«Ciné Soumoud» : Liban, la Palestine et les brutes





La collection de films condamnant l’agression d’Israël a été projetée en première mondiale, avant-hier soir à El Teatro, en même temps qu’à Paris avant la tournée de par les salles et les pays...
A l’instar du 11 septembre, des artistes de par le monde n’ayant pas été bien sûr insensibles à ce qui se passe aussi du côté du Liban et de la Palestine ont hissé et à leur façon leurs voix en braquant leurs objectifs sur la vérité, les décombres et sur des lieux du crime.
La projection de onze films a créé près d’une heure trente l’événement et dans une salle pleine à craquer.
Avec des cinéphiles déterminés et réputés militants. On regrette qu’il n’y ait pas eu de débat sur le sujet. Mais ce n’est déjà pas mal d’avoir programmé cette collection et vite pour les Tunisiens. Et la Fédération Tunisienne des ciné-clubs (FTCC) avec la collaboration de ciné club de Tunis Djebril Diop Membetty n’a pas fait entorse au dévouement naturel et solide de cinq décennies et quelques croissants d’humanisme et de mobilisation, date de la création de ce club.
L’idée d’un appel venant de la part d’une panoplie de cinéastes arabes et autres le 22 juillet 2006 à Paris, au lendemain de l’agression israélienne du Liban libre (le 12 juillet 2006) a motivé des écrivains, poètes, metteurs en scène et autres du son et de l’image pour passer en revue cette agression barbare.
Pour ce, des objectifs ont été braqués sur des décombres. Des micros ont été donnés à des victimes civiles, amputés physiquement ou moralement. Il y a des enfants en bas-âge qui témoignent à partir de leur camp de refuge, de leur vécu de cette guerre abominable. Un quotidien rythmé par des bombardements sans répit et suivi des cris de secours, coloré avec du rouge sang et relevé par l’odeur des flammes et de la mort.
Au total, onze noms comme les Samir Abdallah, Lena Merjli, Dominique Dubosc, Rania Stephan, Greta Naoufel ... ont donc répondu à l’appel et sont allés à Kafar Kassem, à la prison de Tura (en dehors bien-sûr des grillages et des gardiens).
Ils ont visité des lieux, des maisons et ont étayé leur témoignages vivants par des enregistrements révélateurs.
Ce n’était pas de la fiction. Mais un documentaire précieux dans l’histoire. Un documentaire afligeant. C’était donc une pensée. Un soutien aux peuples opprimés meurtris dans leur âme et leur chair donnant à voir et à entendre du pathétique, de l’émouvant et de l’humainement insupportable.
Dans ce courant et sous un autre angle, la Najoua Ben Ali nationale a voulu et à partir de sa Tunisie natale se greffer au groupe de cette collection.
Pour ce, elle a pris l’autorisation de Mahmoud Dérouiche pour interpréter sa poésie de “Al Kamanjatou Tabki” (Les violons en larmes) et la travestir en un documentaire dont la vedette est une sourde-muette passionnée de théâtre et de chorégraphie et qui a tout bonnement fait passer le message de ce monde muet et qui refuse de voir et d’écouter. Ce clin d’œil a été projeté déjà le 3 septembre sur l’écran de Hannibal TV et c’était vu à travers la rétine d’une femme militante. Car ce travail réunit trois femmes créatrices.
Nous remercions la FTCC (et compagnie) qui continue à défendre sa plate-sforme et de nous projeter des films engagés et à thème. Dans leur programme, outre les manifestations futures, un CD sera gravé et donnera à voir tous ces films qui expriment la souffrance en silence.

Zohra Abid




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com