Les jeunes et le dialogue entre les cultures : Ils adhèrent à 100%… mais à des conditions





Les jeunes de tous bords rêvent d’un monde meilleur. Ils rêvent d’une cohabitation heureuse entre les différentes cultures et religions. Si l’on aspire à une cohabitation pacifique et pacifiste, il ne faut pas prendre en considération la couleur de la peau,
la nationalité, la langue, ou l’appartenance ethnique ou religieuse. Les jeunes sont censés parler un même langage : celui de la justice, des droits, de la liberté et surtout de la paix. Le dialogue entre les jeunes de l’Orient et ceux de l’Occident est-il justement possible ? Est-ce que les jeunes tunisiens ont des problèmes de communication avec leurs pairs occidentaux ?

Tunis - Le Quotidien
La civilisation est un terme qui désigne l'ensemble des croyances, des conventions sociales le degré de développement ainsi que l’ensemble des comportements qui caractérisent une société. Dénominateur commun à toutes les civilisations : le défi qui incite les unes et les autres à sortir de l'ornière de ses habitudes pour s'élever à un niveau supérieur et pouvoir ainsi s'affirmer. La société occidentale depuis quelque temps donne l’image d’une entité imbue d’elle-même et qui se sent supérieure aux autres sociétés qui l'ont précédée ou aux sociétés contemporaines moins avancées. Dans ce sens, la société occidentale cherche à décrire ce dont elle est fière : le niveau de sa technologie, la nature de ses mœurs, le développement de ses connaissances scientifiques...En revanche, les sociétés orientales essayent de combler le retard enregistré au niveau technologique et scientifique. S’agit-il d’une guerre de civilisation pour autant ? Là est toute la question ! Aujourd’hui, le monde n’est pas dans sa meilleure forme. Occidentaux et Orientaux ne semblent pas parler le même langage et la cohabitation entre les deux cultures ne semble pas être aussi facile. En parallèle, les jeunes continuent à revendiquer un monde ouvert sur les différentes cultures et une cohabitation pacifique entre les différents peuples. Cependant, nous avons souvent affaire à des tirs croisés de part et d’autre, à des mentalités différentes et à une communication difficile. Cela représente-il un obstacle pour que les jeunes de différentes nationalités communiquent ?
Rania, 19 ans, candidate au bac, pense que oui. La jeune fille trouve que la communication entre les arabes et les occidentaux est parfois difficile. Mais cela vaut toujours la peine d’essayer. «Malheureusement, certaines propagandes de la politique occidentale et sioniste ont tissé une image effrayante autour des arabes. Nombreux sont les Occidentaux qui ont gobé cela et qui considèrent les arabes comme des personnes inhumaines, barbares, non civilisées et capables de commettre de sang-froid et gratuitement des actes terroristes. Cela peut nous mener à devenir rancuniers et à rompre totalement le dialogue avec les Occidentaux. Or, le silence peut donner à ces accusations tout à fait fausses voire aberrantes, une certaine légitimité. La politique de l’autruche ne peut que compliquer davantage les choses. Nous devons remédier à ce problème. Les jeunes arabes sont capables de déterminer le déroulement des événements futurs. Nous sommes redevables dans ce sens de lancer une contre-offensive et cela, ne peut se faire qu’avec la communication et le dialogue. Plusieurs jeunes tunisiens ont abordé ce sujet dans les forums de discussions via Internet et ils sont parvenus à convaincre leurs pairs occidentaux et à dépasser le malentendu. Les jeunes occidentaux, tout comme nous, aspirent à un monde meilleur sans guerre ni injustice. En communicant ensemble, ils arrivent à comprendre les dessous du problème. Si l’occasion se présente, je n’hésiterai pas à tenir une conversation avec eux et à corriger cette fausse image qu’on essaye de nous coller. Il est toujours possible de communiquer avec une jeune personne et de la convaincre dans la mesure où elle a l’esprit ouvert et qu’elle procède de manière logique et pratique», dit-elle.
Lamia, 17 ans, élève, pense que la communication peut résoudre tous les conflits. La jeune fille aimerait pouvoir contribuer à faire justice de la fausse image collée à tort aux arabes. «La tâche ne sera pas aussi facile. Il est difficile de changer toute une mentalité ou encore de faire dévier des convictions. Mais cela reste possible dans la mesure où les jeunes ont un esprit plus souple. J’aimerai tant savoir comment est-ce que les jeunes occidentaux réfléchissent et même s’ils ont des idées reçues, nous pouvons trouver un terrain d’entente. Sauf que certains obstacles peuvent rendre la communication encore plus difficile comme la langue, la différence des mentalités et la différence de culture. Mais un dialogue entre les cultures peut toujours rendre la cohabitation plus facile», dit-elle.
Sabrine, élève, 16 ans, est aussi pour le dialogue entre les cultures. La jeune fille trouve que c’est aux jeunes de franchir ce pas. «Bien que nous ayons une culture différente ou une langue différente, les jeunes ont plusieurs points en commun. Ils peuvent trouver des tendances en commun, des rêves en commun et même des nobles causes communes comme la paix dans le monde. Toutefois, même si nous autres arabes et contrairement à ce qui peut être véhiculé sur nous, sommes pour le dialogue des cultures, les jeunes occidentaux peuvent avoir une mentalité différente et peuvent aussi refuser de maintenir le dialogue. Certains se croient supérieurs et ma fierté de fille arabe ne me permettra même pas d’essayer de les faire changer d’avis. Je serai prête à essayer, mais pour ce faire, il faut d’abord que mon interlocuteur fasse preuve de respect à mon égard», dit-elle.

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com