté Boughdir.
Essayant d’être spontané. M. Boughdir n’a cessé de lancer des anecdotes à droite et à gauche en expliquant les raisons de ce focus sur la Corée du Sud et surtout sur le choix de trois films tunisiens pour la compétition officielle. «Cette édition, nous avons une bonne récolte de films soit pour les longs ou les courts métrages... Pour cette raison, le comité a trouvé de grandes difficultés pour sélectionner les productions qui vont prendre part à la compétition officielle... Ces trois films feront l’exception car d’habitude on participe avec deux films uniquement selon les règlements du festival. Parallèlement à ces compétitions, le public est invité, à découvrir le cinéma asiatique et celui d’Amérique du Sud avec deux focus, le premier sur le cinéma argentin alors que le deuxième sur le cinéma de la Corée du Sud qui reste un symbole de lutte pour la diversité culturelle et qui a su protéger son cinéma en promulguant une loi qui oblige les exploiteurs des salles de cinéma coréennes de projeter des productions nationales à raison de 40% de la totalité de la programmation. Ce facteur a permis au cinéma coréen d’évoluer et même d’obtenir de grands prix à l’échelle internationale», a mentionné Boughdir qui n’a pas loupé l’aubaine pour remercier les ambassades qui ont contribué à l’organisation des JCC 2006 à travers des films, invitant les médias à savourer une nouvelle édition pleine d’espoir et de volonté.

Imen ABDERRAHMANI

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A découvrir

L’Asie dévoile ses secrets
La 11ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage propose aux cinéphiles de goûter au charme du cinéma asiatique à travers la projection d’une série de films. A l’affiche: «Terre et Cendre» de Atik Rahimi (Afghanistan), «Beiiing bicycle» de Wang Xiao Shuai, «Blind Shaft» de Li Yang et «Printemps dans une petite ville» de Tian Zhuang Zhuang (Chine), «2046» de Wong Kar Wai, «Blue gate crossing» de Yee Chih-Yen et «Love will tears us apart» de Yu Lik Wai (Hong Kong), «The Warrior» de Asif Kapadia (Inde), «Canons retournés» de Eros Djarot et «Le ciel est mon toit» de Slamet Rahardjo (Indonésie), «Bashing» de Masahiro Kobayashi et «Shara» de Naomi Ka Waze (Japon), «Thereethries» de Hou Hsiao Hsien et «Betelnut beauty» de Lin Chang-Shewg (Taïwan) et «Vingt nuits et un jour de pluie» de Can Le.

Corée du Sud, l’autre regard
L’ouverture sur le cinéma asiatique comportera un hommage au 7ème art de la Corée du Sud. Plusieurs films seront projetés à cette occasion parmi lesquels: «La fille du feu» (1983), «La mère porteuse» (1986), et «Ticket» (1986) de In Kwon-Taek, «Chil-su et Man-Su» (1988) de Park Kwang-Su, «Le chemin qui mène à Cheongsong» (1990) de Lee Leong-Chun, «Le jour où le cochon est tombé dans le puits» (1996) de Hong Sang-Su, «L’amour fou» (1996) de Yi Myeong-Le, «Le pouvoir de la province Kang-Won» (1998) de Hong Sang-Soo, «Le musée à côté du zoo» (1998) de Lee Jeong-Hyang «Sentiments» 1999) de Bae Chang-Ho ... et «My Sassy girl» (2001) de Kwan Jae-Yong.

Rythmes latinos
Parallèlement au forum du cinéma asiatique, les organisateursont opté pour le lancement d’un deuxième forum qui sera réservé aux films Sud-américains.
Au programme: «Diarios de Motocicleta» de Walter Lalles (une coproduction entre l’Argentine, le Brésil, le Chili et le Mexique), «Memoiria del saqueo» de Fernando Lolamas, «Bombon el Perro» de Carlos Lorin et «El Aura» de Fabian Bielinsky (Argentine), «Perder escuestion de metodo» de Sergio Cobrera (Colombie), «Dias de campo» de Raul Ruiz (Chili), «Dias de Santiago» de Josue Mendez (Pérou), «Whisky» de Pablo Stoll et Juan Pablo Rebella (Uruguay) et «Outro Laco da Rua»de Marcos Bernstein et «Cinema, aspirinas e urubus» de Marcelo Gomes (Brésil).

Compétition officielle
Algérie: «Barakat» de Djamila Sahraoui, «Bled number one» de Rabeh Ameur Zaïmeche.
Egypte: «Awqat Faragh»de Mohamed Mustapha
Gabon: «L’ombre de liberté» de Imunga Ivanga`
Irak: «Rêves» de Al Daradji
Liban: «Bosta» de TH. Aractingi et Nadine Lahaki, «Donya» de Joceyline Saâb
Maroc: «Tarfaya»(Bab El Bahr) de Daoud Aoulad-Syad.
Mauritanie: «Bamako» de Abderrahmane Sissoko
Palestine: «Attente» de Rachid Masharaoui
Syrie: «Relations publiques»de Samir Zikra
Tchad: «Daratt saison sèche»de Mahamat Laleh Harun.

I.A.

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Dans les coulisses

* 9 longs métrages et 22 courts métrages, est la récolte cinématographique nationale. Un chiffre positif qui a permis à la Tunisie de participer avec 3 films pour la compétition officielle des longs métrages et 4 films pour la compétition officielle des courts.

* 58 films seront projetés lors de cette session: 15 longs et 14 courts pour la compétition officielle. Quant à la compétition officielle de la vidéo, elle verra la projection de 12 longs métrages et 17 courts métrages.

* 12 pays arabes, 16 africains et 30 autres seront présents lors de cette session qui se déroulera dans 13 espaces entre le centre de la ville, la banlieue nord et la Médina.

Nour Chérif et Ornella Mutti seront parmi les invités des JCC 2006.

I.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com